La géométrie analytique de Descartes et de Fermat nous enseigne que (la surface de) la sphère (disons de rayon 1) notée S2 est définie dans l´espace de dimension trois noté R3, dont les points sont repérés à l´aide des coordonnées x1, x2, x3 par l´équation x12+x22+x33 = 1 D´une manière analogue, l´équation x12+x22 +......... + xn+12 = 1 écrite dans l´espace de dimension n + 1 définit la sphère n-dimensionnelle Sn. Cette dernière est le bord de la boule (n+1)-dimensionnelle Bn+1, définie par l´inégalité : x12+x22 +......... + xn+12 &Mac178;1 La figure 1 illustre le fait que S2-N (c´est-à-dire S2 privée du pôle Nord N) est "contractile" : tout point p autre que le pôle Nord N peut glisser continûment le long de son méridien, d´abord en q, ensuite en S (pôle Sud). La continuité de cette opération serait manifestement rompue si on voudrait l´étendre au pôle Nord. Quelque chose d´analogue a lieu aussi pour une sphère Sn de dimension n quelconque. Par ailleurs, tout comme pour S2 (voir notre figure), dans Sn-N, les méridiens ne se touchent qu´au pôle sud S. Mais on pourrait imaginer aussi qu´il y a des objets plus biscornus, appelons-les Sn, où un flot continu le long d´axes "méridiens" irait toujours de Sn -N vers S, mais en se croisant d´une manière beaucoup plus compliquée, et pas seulement en S. Par définition, un tel Sn est une "sphère d´homotopie". L´hypothèse de Poincaré est l´assertion que pour un tel Sn, on peut toujours trouver encore un autre flot qui, lui, soit sans croisement ou empiètement (autre qu´au moment final, en S). Ceci signifierait aussi qu´on ne peut pas trouver des Sn autres que Sn. Cela veut dire par ailleurs que Sn -N = Rn.
Voilà 