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Chapitre XI : confessions
Une odeur de viande cuite me fit prendre conscience que je m’étais endormi sur le morceau de Bullflango. Je me redressais difficilement, les membres ankylosés par la mauvaise position que j’avais prise. Le feu n’était plus que braise, laissant échapper une aurore rougeoyante et chaleureuse. Je me levais pour me dégourdir les jambes, ne trouvant plus le sommeil. Les autres s’étaient endormis, dans des positions tout aussi inconfortables, mais avec la tête bien callée sur leurs sacs. Yuri était adossée sur le même tronc d’arbre, Oriane paisiblement endormie dans ses bras, mon sac et mes armes à côté.
Je m’enfonçais un peu dans les bois, humant l’air silencieux de la nuit. Mon armure faisait un peu de bruit, brisant le silence avec les mailles qui se frottaient entre-elles. Un rapace passa bruyamment au dessus de ma tête, ébouriffant mes cheveux. Ils avaient beaucoup poussés depuis que je les avais coupé. Cela devait remonter à près d’un an et demi. Les mèches frontales me tombaient à présent au niveau du cou, entraînant un dégradé sur les épaules jusqu’aux omoplates. Une légère brise me rafraîchissait le visage, fatigué par un tel voyage. Je passais ma main sur le menton, remarquant une pilosité sans précédent qui s’était installée. Elle s’était formée rapidement, entourant ma bouche d’un léger bouc brun, renforçant le caractère dur qu’avait pris mon visage avec le temps. J’arrivais à présent sur mes dix-neuf ans, la métamorphose avait été rapide.
Je m’assis près d’un ruisseau, laissant aller mes jambes dans l’eau. Un craquement se fit entendre dans mon dos, et c’est avec une détente que j’avais développé avec le temps que j’entrepris de mettre à terre l’homme qui avait voulu me saisir dans le dos. Je le plaquais violemment par terre, déployant toute ma puissance pour le maintenir ainsi. Il essayait de prononcer quelque chose, mais c’était avec difficulté qu’il arriva à :
« Hmpff ‘rrete ‘fai ml.. »
« Attends redis j’entends pas, j’ai des problèmes d’oreilles ces temps-ci. »
Je plongeais ma main dans une poche de mon armure, et sortit un couteau. Je lui mettais la lame sous la gorge, et desserrais mon étreinte.
« Vas-y tu peux articuler »
« KAAAAAAAAAAAALI NE ME REFAIS JAMAIS CA !! !!! »
Je restais pantois devant l’homme. Je reconnus aussitôt la voix de Yami. Je rangeais l’arme et me relevais.
« Désolé je ne t’avais pas reconnu. »
« Mouais… Qu’est-ce que tu fais là ? »
« Je trouvais pas le sommeil alors j’ai préféré marcher un peu. »
« Je t’ai vu partir alors je me suis dis que j’allais voir ce que tu faisais. »
J’esquissais un sourire. Malgré la nuit noire, Yami vit que je souriais.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Non je me disais juste que tu avais l’air d’avoir envi de parler. »
« Boarf… Je me disais aussi que je te devais des explications pour mon comportement bizarre face au Kusha. »
« C’est vrai… Mais tu n’es pas obligé tu sais. Il faut savoir garder certains secrets pour soi, que seul ton cœur peut en avoir la connaissance. »
« Certes, mais ça me ferait du bien d’en parler. »
« Dans ce cas je t’écoute, je suis là pour ça. »
Yami s’assit sur un rocher au bord de l’eau. Je l’imitais aussitôt, ne le quittant pas des yeux. Il avait l’air hésitant, et pas très à l’aise.
« Bon voilà… Comme tu le sais Ekud, Plasma et moi avons grandi ensemble durant notre adolescence. Mais avant cela, j’ai pas eu une vie forcément très facile. A dix ans j’ai perdu mes parents. Si je te dis comment tu vas comprendre. A l’époque on habitait un village près d’une rivière, le climat y était tempéré c’était assez agréable d’après ce que je me rappelle. Le problème c’est qu’un jour les monstres qui habitaient les parages ont tous déserté les contrées. Le chef du village a envoyé des troupes pour tenter de connaître la source de ce comportement. On a retrouvé quelques jours après. les éclaireurs dans un état qui approchait celui de l’écartèlement en phase finale. Le responsable de ce carnage nous a rendu visite après, et a rasé le village. C’était un Kusha gigantesque. Mes parents m’ont confié à un groupe de chasseurs qui avaient pour mission d’évacuer le village. Le Kusha a absolument tout rasé, mes parents avec. J’ai été déposé dans une ville où j’ai pu faire connaissance de Plasma et Ekud. Ca a été l’enfer. Mais ils m’ont aidé à surmonter cette épreuve et à présent j’ai moins de difficultés à m’adapter à la vie en groupe. Mais la mort de mes parents est toujours ancrée en moi, et je n’ai pas l’intention de me laisser faire. Le traumatisme a été si puissant que j’ai la capacité de pouvoir détecter un Kusha en approche. Je ne vous ai pas avertis la dernière fois car lorsque j’ai senti qu’il approchait je n’ai pas cru en moi, je me suis dis que c’était un faux pressentiment, qui de toutes façon était incohérent avec la situation vu que l’on était heureux, tout était calme. A présent je saurai quand il arrivera. »
Je le regardais d’un air appuyé. Je l’avais écouté avec attention, épris de compassion pour ce récit troublant. Yami se cherchait c’était certain, et je me sentais obligé de l’aider. La seule chose que je pus faire ce fut de le prendre de mes bras. L’accolade était puissante, mais sereine et rassurante. Il lâcha une larme, souffrant mais soulagé. Je lui assurais que tout irait bien, quoiqu’il puisse arriver. On repartit vers le campement en silence, perdus dans nos pensées.
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allez met la suite
s´ il vous plait les boulets, allez mourir plus loin.
Merci pour tout ces ups.
et de rien aussi ![]()
re ![]()
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La suite j´espère vous la mettre d´ici le 8 janvier.
On est le 9 ... A quand la suite? ![]()
A c´est ici le rdv des anciens
!!
Personne ne m´a prévenu! ^^
Je suis blasé, tout le monde dit que c´est génail mais moi j´ai un problème je peux pas télécharger les fichiers sur ce site...je sais pas pourqoi n´importe quel fichier ça ne marche pas snif...
Anti-Flood !
POUR COULER LES TOPICS DE FLOOD
Voilà la suite, enfin! Je vous remets comme d´habitude le chapitre précédent, avec le nouveau! L´intégralité des romans 1 & 2 seront bientôt uploadées, je vous tiens au courant
Chapitre XII : douzés
La lune devait avoir effectué une bonne moitié de sa course nocturne lorsque l’on était sur le chemin du retour. Cette nuit marqua entre Yami et moi-même un moment particulier de notre relation, qui nous a considérablement rapproché par la suite. Le fait qu’il m’ait parlé lui a permis de soulager sa peine, d’un point de vue minime évidemment mais c’était toujours ça. Puis vaut mieux connaître la personne que l’on a en face de soit.
Nous ne disions mot, remuant ces sombres pensées. Je regagnais ma place pour tenter de trouver le sommeil. En vain. Yami bougeait sans cesse, marmonnant de temps à autre des mots sans queue ni tête, cherchant lui aussi le sommeil. La lune était à présent basse dans le ciel. L’aube allait pointer ses premières lueurs. Je décidais de me lever, sachant que ce la ne servait à rien de cogiter. J’attrapais mon Katana, mon armure que j’enfilais et mon sac de chasse puis partis dans la forêt pour tenter de trouver de quoi manger au petit matin.
L’obscurité semblait reculer, laissant place à l’aura bleutée du matin. La forêt commençait à se réveiller, libérant ses premiers chants. Une petite brise se levait, froissant de son air frais les cyprès. Il était d’ailleurs étrange de remarquer à quelle vitesse les arbres tropicaux de la jungle de Zeindia avaient laissé place à ceux d’une forêt septentrionale. Il ne manquait plus que la neige et le froid, et l’on se retrouvait en plein pôle.
Une masse noire passa sous mes yeux. Je frappais de ma lame cette existence, qui s’affaissa rapidement. Je pus distinguer un lapin de garenne. Toujours intéressant à cuir ça. J’entrepris de le nouer sur le bord du sac de chasse par les oreilles, en imaginant déjà l’odeur de la cuisson titiller les narines des gros dormeurs. Je poursuivis ma route jusqu’à parvenir au bord d’un lac. Je m’assis sur un roc et regardais l’eau scintiller sous les dernières étoiles qui flottaient encore dans les cieux. Une étoile filante vint tracer une courbe sur les flots. Un remous vint l’onduler, brisant la plasticité de cette eau sombre mais brillante. Une bulle perça la surface, suivie d’une autre. Bientôt me dis-je, un geyser allait surgir de nul part. Un éventail surgit de l’eau. Je le connaissais trop bien pour rester assis sur mon roc paisiblement.
J’attrapais mon sac et me mit à courir en direction du camp. J’entendis le rugissement de la bête dans mon dos. La terre se mit à vibrer sous mes pas, m’indiquant que le monstre avait entamé sa course. Je jetais un vif coup d’œil derrière. La masse devait bien faire une dizaine de mètres facile, et une vingtaine en longueur. Ce Plesioth n’était pas aussi petit que ceux de notre région. Celui là était d’un bleu saisissant, bien plus gros et bien plus dangereux. Un instant j’avais pensé à l’affronter seul comme j’avais coutume de le faire, mais mon instinct me conseilla d’en faire autrement. Je fonçais donc tête baissée sous les pins, sautant par-dessus bûches et fourrés de ronces, manquant de m’écraser au sol maintes et maintes fois. Mon sac virevoltait derrière moi, le lapin volant, accroché par ses oreilles, pouvait me faire passer pour un gosse qui avait volé une peluche. Mon arme tintait du fer avec mon armure, me ralentissant. Le Plesioth rugit de nouveau, m’envoyant en pleine narine un flot d’odeur pestilentielle de poisson en décomposition. Je m’efforçais de penser au bon lapin que j’allais cuir après en avoir fini avec lui.
J’arrivais au camp, avec une certaine longueur d’avance sur le Plesioth. J’envoyais mon sac sur la tronche d’Ekud, qui bondit instantanément sur ses pieds en brandissant son arc.
« WAAAHOOUU !! ! Let’s Rock ! » Rugit-il à peine en équilibre sur ses jambes.
« T’es bien matinal dis donc… lui dis-je pendant que je sortais mon arme de son fourreau et fourrais un coup de pied dans l’estomac de Plasma. Ekud se chargea de réveiller Yami en le secouant violemment. L’arme à la main, je partis me poster devant Yuri et Oriane, et bientôt, nous firent un cercle autour d’eux.
« Si ça c’est pas une preuve que je suis douzé, je sais pas ce que je fais » marmonna Plasma.
« On est tous dans la même merde, seule la profondeur varie » dis-je.
« Alors ça, c’était puissant » rétorqua Yami.
« Fini de rigoler « now » » acheva Ekud.
Il décocha une flèche qui vint se planter au milieu du crâne du Plesioth. Ce dernier trébucha et s’écrasa devant le camp. Il gémit et essaya de se remettre sur ses pattes. On chargea tous, excepté Ekud qui nous couvrait avec ses flèches tirées par lot de huit qui inondaient le dos du Plesioth. Certaines ricochaient, d’autres venaient se planter dans les ailerons. Yami sauta sur le dos et planta l’une de ses duals et lança l’autre sur le haut du crâne. Le Plesioth fit une impulsion et se remit sur ses pattes, fou furieux. La dual plantée dans le crâne lui donnait l’air légèrement ébréché. Plasma et moi-même nous contentions de lui faucher les articulations des pattes, le plaquant de nouveau à terre. Yami matraquait la tête de ses duals récupérées, libérant un flot de sang continu.
Ekud tira une flèche à la substance dont il a le secret, dévoilant une jolie déflagration qui enflamma sur le champ toute la partie ventrale du monstre. Yuri était recroquevillée sur Oriane, la protégeant d’éventuels débris. Le Plesioth s’écroula, charcuté de toutes parts, la langue pendante. J’entrepris de lui enfoncer une bonne fois pour toute mon arme dans la mâchoire, ce qui lui fut fatal. Sa tête vint heurter le sol dans un nuage de poussière, Yami avec. Plasma quant à lui était en train d’essayer d’éteindre le feu qui prenait sur son armure. Yuri lui lança une bouteille d’eau de source qu’il déversa sur lui-même, réduisant le feu au silence.
« Tu foutais quoi Kali ? » me demanda Plasma, rouge de sueur.
« J’étais parti chasser, je trouvais pas le sommeil. D’ailleurs je ne reviens pas les mains vides, j’ai trouvé un lapin ! »
« Bon, bah on le cuit ce lapin ? » suggéra Yuri, histoire de calmer la tension qui montait dangereusement.
« Boarf, un lapin ou un Plesioth, quelle différence » marmonna Ekud en rangeant son arc.
« Moi j’en vois une, j’appellerais même ça un douzage intempestif » conclut Yami.
Chapitre XIII : enfin des soins
Yami attrapa le lapin de mes mains, l’embrocha et alluma un feu.
« Vous trouvez pas qu’il a un regard vitreux ? »
« Mmh… Ca se pourrait en effet » répondit Plasma, qui était avachi par terre à regarder son armure carbonisée. N’empêche c’est abusé, vous avez vu comment elle a flambé ? J’aurais pu crevé ! Ekud, la prochaine fois que tu fous le feu, tu préviens, sinon c’est ta face qui va flamber ! »
« Et celui là tu le vois ? » dit Ekud en montrant son majeur levé.
« Raaaaaaaaaaaaaaaah ! »
On mangea le lapin en silence, chacun ruminant dans son coin.
« Bon allez tu vas pas faire la gueule toute la soirée Plasma ? » lançais-je au bout d’un moment.
« Il en faut plus que ça pour me réduire au silence… »
« Tu m’en vois réjouis. »
Après avoir mis les choses au point, je repris conscience que Yuri avait besoin de soins. On ne pouvait pas retourner en ville, il fallait donc en trouver une autre, ou la soigner nous-même. Je réfléchis à la situation. Elle avait une balle enfoncée dans l’estomac, il fallait donc l’extraire au plus vite. Ensuite, il faudrait désinfecter la plaie et la bander. C’était possible de la soigner nous même.
« Eh les gars… Il y aurait moyen que vous m’aidez deux secondes ? »
« Pourquoi ? » répondit Ekud en se tournant vers moi.
« On va extraire cette putin de balle »
Yuri me regarda instantanément, la peur dans le regard. Elle eut un petit mouvement de recul, Oriane dans ses bras.
« Euh Kali… Je ne suis pas sûr que ce soit une excellente idée, si tu vois ce que je veux dire… » émit Yami, doucement.
Je marchais vers Yuri et l’allongea sur le sol. Elle se débattit un peu mais croisa mon regard et sut que tout allait bien se passer. Elle attrapa une branche qui était parterre et la mis entre ses dents. Je m’agenouillais à côté d’elle.
« Tiens Plasma, tu peux prendre Oriane deux secondes le temps que l’on extraie la balle ? »
« Euh ouai, du moment qu’elle ne me pisse pas dessus… »
Il eût comme seule réponse un regard foudroyant de Yuri.
« Mais c’est pour rire roooh… »
Yami et Ekud s’agenouillèrent aux côtés de Yuri. J’entrepris d’enlever le bandage doucement. Le sang avait beaucoup coulé et avait séché sur le bandage. En décollant le pansement, je tirais la peau sans le vouloir. La branche crissa sous la force des dents de Yuri. Elle grimaçait. Le bandage enlevé, je pris la main de Yuri, et mon couteau de chasse passé sous le feu pour la désinfection. Je regardais par-dessus la plaie. La balle était assez profonde, mais il y avait moyen de l’extraire en faisant pression.
« Yuri, regarde moi dans les yeux » fit Ekud. N’hésite pas à serrer la main de Kali. Tout va bien se passer ok ? Ne quitte pas mes yeux. »
« Quelqu’un n’aurait pas une pince pour maintenir la plaie ouverte ? » demandais-je.
Yami alla en chercher une dans la trousse de soin et me la donna. Je l’appliquais pour écarter la peau, et commença à enfoncer le couteau. Pour le moment je ne touchais aucune paroi, seule la pince endolorissait la plaie. Yuri commença à gémir. Je touchais la balle du bout du couteau. Yami écarta la pince, et je parvins à passer le bout de la lame sous le cul de la balle. Yuri hurla, la branche lui échappa de la bouche.
« Regarde moi Yuri ! Regarde moi ! » hurla Ekud.
Ma main était broyée par la sienne Je remontais la balle tant bien que mal, et Yami relâcha la pince. Un flot de sang remonta, bientôt arrêté par le bandage qu’entreprit de poser Ekud. J’allais chercher des herbes désinfectantes dans le sac, et en disposa les gouttes dans la plaie. On refit le bandage par-dessus. Yuri n’avait pas lâché ma main. Je la regardais, et lui souris en lui montrant la balle.
« Tu as été courageuse. »
Des larmes coulèrent sur ses joues, et elle s’endormit doucement.
Plasma jouait avec Oriane, il lui barbouillait le visage de ses doigts, et elle riait. L’aube commençait à pointer le bout de son nez. On attendit encore un peu avant de lever le camp. Yuri avait eu le temps de récupérer un peu de forces. Elle se leva difficilement, mais avait moins mal qu’auparavant lorsqu’elle marchait. Elle ne sentait désormais plus la balle dans le ventre. L’inconvénient était qu’elle devait garder le torse nu, hormis un soutien gorge. Pour le moment ce n’était pas gênant, nous étions en climat tropical, et il faisait bon. Nous nous remîmes donc en marche sans la forêt, aux aguets depuis l’affrontement avec les gardes. Nous surveillions régulièrement nos arrières au cas où une patrouille avait trouvé nos traces dans la forêt. Nous avions éparpillé toutes nos traces théoriquement, mais on n’était pas à l’abri d’une erreur.
On arriva bientôt devant un cours d’eau puissant, qui se jetait dans un vide immense avant de rejoindre un lac tout aussi impressionnant.