ça parle de Lynch alors je ramène mon nez. Voilà mon avis sur le film copié collé de mon blog.
INLAND EMPIRE, le dernier film de Lynch est certainement l’un des évènements les plus attendus de l’année et l’un des (le ?) films les plus déroutant qui soit. La question étant de savoir si Lynch, après nous avoir offert tant de chef d’œuvre n’allait pas se répéter.
Et bien les 2 réponses sont vraies. Certes de premier abord Lynch s’auto cite, va même jusqu’à refaire des scènes déjà présentes dans ses précédents films et pourtant INLAND EMPIRE est incomparable.
Tellement Lynchien mais tellement bizarre (et pourtant on était habitué depuis le temps) ce film est radicalement à l´opposé de ce à quoi on pouvait s’attendre. Le leitmotiv de Lynch sont bien sur les idées, les sensations mais arrêtons nous quand même un instant sur le scénario.
Il aurait été facile pour Lynch de refaire une variante de Lost Highway ou de Mulholland Drive, deux films au scénario complexe, compréhensibles à force de plusieurs visions, et bien ce n’est pas ce qui prime dans INLAND EMPIRE. Certes le scénario est incompréhensible à la première vision et renvoi Lost highway et Mulholland drive au rang de film linéaire mais ce n’est pas le plus troublant dans cette pièce maîtresse qu’il représente.
Cette œuvre tortueuse se rapproche bien plus d’Eraserhead par son surréalisme et son côté dérangeant. Tellement radicale et jusqu’au-boutiste, passer 3 heures à regarder l’ultime trip expérimental de Lynch s’avère épuisant moralement et mentalement. C’est d’ailleurs là toute la réussite du film.
L’image filmée avec une caméra DV n’est pas pour rien dans cette sensation. L’image moche et terne projetée, si loin de la beauté formelle d’un Elephant man ou d’un Mulholland drive, donne toute sa texture au film. (C’est malheureusement le seul point sur lequel je n’ai pas adhéré mais il fait l’accepter d’autant plus qu’il ne reviendra pas à la pellicule). L’autre élément essentiel de cette immersion est la texture sonore ô combien parfaite mais il fallait s’y attendre avec Lynch.
INLAND EMPIRE est le film le plus démoralisateur de Lynch. Très peu (pas ?) de second degré, une voie sans issue pour Laura Dern dont la descente aux enfers est loin d’être aussi évasive que celle de Bill Pullman dans Lost Highway.
Ce dernier Lynch, tout aussi étrange que particulier, pourrait même dérouter les fans (j’en connais qui on été déçus). Personnellement j’ai adoré. A vous de voir.