Problématique : Le roman naturaliste retranscrit-il exactement la réalité ?
On ne peut pas dire que le roman naturaliste retranscrive exactement la vérité, du fait que, justement, c’est un roman ; cela fausse forcément la réalité. Seules les biographies et autobiographies rapportent la réalité exacte, car les événements ont tous été vécus par une personne existante ou ayant réellement existé.
De plus, le romancier naturaliste porte un jugement assez subjectif sur ce qu’il écrit. Si l’on prend l’exemple d’Emile Zola, il est allé dans un quartier ouvrier pour observer la vie des travailleurs, étudier leur comportement, et s’est basé sur ce qu’il a vu pour écrire l’Assommoir. Mais ce qu’il a vu n’est pas forcément représentatif de la majorité de la classe ouvrière de l’époque. Il nous décrit la vie d’un couple d’ouvriers, Gervaise et Coupeau. Ce dernier nous est décrit comme un ivrogne qui passe ses journées à boire ; si l’on se base sur ce personnage, on est alors contraint d’en déduire que tous les ouvriers du XIXè siècle étaient alcooliques. On tombe alors dans le stéréotype et la caricature, ce qui est le contraire exact d’un roman naturaliste.
Prenons maintenant le cas de Gervaise. Au début du roman, elle vit avec Lantier et leurs deux enfants. Elle exerce le métier de blanchisseuse et tous deux arrivent à vivre plus ou moins correctement. Quand Lantier la quitte, elle rencontre Coupeau avec qui elle se marie. Avec une aide financière de Goujet, un ami, elle parvient à monter sa propre entreprise de blanchisserie. Puis, Coupeau se casse la jambe et, pendant sa convalescence, se met à boire. Dès lors, tous les malheurs du monde vont s’abattre sur Gervaise. Ne disposant plus d’assez de moyens pour entretenir sa blanchisserie, elle va être obligée de la vendre et de devenir employée dans sa propre entreprise. Plus tard, elle perd son travail, Coupeau meurt des suites de son alcoolisme et, devenue elle-même alcoolique, Gervaise tombe à un tel niveau de déchéance qu’elle devra se prostituer pour gagner de quoi manger. Elle finira par mourir sous une cage d’escalier qui lui servait d’abri, complètement oubliée de tous. De même que pour Coupeau, si l’on se base sur l’exemple de Gervaise, on est tenté de croire que toutes les femmes issues de la classe ouvrière étaient des victimes de la société, complètement à la botte de leur mari alcoolique, et finissant elles aussi par tomber dans l’alcoolisme. Ceci nous amène donc également au stéréotype d’une classe ouvrière alcoolique, misérable, pathétique.
La description que nous fait Zola de la classe ouvrière est, certes proche de la réalité, lui-même ayant passé un certain temps à côtoyer ces personnes, mais elle ne peut pas prétendre être la retranscription exacte de leur quotidien, le point de vue subjectif de l’auteur influençant forcément son récit.
J´ai pondu ça, t´en penses quoi ?