Fondée au Xe siècle sur le territoire des Polanes, la Pologne devient au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale. Son premier souverain est Mieszko Ier, fondateur de la dynastie des Piast, qui règne sur la Pologne de 966 à 1370. La capitale est alors Gniezno, à l´Est de Poznań.
Poste avancé de l´Occident catholique romain face aux mondes orthodoxe (russe, biélorusse, ukrainien), païen (balte), et musulman (turco-mongol), elle est aussi confrontée au Drang nach Osten (poussée germanique vers l´est), qu´il vienne du Saint Empire ou des Chevaliers teutoniques. Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrêmement exposée aux invasions. Celles-ci, particulièrement au XIIIe siècle, ruineront le pays (invasions de la Horde d´Or mongole de 1248 à 1275).
Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast unifie la Pologne.
Elle atteint son apogée aux XVe et XVIe siècles, sous la dynastie lituanienne des Jagellon, avec Ladislas II. La Rzeczpospolita Obojga Narodów (res publica de deux nations) résultant de l´union du Royaume de Pologne et du Grand-Duché de Lituanie (l´Union de Lublin - 1569), couvre alors un territoire qui « allait de la Baltique à la mer noire » et jusqu´aux portes de Moscou. La capitale était alors Cracovie, en Petite Pologne. Casimir IV réunit même pour une petite période les couronnes de Bohème (1471) et de Hongrie (1490) à celle de Pologne.
La Rzeczpospolita se dota par ailleurs d´un système politique inédit depuis la Rome Antique, l´Aristocratie. Le Roi y était en effet élu, et non héréditaire. Certes, cette "république" ne donnait le droit de vote qu´aux seuls nobles. Cela représentait toutefois presque 10 % de la population et plus encore autour de Varsovie, devenue capitale au XVIIe siècle. Les nobles obligèrent le roi à céder de ses prérogatives, notamment en ce qui concernait les impôts, l´armée et la justice. Ainsi, le monarque polonais, à l´époque où les monarchies européennes (France, Espagne, Autriche, Prusse) "s´absolutisaient", était au contraire affaibli.
La tolérance religieuse était une autre caractéristique majeure de la Rzeczpospolita. Si la majeure partie des paysans était restée catholique, de nombreux nobles s´étaient convertis au protestantisme, luthérien mais surtout calviniste. Par ailleurs, la Pologne avait donné abri (en particulier dans la ville de Leszno) aux "Frères tchèques" (Hussites) qui voulaient échapper à la re-catholicisation de la Bohême entreprise par les Habsbourg. Enfin, la Rzeczpospolita comptait une très importante population juive (5 à 10 % de la population totale), en particulier dans les villes et surtout dans la partie orientale du pays.
En 1570, l´Accord de Sandomierz prônait la coexistence pacifique des religions. Il fut renforcé en 1572 par la Confédération de Varsovie. La tolérance était si grande que la noblesse polonaise contraignit Henri de Valois (1572-1574, futur Henri III en France), pour être élu roi de Pologne, à accorder plus de libertés aux protestants français.
Mais cette tolérance se réduisit progressivement au XVIIe siècle, en particulier après 1655, quand la Suède protestante envahit la Pologne et fut arrêtée à Częstochowa, devant le sanctuaire marial de Jasna Góra.