Je passe faire un tour sur le forum de Zelda TP, et mon regard s’attarde sur ces mots : « j’ai une fic les mec »
Devinant qu’il y a un véritable casse-dent derrière ce « titre » (difficile en effet de ne pas sentir la présence du monstre tapis dans l’ombre de ce titre… « original » [façon polie de dire « faisant preuve d’un manque de goût manifeste, entrainant par là un ridicule évident », n’y voyez aucun compliment]), je fais fi de la faute que ce dernier contient et me jette à corps perdu dans la lecture.
Mes yeux sont alors immédiatement agressés par ces mots :
« salut je met la suite demain mai dabor voici les regle:
pas d´insulte ou retardemen de fic »
Nous avons donc là pas loin de six fautes ainsi qu’un non respect des conventions d’écriture. Est-ce vraiment un auteur que nous avons là ? On se le demande. Mais bon, aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai vu pire, donc je vais passer outre (pour l’instant du moins).
Notons juste au passage qu’il n’y a aucun intérêt d’établir des « règles » pour une fic étant donné qu’il n’y a, à priori, qu’un seul auteur. Les autres ne participent donc pas et n’ont ainsi, dans la logique des choses, aucune règle à suivre (si ce n’est celles déjà indiquées par la charte des forums, cela va sans dire).
« Pas d’insultes », n’est-ce donc pas un principe que nous sommes déjà censés respecter sur l’ensemble des forums de jeuxvideo.com ? Pourquoi donc le rappeler ici ? D’autant plus qu’il n’y a qu’un principe rappelé et non l’ensemble de la charte. Décision pour le moins étrange donc.
« ou retardement de fic »… Ah, parce qu’on peut t’empêcher de la poster et te retarder dans ton travail peut-être ? Tu m’expliques comment on s’y prend ? Je suis curieux de savoir (si si, vraiment).
Nous sortons donc du registre pathétique pour passer au comique désormais :
« j´ai l´air bete jai pas de titre
»
Je ne te le fais pas dire ! Surtout que tu as été capable d’écrire « j’ai » de deux façons différentes dans une même phrase. Si tu avais commis la même faute deux fois de suite, ça aurait été à la rigueur compréhensible, mais là… Disons qu’il est difficile de te trouver une excuse sur ce coup.
Mais laissons cet aparté (plus long que ton prologue, je tiens à le préciser) de coté et attardons nous sur le prologue en lui-même.
Ciel ! Mais comment t’as fait pour rater la présentation d’un prologue ? T’enchaîne ça directement au beau milieu de ta phrase, comme si c’était une remarque comme une autre ! Mais revient au moins à la ligne pour commencer, c’est quand même le début d’une histoire ! Surtout que…
« dans une plaine geler et desertique rien quand... soudain un trou noir aparait et 3 persone en sortir .
-rend toi traite!!! »
Alors, pour commencer :
Plaine gelée
Désertique
Apparaît
Personnes
Sortirent
Bon, ça c’était le côté conjugaison et orthographe.
Après je pourrais continuer en critiquant longuement la syntaxe, le manque de description, ainsi que les raisons qui auraient dû te pousser à écrire « trois » de toutes lettres, ou même le fait qu’un seule et unique point d’exclamation après traître (oui, il y a un « r » après le deuxième « t » du mot aussi, sinon tes personnages sont des fermiers parlant d’une vache), etc. Mais si je m’arrêtais à chacune de tes phrases pour en noter un part un tous les défauts, je pense que demain j’y serais encore (pourtant, que c’est court ! Mais comment fais-tu pour mettre autant de défauts dans si peu de texte ? Rassure-moi, tu l’as fait exprès au moins ?)
Remarque : les trois personnages semblent arriver ensembles mais pourtant deux d’entre eux semblent en vouloir au troisième. N’aurait-il pas été judicieux d’en faire apparaître un d’abord, puis que les deux autres n’arrivent « à sa poursuite » ? Et si c’est effectivement comme ça que tu imaginais la scène, alors pourquoi ne pas l’avoir signalé dans ton récit ?
Ensuite, lorsque les personnages parlent… Qui dit quoi ? Non parce que là, on en a un peu aucune idée. Tu aurais par exemple pu faire…
« Rend-toi, traître ! lança le bisounours
- On va devoir utiliser la force » fit remarquer le schtroumpf.
A noter que tu n’as pas décrit tes personnages lors de leur arrivée, je peux donc me permettre de les imaginer ainsi.
« les deux autres tirent leur épée »
Oui alors si tu es au passé simple, je pense que le verbe correctement conjugué est « tirèrent ». As-tu vraiment 13 ans ? Non parce que le passé simple il me semble qu’on l’apprend vers le CM2 ou quelque chose comme ça…
« il lanca une boule de feu _et_ un chateau de glace emerga du sol _et_ il se diriga ves le chateu.
_et_ il murmura »
Je ne m’attarde pas sur les fautes là encore, juste sur le mot « et » (mais ça, je pense que tu l’auras compris, du moins je l’espère). Disons que ça fait un peu… comment dire… répétitif, lourd, mal rythmé, tout ce que tu veux. La virgule, tu connais ?
« et lancit un rire démoniaque »
Apothéose ! J’ai l’honneur de t’annoncer que tu ne sais pas conjuguer correctement un verbe du premier groupe au passé simple !
Ce temps te fait visiblement défaut, tu devrais le travailler un peu (beaucoup).
Quant aux autres (trop) nombreuses fautes que tu commets, la majorité d’entre elles auraient pu être corrigées simplement avec word. Tu le travailles comment ton texte dis moi ? Laisse-moi deviner : t’es encore une de ces personnes qui se prend pour un génie littéraire et se permet d’écrire « au feeling » directement pas l’interface de réponse de JV.com, sans avoir au préalable utilisé un quelconque correcteur orthographique ni pratiqué une simple relecture dans le but de s’assurer de ne pas avoir laissé trop de fautes ?
Je vais t’annoncer une grande nouvelle mon gars, c’est loin d’être ton cas, alors cesse de rêver et mets-toi au travail. Un bon auteur ne pense jamais que ce qu’il fait « suffit ». Il cherche toujours des défauts dans le but de les corriger pour s’améliorer. Pourquoi ? Parce qu’il a conscience qu’il écrit pour des lecteurs, et que sans ces lecteurs, il n’est rien. Par conséquent, il travaille un minimum ses écrits avant de les publier. Il créé des personnages, un univers dans lequel ils évoluent, et une histoire qu’ils vont vivre.
L’auteur est là parce qu’il rêve, imagine, et qu’il veut faire vivre son rêve aux autres. Et pour cela, il met tout en place pour que ça marche. Le bon auteur, c’est pas celui qui se dit un jour « tiens, je vais faire une fic » et qui l’aura posté dans les dix minutes suivantes dans le but de récolter des commentaires de fanboy style « L é tro bi1 ta fik, vit’ on ve la suit ».
Alors pose-toi tout d’abord la question suivante : « pourquoi est-ce que j’écris ? »
Selon la réponse, tu devras choisir entre arrêter avant que ça ne dégénère, ou travailler d’arrache pied (parce qu’il y en a du boulot) pour améliorer tout ça.