L’homme est constamment à la recherche du bonheur. Pour ce faire, il doit forcément rechercher et utiliser le bien. Par conséquent, la volonté, acte délibéré, ne devrait tendre que vers ce bien afin d’atteindre le but ultime qu’est le bonheur. Cependant, sous certaines conditions, l’homme peut faire le mal volontairement.
L’homme peut faire le mal consciemment afin d’obtenir un bien mineur. Il favorisera donc son intérêt propre par rapport à l’intérêt commun. De la même façon, il préfèrera un bien immédiat et de courte durée aux bénéfices plus importants sur le long terme.
Ce bien recherché, conséquence du mal, peut être d’ordre matériel. Par exemple, un voleur aura conscience qu’il commet un acte immoral et déleste de leurs richesses des personnes honnêtes, ayant gagné ces richesses par un travail honnête et moral. Cependant, il agira dans son propre intérêt puisque ce vol lui permettra de s’enrichir lui-même.
Mais il peut aussi être d’ordre intellectuel, voir sentimental. Ainsi un homme dont l’honneur a été bafoué pourra tuer, ou du moins violenter, le responsable de cette injure. Il satisfera ainsi son ego par cet acte vengeur, même s’il sait pertinemment que c’est un acte mauvais. L’envie de vengeance peut donc également être cause de mal, car son accomplissement apportera un plaisir immédiat à l’homme. Et d’autres sentiments négatifs peuvent avoir les mêmes conséquences.
L’homme sera donc capable de faire le mal de manière volontaire afin de connaître un plaisir instantané, que ce soit un plaisir matériel ou intellectuel.
A l’inverse, l’homme peut commettre un mal volontairement afin d’en éviter un plus important. Dans ce cas, il s’agirait d’un mal nécessaire, de peu d’importance par rapport aux conséquences qu’une abstinence pourrait avoir. On peut donc dire que l’homme fait un mal pour un bien, dans ce cas. Par exemple, tuer un enfant peut sembler un acte barbare et immorale, mais qu’en est-il s’il s’avère que cet enfant serait devenu un tueur et aurait fait des dizaines de victimes, une fois adulte ? Tuer cet enfant avant qu’il ne commette éviterait donc la mort de plusieurs personnes. On peut donc dire que cet acte en apparence mauvais permettrait d’en éviter un plus grave, et serait donc accompli dans le but de faire le bien.
De la même façon, la guerre peut sembler être quelque chose de mauvais. Mais si cette guerre a lieu pour éviter un génocide et des millions de morts injustifiés, pour défendre les droits de l’homme et des principes morales essentiels, alors cette guerre est justifiée. On ne peut donc dire que c’est un mal véritable étant donné qu’elle est décidée pour empêcher un mal aux conséquences bien plus lourdes.
Il s’avère donc que l’homme peut choisir volontairement de faire le mal, soit dans le but d’obtenir son bien propre, un bien mineur, soit pour éviter un mal plus grand.