Pour te répondre (avec une certaine latence certes
) ulti :
Je ne remets en cause rien de ce que tu dis, et ne cherche nullement à comparer (que ce soit la concurrence PC ou console − si si il y a une console de cette gen qui a un online gratuit, il ne faut pas l’oublier tout de même).
La récente officialisation de l’annulation de Silent Hills apporte, hélas, un cas d’école pour mon argumentaire ; ce n’est pas l’annulation elle-même dont il est question, mais d’un sujet connexe et très fortement lié aux problématiques des plateformes de jeu en ligne, console comme PC pour le coup : la disparition de P.T.
Il ne t’aura sans doute pas échappé qu’en effet le playable trailer de Silent Hills a été retiré de la seule plateforme de distribution dont il disposait jusqu’alors : le store de la PS4. On assiste dès lors à un méfait prévisible, presqu’attendu, mais non moins dégueulasse de dématérialisation centralisée : le contrôle sur le contenu. Au-delà des questions de propriété très fortement mises à mal et où la vigilance doit être de mise (en principe un appareil législatif est censé nous protéger des velléités des distributeurs sur ce point, en pratique c’est moins vrai, mais là n’est pas le point qui m’intéresse, donc passons), nous assistons surtout à l’annihilation d’une œuvre (pas de majuscule, c’est juste pour ne pas utiliser le mot produit) culturelle.
Si on oublie la gratuité de P.T. (le genre de « oui mais » qui, plutôt que de nourrir le débat, tente de le clore avec des arguments fallacieux), le fait est, et je le reconnais, qu’on en entend parler parce qu’il a connu un succès critique autant que « commercial » (en nombre de téléchargements quoi) ; mais la levée de bouclier est bien minable en regard de la suppression pure et simple de la démo.
Quel rapport avec la monétisation ou non de l’accès à la plateforme de distribution ? me demanderas-tu. Et bien nous pourrions supposer que cette mainmise du distributeur et des éditeurs sur des produits déjà mis à disposition soit le prix à payer pour accéder à une plateforme gratuite et de qualité (c’est un peu le contrat plus ou moins tacite de Steam que Valve fait passer aux joueurs depuis plus de dix ans maintenant). En revanche Microsoft a tenté très vite de changer la donne, non pas en concurrençant directement Steam, mais en portant les premiers l’innovation sur console, pour y établir d’autres règles, à savoir que la qualité se paie. Faute de concurrence, la recette a pris. Quant à Sony, le PSN gratuit n’ayant existé que sur des consoles n’étant pas leader du marché, nous pouvons penser que la qualité moindre s’explique par un budget alloué moins important que si la situation avait été aussi pérenne que sur PS2, ou même que sur PS4 à l’heure actuelle.
Toutes ces circonstances ont bien préparé le terrain pour que sur la géné actuelle, les deux groupes leader du marché qui proposent un online payant, ça ne choque pas tant finalement. Mais qu’on ne s’y trompe pas : les règles du jeu en matière d’accès au catalogue ne changent pas parce que c’est payant, et P.T. le prouve. Pire : d’une part le message passé par cette large acceptation d’un online payant est que Sony, Microsoft et Nintendo peuvent aller plus loin, et que les deux premiers ne se garderont pas de le faire m’est avis ; d’autre part les offres pour un abonnement somme toute modique représentent une « prise en otage » (termes un peu fort, mais faute de mieux…) très confortable des joueurs, le tout sur un système fermé, le tout contribuant à ne surtout pas sortir des clous pour tenter de remédier aux choix fallacieux des constructeurs en commettant l’innommable : maîtriser sa propriété matérielle pour sauvegarder ces morceaux de culture qu’on tente de supprimer, P.T. ou autre (haaan on appelle ça le hack et c’est maaal ! Oui sauf que ce que je viens de décrire est 100% légal dans toute l’union européenne − le système juridique protège même les consommateurs des vendeurs pour le coup hein, c’est pas juste une histoire de vide juridique, tu fais ce que tu veux avec ta console tout comme t’as le droit d’ouvrir le capot de ta voiture…).
Au final, je réitère donc : Sony (avec le PSN) vous la met (vous fait payer SA mainmise sur VOTRE propriété) tranquillement (à grands coups de cadeaux & de qualité de service − mais pour le coup Steam n’a pas à rougir, et là ça coûte pas un rond lol).
PS : ces deux pavés c’est mes œillères, et j’ai pas prévu de les enlever de si tôt 