Merci
c´est pas très long, par contre et il doit surement rester des fautes d´accord et de conjugaison. J´avoue ne pas m´être relut attentivement
L’horloge sonna onze heures, les coups retentissants dans le silence pesant de la nuit. La lune apparut brièvement, trouvant un mince espace dans le tapis nuageux, révélant de son éclat pâle une grande silhouette noire. Un cavalier. Il était vêtu d’une longue cape de voyage sombre et une capuche dissimulait son visage. Il s’avançait lentement dans la rue vide, les fers de sa monture résonants sinistrement sur les pavés. Il s’arrêta devant un bâtiment d’où émanaient des rires et des beuglements incohérents. Il hésita quelques secondes puis descendit de cheval puis flatta l’encolure de sa monture avant de l’attacher et de pénétrer dans la taverne bruyante. Les bruits se turent aussitôt et les regards se tournèrent vers cet étrange personnage. Il resta figé un moment dans l’embrasure de la porte, faisant peut-être le tour de la salle du regard. Puis il s’approcha du bar, ses pas retentissants comme ceux de son cheval, peu de temps avant. Les conversations reprirent peu à peu et quand il s’installa, elles avaient retrouvé toute leur intensité. Une femme, la gérante, s’approcha rapidement de lui pour prendre sa commande, d’un ton blasé.
-Donne-moi n’importe quoi qui puisse me réchauffer.
La femme écarquilla les yeux et resta sans voix. Puis elle se retourna pour prendre une bouteille en lançant :
-Bon sang, je ne t’avais pas reconnu avec cet accoutrement. Qu’est-ce qui t’as pris de t’habiller comme ça ?
Il ne répondit pas. Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et revint vers lui, un verre remplit à la main.
-Bois ça, ça va te requinquer, fit-elle avec un sourire.
Il prit le verre et bût une petite gorgée, toujours sans parler.
-Bon, j’ai de la soupe si tu veux, ça te dit ? Oui, bien sur, je reviens de suite…
Il se retourna vers la salle, le verre à la main. Il n’y avait pas grand monde : une dizaine d’ouvriers réunis et s’esclaffant sans arrêt, sans doute saouls depuis longtemps pour la plupart, et quelques voyageurs à une table un peu en retrait, plus calmes mais parlant tout de même trop fort pour être totalement sains.
-Tu penses à elle, c’est ça ?
Il sursauta et se retourna vivement vers la tavernière. Celle-ci avait un bol fumant à la main et un petit sourire compatissant.
-Je vois bien que tu es soucieux et je n’aime pas te voir comme ça. Je suis sure que c’est à cause d’elle, alors si tu veux en parler…
-Ne t’inquiète pas pour moi, j’ai eu une journée difficile, c’est tout.
-Très bien, répondit-elle en soupirant, sachant bien qu’insister ne la mènerait nulle part.
Elle posa le bol devant lui et alla à la rencontre d’un nouveau client.
Il s’approcha de son cheval et le détacha. Il lui caressa le chanfrein un moment, le regard perdu dans le vide. Le cheval se laissait faire sans broncher, les yeux mi-clos et respirant lentement.
-Rentre à la maison, je vais me promener un peu à pied avant de rentrer.
Le cheval ouvrit les yeux et hennit doucement. Son maître sourit et lui flatta l’encolure.
-Alors toi aussi, tu t’inquiètes pour moi ? Ne t’en fais pas, je serai rentré avant toi.
Il passa les rênes par-dessus l’encolure du cheval et les coinça. Ce dernier renâcla et le poussa doucement de la tête. Puis il se retourna et partit d’un pas tranquille dans la rue qu’ils avaient emprunté auparavant. La silhouette noire, immobile, le regarda disparaître à un coin de rue, avant de s’éclipser à son tour.
Il escalada péniblement une colline enneigée, respirant bruyamment. Un mal de tête lui vrillait le cerveau depuis qu’il avait quitté la taverne et il empirait à chaque nouveau pas. La douleur pulsait dans son cerveau au rythme de ses battements de cœur, rythme qui augmenté en même temps que la douleur. Il serrait les dents, pressé d’être chez lui et de pouvoir enfin se coucher et noyer cette souffrance dans le sommeil. Mais il ne devait jamais y arriver. Un poignard lui transperça soudain le cerveau et il hurla de douleur. Celle-ci disparue aussi soudainement qu’elle était venue et il s’effondra sur la neige blanche, haletant et transpirant. Incapable de se relever, il se mit à genoux pour reprendre son souffle. Mais aussitôt, un nouveau coup de poignard le mit à terre. Cette fois, la douleur ne disparut pas mais s’accrut, au contraire. Il hurla, vidant l’air de ses poumons, les yeux exorbités, les larmes dévalant ses joues. Il se saisit la tête des deux mains, et se soutient disparaissant, s’écroula dans la neige de tout son long. La douleur augmentait encore, oblitérant toute pensée. Il criait à en devenir fou. Bientôt, sa voix devint rauque, cassée, mais il continua. Il continua parce qu’il n’avait pas le choix. Il continua parce qu’il avait peur, aussi. Il sentait son corps tout entier se transformer peu à peu. Il sentait son visage s’allonger, changer de forme, il sentait ses membres se transformer, se repliant sous lui, il sentait chaque nouveau poil transpercer sa peau pour s’ajouter à une fourrure déjà fournie. Il fut bientôt capable de voir aussi clairement qu’en plein jour, mieux encore même, il fut bientôt capable d’entendre le bruit du plus petit insecte et les rires des ivrognes de la taverne, dans le lointain. Il entendit aussi ses cris se transformer, prendre peu à peu un son plus lisse, plus animal. Puis tout s’arrêta. Il resta allongé, essoufflé, prenant conscience avec horreur de ce qui venait de lui arriver. Link était redevenu un loup.