Je ne crois pas au destin
La vie est ainsi faite, elle n´obéit jamais qu´aux êtres qu´elle anime comme la marionnette prend vie entre les mains du vieil homme et malgré lui, suit les caprices de sa propre condition et de son milieu.
Mais par delà cette feuille chétive qui se détache de l´arbre, virevolte dans les airs et finit par pourrir à terre, il est des choses qui demeurent, froides et immuables, ignorant les ravages du temps, s´ancrant dans les mémoires, dans les arbres, dans la terre, dans la pierre, dans le ciel, et les font vibrer, apportent une vibration spécifique de leur état de non-être.
Alors elles resplendissent et éblouissent les aveugles, d´une froide lumière non violente, mais respirant, suintant même une puissance retenue, remontant à des temps immémoriaux, que de mémoire d´homme nul ne saurait décrire.
La vérité nue, exhibée, presque grotesque, est là, invisible aux innombrables œillères, n´attendant rien d´autre qu´elle sera comme elle fut, servant de base à ce qui fait que le monde est monde.
Le non-charisme de Shala fait partie de ces choses.