La période de migration automnale ne donne le plus souvent lieu qu´à des données plus ou moins éparses témoignant de passages relativement importants ( l´inverse est plus rarement signalé) ou qu´à des mentions d´espèces " rares" découvertes fortuitement ou à l´occasion de visites sur des sites traditionnels comme les plans d´eau. Il est vrai que l´observateur ne peut avoir, le plus souvent, qu´une vision très partielle de la migration. Les observations régulières en postes fixes - hors stations de baguage -, si elles restent des exceptions ( pour des raisons bien compréhensibles), ont toutefois tendance à se multiplier, fournissant des données particulièrement intéressantes sur les flux migratoires. Cette année, en plus du poste tenu depuis déjà plusieurs années par H. Dufourny à Angre/Angreau/Havay, et de plusieurs autres fréquentés régulièrement à Clermont-lez-Walcourt, Torgny, Mortehan, Morhet, Harzé... ( B. Hanus, M. Ameels, R. Dujardin, B. Molitor, R. Dumoulin...), il faut souligner la performance de l´équipe ( principalement M. Paquay, F. Dermien et E. Imbrex, du GTOF) qui a assuré une présence particulièrement importante toute la saison au poste de Sohier/Honnay, en bordure de Famenne. Outre une série d´observations de raretés, ces suivis permettent de mieux mesurer l´importance relative du passage des espèces courantes mais aussi de certaines que l´on considère comme rares, au moins à l´échelle régionale. On peut citer par exemple, pour Sohier, une Grande Aigrette, un Labbe à longue queue ( un autre a été noté à Rochefort), des Pipits rousselines et quelques totaux étonnants : plus de 1.700 Grands Cormorans, 136 Milans royaux, 22 Busards des roseaux, 175.000 Ramiers, 50.000 Pinsons des arbres...
Ce sont en fait les chiffres obtenus par ces observateurs réguliers qui marquent le plus cette chronique saisonnière. Car, en dehors de l´un ou l´autre score local étonnant, aucune espèce ne sort vraiment du lot et l´on retiendra surtout la liste, habituelle en cette saison, de raretés. Pour les oiseaux d´eau, notamment la présence des trois espèces de plongeons en Hainaut à la fin novembre, un groupe de 8 Cormorans huppés* en Brabant, une série, maintenant habituelle, de Grandes Aigrettes, surtout en Hainaut mais aussi en provinces de Namur et du Luxembourg, un Héron bihoreau, le retour des Cygnes sauvages dans la région de Roly et deux observations de Cygnes de Bewick à Harchies, une Bernache cravant à Dohan. Pas grand´chose par contre chez les canards, si ce n´est deux Fuligules nyrocas* et un Harle huppé. Quant aux laro-limicoles, leur passage fut assez réduit, surtout celui des bécasseaux. On notera tout de même quelques mentions de Pluviers guignards*, dont un groupe de 60 ex., un groupe de près de 900 Pluviers dorés séjournant une semaine fin novembre en Brabant, un Bécasseau tacheté*, une Mouette mélanocéphale*, une Tridactyle et quelques gros stationnements de Goélands bruns. Tout à fait inhabituel, deux observations tardives de Râle des genêts.
Si la migration du Pigeon ramier a été particulièrement forte ( à tout le moins bien perçue) en Famenne, elle a été qualifié de relativement faible ailleurs. Bien moins connue et sous-estimée, celle du Colombin fut par contre bien mise en évidence au moins à Sohier et à Havay, tandis que la raréfaction alarmante de la Tourterelle des bois se confirme.
Chez les passereaux, rien de bien particulier. Pipit des arbres et Bergeronnette printanière restent peu abondants, passage moyen, voire faible, pour la plupart des espèces, sauf les classiques plus abondantes : Alouette des champs, Pipit farlouse, Pinson des arbres... ainsi que Mésange noire. La rareté de plusieurs espèces de granivores, par rapport au Pinson des arbres, est assez étonnante. Au rayon des raretés figurent une Alouette calandre*, une première wallonne, des Pipits rousselines, trois Pipits à gorge rousse*, deux Pouillots véloces orientaux ( 1 abietinus* et 1 tristis*), un Pouillot de Schwarz* en Luxembourg, quelques Mésanges à moustaches, un Sizerin blanchâtre*, un Bruant lapon.
VOILA POUR LA MIGRATION