« Deux jours de passés ici et déjà plusieurs fous de croisé … ». Cette pensée trottait dans la tête de Frank depuis la matinée. Il ne lui restait qu’une seule journée avant que Bob ne vienne le rechercher en hélico. « Pas assez de scoops, se dit-il. Il faut un documentaire percutant » Alors qu’il se promenait dans le centre commercial tranquillement (il ne pensait pas que la PowerRazor 2000 pouvait tondre autre chose que le gazon aussi bien qu’elle l’avait fait avec les zombies), une espèce de « Pfoout » attira son attention. Il monta au magasin de jouets d’où venait le bruit. Il se baissa et se cacha lorsqu’il réentendit le « Pfoout ». Il regarda discrètement à l’intérieur et resta muet. Un clown se tenait là, avec deux cadeaux dans les mains et une trompette à ses pieds. « Oh oh oh , des cadeaux ! disait-il ». Il arracha le papier cadeaux des deux paquets et ouvrit de grands yeux. « Oh oh oh ! Des PocketChainsaws de chez Lumberjack’s ! hurla t’il. J’en connais qui vont être ravis ! » Frank pensa d’abord qu’il était fou : un clown avec deux tronçonneuses miniatures, il y a de quoi s’interroger sur son état mental. « Ok ok ok. Reste calme, raisonna Frank. Primo, je vais chez l’armurier, deusio, je tente une approche, tertio, je lui fait sauter la tête s’il se montre trop menaçant. » Frank commença à s’éloigner. Malheureusement, il écrasa du pied une main de zombie qui traînait là et il se produisit alors un craquement affreux, assez fort pour alerter le clown. « Oh oh oh, cria le clown. Qui que ça soit, viens voir Tonton Adam. J’ai de beaux jouets à te montrer. Petit petit petit ? » « Je suis mal, pensa Franck » Soudain, Adam surgit devant lui. « Oh oh oh ! dit-il. Tu n’es pas un zombie ? Tu es donc plus savoureux je suppose ! » Cette dernière phrase provoqua une immense peur chez Frank. « Voilà qu’elles étaient les traces rouges partout sur son corps et sur sa bouche, pensa Frank. Je vois le titre d’ici : Un clown anthropophage dévore un journaliste. » Adam se passa sa langue sur sa bouche comme font les chats et fit démarrer les deux PocketChainsaws qui émirent un doux ronronnement. « Repli, se dit Frank ». Il dévala les escaliers, Adam essayant de le trancher. Frank se rua dans le « Garden Shop » où il logeait. Il courait comme un forcené avec Adam derrière lui. Il empoigna une tronçonneuse mais trébucha, car il avait mal évalué son poids. Il tira sa ficelle et, roulant sur le côté, essaya de toucher Adam. Visiblement impressionné, le clown recula. Il avait peur. Son maquillage coulait. Mais un horrible rictus lui déforma le visage. « Oh oh oh, tu montres de la résistance ? rugit Adam. Tu vas goûter à une bonne correction ! » Adam élança son bras doit à hauteur de la tête de Franck et son bras droit au niveau de ses jambes. Frank esquiva un pas en arrière et mit sa tronçonneuse pour le contrer. La mini-tronçonneuse dérapa sur la lame et glissa jusqu’au manche de celle de Frank. Elle en découpa un morceau et Frank recula précipitamment. Il pu sauver sa main droite.
Mais pas son annulaire.
La douleur fusa et Frank hurla. Il manqua de trébucher et s’enfuit. Adam, lui ramassa le doigt, le regarda longuement puis dit : « Oh oh oh ! Un amuse-gueule ! » Il se fourra l’annulaire de Frank dans la bouche puis le mastiqua, du sang dégoulinant. Frank assistait de loin au spectacle, impuissant. Et lorsque Adam recracha l’os, il sentit un élan de fureur monta en lui. Il se précipita dans son « Bazar mortel », un petit cagibi où il rangeait ses armes préférées. Adam recommençait à l’appeler avec ses « Oh oh oh » exaspérants. Frank empoigna une boule de bowling et se rapprocha de l’allée où était le clown. « Allez, fais-lui regretter ce qu’il t’a fait, pensa t’il ». Il fit un pas de côté, pour être face à Adam. Le clown le regarda d’un air interloqué puis explosa de rire lorsqu’il vit la boule de bowling. « Oh oh oh ! Une boule de bowling ! dit Adam. Et c’est avec ça qu’on veut me punir ? » « Oui, répondit simplement Frank ». Il lança la boule de bowling de toute ses forces, remerciant intérieurement Mr.Bishop, son entraîneur de bowling lorsqu’il était à l’université. La boule roula à une telle vitesse que Adam n’eût pas le temps de finir son deuxième « Oh oh oh ». Elle percuta son tibia gauche avec une telle force qu’il tomba sur le ventre. La boule avait explosé son tibia au sens propre du terme et le clown hurla à s’en déchirer les poumons. « Oh ! Oh ! Oh ! J’ai mal ! dit il. Je vais de dévorer. T’arracher les boyaux pour me faire un collier avec ! » Son horrible rictus revint sur son visage et il tenta de se relever. Son tibia craqua sous son poids et il s’affala de nouveau par terre. Frank marcha vers lui, lentement. Adam gémissait, ses deux tronçonneuses à côté de lui. Frank s’agenouilla, prit l’os de son annulaire et le fourra dans sa poche. Il sortit le marteau qu’il avait récupéré dans son « Bazar mortel » et le montra à Adam. « Tu sais le clown, disait Frank. On dit « Œil pour Œil, Dent pour Dent ». Aujourd’hui, je vais mettre en pratique ce vieux dicton. Allez, fais-moi ton plus beau sourire » . Il prit une photo d’Adam, puis entreprit de commencer sa revanche. Il prit le mousqueton qui tenait ses clés puis, se tenant debout au-dessus du clown, ses pieds sur ses mains pour l’empêcher de bouger, enfonça le mousqueton dans le cartilage situé entre les deux narines d’Adam. Il fit de même avec sa lèvre supérieure. Maintenant, le clown affichait un sourire « forcé » selon Frank. Adam l’implora du visage, mais Frank se contenta de sourire. Il leva son marteau puis l’abattit sur les dents du clown. Il pulvérisa sa dentition, arrachant des bouts de gencive par la même occasion. Le sang baignait maintenant dans la bouche d’Adam. « Passons maintenant aux mains, dit Frank » Le clown essaya de dire quelque chose mais il ne sortit qu’un « Glob, glob, glob » plaintif. Frank s’approcha avec une bêche et se remit en position, ses pieds sur les mains d’Adam. Il posa la bêche sur les doigts de la main droite du clown et appuya dessus avec son pied. La bêche – d’une très bonne marque – ne buta pas et trancha tout d’un seul coup. Adam hurla de nouveau et Frank s’attaqua à la main gauche, qui se retrouva bientôt dépourvu de doigts elle aussi. « Tu aimes bien colin maillard ? demanda Frank au clown. » « Boui, répondit le clown » « Tu n’aurais pas dû dire ça, suggéra Frank ». Il sortit son os d’annulaire et l’approcha des yeux d’Adam. Le clown se secouait comme un forcené, essayant en même temps de repousser Franck avec ses moignons. Mais la douleur était trop forte et il abandonna vite. « Enfin calmé ? demanda Frank. Si on peut plus travailler tranquillement … ». Enfin, il enfonça l’os dans les yeux d’Adam. Il perça facilement les globes oculaires du clown et un liquide poisseux se répandit sur son visage. Les hurlements n’en finissait plus. « Bon, maintenant, passons au bouquet final, annonça Frank d’une voix théâtrale ». Il ramassa une des PocketChainsaws et la mit en route. Adam se secoua violemment lorsqu ‘il entendit le doux ronronnement. Frank trancha la première jambe du clown, puis un des ses bras. Adam commençait à se calmer, la douleur l’immobilisant. Frank alla chercher sa boule de bowling, la plaça au-dessus de la tête d’Adam, puis, avec un « Bye bye le clown », la lâcha. Le crâne du pauvre Adam ne résistant pas au poids de la boule, explosa puis répandit de la cervelle partout par terre.
« Quel idiot je fais ! gémit Frank. Je vais devoir tout nettoyer ! » Il prit une photo et saisit un balai. Alors qu´il nettoyait en sifflant, Frank ne se douta de ce qui lui arrivait.
Un point rouge était pointé sur sa tête.