---[ce qui suit est une compilation de réflexions postées dans différents topics du forum, désolé pour ceux qui les auraient déjà lus ! Par contre pas l´ombre d´un spoiler en vue, j´y ai veillé ;o ) ]---
Ca fait bizarre hein de tomber sur un jeu vraiment hardcore d´une exigeance rare ?
Bah voui, Dead Rising est un jeu EXIGEANT ! On sort totalement du cadre du divertissement familial ludique tels les Tomb Raider ou autres Burnout et Kaméo que l´on peut trouver sur la console (voir même un Ghost Recon moyen hormis techniquement parce que bourré ras la gueule de compromis niveau gameplay histoire de la vendre au maximum de monde). Ici on a affaire à un jeu adulte, comportant même une dimension auteurisante tant les partis pris y sont radicaux et assumés.
Adulte de par son thème, adulte par son refus du cynisme et de l´humour con habituel (ici on est dans la parodie respectueuse ou dans le grotesque, jamais jamais les développeurs ne font dans le coup de coude dans les côtes du joueur, il faut se contenter de clins d´oeil jubilatoire et amplement suffisants) et surtout adulte dans son gameplay qui, plus j´y joue et plus j´en suis convaincu, et un monument de complexité concernant l´implication qu´il propose au joueur et la perversité avec laquelle il rend le jeu encore plus difficile de par de simples manipulations purement psychologiques à l´encontre de son utilisateur.
Un jeu extrêmement pensé, parfaitement bourrin dans sa forme certes, mais encore plus certainement cérébral dans la manière dont il a été conçu.
Et ce n´est pas pour autant qu´il est à chier, loin de là...
Il ne s´agit pas, ici, d´un jeu grand public en termes de gameplay. Mais pour qui apprécie les challenges intelligents et bien plus cérébraux que bourrins c´est un bonheur total !! !
Les choix de gameplay, aussi radicaux soient-ils, ne sont là que pour servir le sujet et le genre du jeu, à savoir un vrai survival !
Si on résume la situation, que se passe-t-il dans ce jeu ? Un journaliste, pas franchement une foudre de guerre comme certaines cinématiques nous le prouvent (il n´a jamais tiré sur personne, fait plus du show que de la photographie, s´avère plutôt couard...), débarque dans un mall envahi par les zombies et se joint aux survivants... Un type comme vous et moi donc. Et il va tenter de s´en sortir en essayant au passage de trouver le courage d´aider quelques quidams lorsque la situation le permettra.
Un contexte extrêmement tendu et inconfortable quoi.
Et le jeu rend cette situation à la perfection en nous imposant d´assumer les conséquences de nos actes comme de nos choix ! Tu veux comprendre ce qui s´est passé dans cette ridicule petite ville américaine ? Alors tu fais fi de tous les survivants que tu pourrais sauver et ne t´intéresse principalement qu´aux CAS pour sauver les rares personnes qui seront sur ton trajet pour valider les avancées scénaristiques. Tu préfères sauver un max de monde ? Alors tu oublies les cas et te contente d´attendre le retour de l´hélico en sachant qu´une fois arrivé là ton perso aura nettement progressé et que tu pourras reprendre le jeu du début pour te concentrer sur l´histoire elle-même de manière bien plus confortable...
Le plaisir de vouloir mener d´abord le jeu à son terme n´en est que plus grand quand on comprend que une fois cela fait on pourra utiliser à nouveau le mall comme un grand bac à sable, au même titre que les GTA et autres jeux au gameplay "flottant" et émergeant. Mais il est clairement recommander de commencer par terminer le scénario si on ne veut pas se faire spoiler la moitié des surprises prévues.
Le jeu surprend et ne plait pas à tout le monde à cause de tout ça ; il est complexe, dans son gameplay comme dans sa jouabilité, et de ce fait retranscrit parfaitement la tension, cette sensation de courir constamment après le temps, que l´on ressentirait dans la même situation. Choix garant d´une immersion ahurissante lorsque l´on adhère, que l´on accepte de jouer le jeu et surtout une fois que l´on a bien intégré le fonctionnement du gameplay.
C´est un jeu de l´urgence, un jeu inconfortable, qui a à l´évidence été conçu dans cette optique. Comme je le disais un jeu réellement hardcore qui laissera effectivement les joueurs les moins opiniatres et les moins motivés sur le carreau.
On ne peut pas reprocher à ce jeu d´être ce qu´il est dans la mesure où il est parfaitement réussi sur les objectifs que les développeurs s´étaient fixés.
Le seul reproche que l´on pourrait faire n´est pas sur le jeu mais sur la communication que Capcom a fait autour de lui, à savoir chercher à le vendre comme un jeu "bac à sable" à l´instar des GTA ou encore Saints Row, ce qu´il n´est à l´évidence pas à moins d´être prêt à passer à côté de 80 % du jeu. Là dessus à mes yeux ils se sont plantés et en résulte tous ces gens comme l´auteur de ce topic, qui sont déçus et se trouvent face à un jeu qui ne répond pas à leurs attentes ni à ce qu´on leur a laissé entrevoir du gameplay.
Et si on peut donc reprocher à Capcom cette très mauvais communication, ce n´est pas une raison pour tirer à boulets rouges sur un jeu qui fait partie des plus novateurs de ces derniers mois et des plus radicaux aussi. Ce dernier point étant de loin le plus jubilatoire et appréciable tant la plupart des jeux sont actuellement remplis ras la gueule de compromis histoire de plaire au plus grand nombre, ce dans un but purement mercantile et non pour pondre de VRAIS jeux proposant des challenges innovants.
Que vous n´aimiez pas le jeu n´est pas un problème, dire pour cette raison qu´il est à chier est par contre parfaitement injuste vis à vis de développeurs qui, pour une fois, ont réellement créé un des jeux les plus typés et les plus personnels et originaux de ces derniers mois (années ?) !
Moi aussi j´en chie évidemment.
Mais plus on joue et plus on comprend le système du jeu, plus on perçoit combien ses mécanismes sont pervers et jouent sur la capacité de tout joueur à s´imposer des challenges ("bon, ok, y a la CAS qui expire bientôt mais à côté y a un type chelou qui semble en danger et que je pourrais aider dans la foulée, je sens que je peux cumuler les deux, allez GO ! .... Ah ben merde, non... je pouvais pas... mouarf !" ).
En fait plus on progresse et plus on apprend à gérer ses priorités suivant ce qu´on a décidé de faire du jeu.
Ca en devient un peu moins inconfortable (à vue de nez le jeu ne sera JAMAIS confortable, et c´est là toute sa force d´ailleurs), on cahote moins dans la progression, on prend en assurance, et plus on joue dans l´urgence, une fois ces éléments assimilés, et plus s´en est jubilatoire, quitte à s´en faire de vraies suées.
Sur ce dernier point je ne parle pas par image, mais bien concrètement, ma copine, parfaitement surprise, m´ayant trouvé sur mon canapé avec le front en sueur et les mains plus que moites, en pleine poussée d´adrénalyne alors que j´approchais du lieu d´un cas qui menaçait de ne plus être disponible, que je n´avais plus que deux points de vie, un seul pack de lait, un couteau et une batte dans l´inventaire (plus un bouquin allongeant la durée de vie des armes blanches quand même). Moment d´une intensité rare, que peu de jeux vidéos ont réussi à m´amener jusqu´à aujourd´hui. D´autres moments confinant à la pure terreur...
Ce jeu est un concentré d´émotions radicales, et n´en est pas moins injouable pour autant, très loin de là (au sujet de la jouabilité les avis diffèrent concernant la visée, personnellement je ne me suis pas posé la moindre question à son sujet n´ayant pas de problèmes avec, ce qui ne veut pas dire qu´il n´y en a pas ni que ça doit convenir à tout le monde), seulement de par sa différence avec le tout venant il demande un temps d´adaptation certain. Et ce n´est qu´à ce prix (finalement bien ridicule puisque ne demandant pas non plus des heures de jeu dans les pattes, et à moins de n´apprécier que le travail prémaché) que l´on en savoure la substantifique moelle.
Je ne parle même pas de la gratification ressentie lorsque l´on arrive à battre des boss retords (et plus ou moins intéressants, sans doute le VRAI point faible du jeu) et surtout à faire avancer des CAS qui semblaient presque perdus...
A l´évidence, et là j´avoue ne pas bien comprendre la plupart des tests de mags papiers ou internautes que j´ai pu lire, ce jeu est bel et bien un survival et son aspect beat-them-all n´est là qu´en soutient du gameplay, la partie action, la forme quoi. Mais le fond est bel et bien dans le survival pur jus. Si action il y a ce n´est que dans le but de faire avancer l´histoire, c´est un moyen et non la finalité elle-même. Bizarre que les testeurs soient passés à côté d´un telle évidence. Mais peut-être est-ce aussi ici la preuve que les jeux ne sont que trop rarement testés en profondeur, constat attristant s´il en est, sans parler de la déontologie journalistique de ces gens, déontologie qui en prend un méchant coup dans les dents pour le coup...
Ce jeu est une perle rare d´une exigeance comme on en voit rarement, un joyau brut de décoffrage, à destination de joueurs cherchant de vraies expériences de jeu. Je dis ça sans mépris aucun pour ceux qui n´apprécient pas bien sûr, simplement il faut savoir admettre que ce jeu n´est pas pour un public lambda, voilà tout. Et encore une fois sa difficulté, pour quiconque adhère au concept, hardcore gamer ou non, n´est pas un frein mais tout au contraire une réelle motivation tant recommencer le jeu ou simplement s´acharner sur un passage spécifique est à chaque fois différent et porteur d´une jubilation rare une fois que l´on a intégré les principes du jeu et qu´on les apprécie :o)
Il est juste dommage que ce jeu n´est pas été vendu pour ce qu´il était par Capcom ; les lois du marketing et du marché, tout ça...
ENJOY OR... DIE !