Je coure je ne sais plus pourquoi je coure mais une chose est certaine : je dois courir. Pourquoi courir ? Apparemment c’est pour éviter les tirs de plasma. Le vaisseau m’est inconnue et ma destination également mais je coure. D’ailleurs d’autres marines courent également en hurlant. Je suis blessé… mon bras se ballotte au bout de mon épaule. Comment est-ce arrivé ?
Des bribes de souvenirs me reviennent tandis que des tirs de plasma continuent de fuser en tout sens. Je me souviens…je me souviens : un assaut… deux assauts… trop d’assaut… c’est notre équipe qui fut prise par surprise cette fois-ci…. Finalement j’aurai préféré ne pas me souvenir de mes compagnons d’arme, de mes frères, tomber au sol sans même avoir eut le temps d’épauler leurs armes. Maintenant que je me souviens du regard suppliant que m’avait jeter ce jeune homme juste avant d’arrêter de respirer, je regrette les quelques instant d’amnésie causés par ma blessure. Certain d’entre nous, peut être beaucoup, ont réussit à s’échapper de cette embuscade. Je ne sais pas comment on pourra se regrouper dans l’avenir, je ne sais même plus si nous avons un avenir, pour l’instant ce n’est pas ma préoccupation première. Je n’ai plus que mon magnum… et quelques balles….
Mes jambes me font mal… mais je coure. Une bifurcation se présente devant moi… je prend à droite. Je jette un regard derrière moi trois grunts me poursuivent. Je me retourne et en tue un avec deux balles cela suffit pour stopper ces couards. Pas le temps de me réjouir je reprend ma course. Un autre choix s’offre devant moi… droite ou gauche… je suis déjà allé a droite… je ne veux pas tourner en rond et donc d’après une logique infaillible je prend a gauche.
Ma première sensation n’est pas la douleur mais… la surprise et l’incompréhension… et enfin la résignation lorsque je comprend que cette masse devant moi n’est pas un mur mais bel et bien un élite et que l’horrible sensation de chaleur dans mes intestins n’est pas l’effet du stress mais celui de l’épée à plasma que l’élite m’a enfoncé jusqu’à la garde dans le ventre. La douleur se fait de plus en plus intense jusqu’à ce que l’élite ayant compris que désormais je ne représente plus une menace retire son épée et me laisse tomber au sol avant de repartir en courrant sans doute pour traquer mes compagnons d’infortune.
Me voila au sol…j’ai un goût de sang dans la bouche, cela n’a plus d’importance. J’espère que mes camarades auront plus de chance que moi… mais j’en doute… réussir a se réunir alors que l’on n’a plus l’effet de surprise et que l’on est traqué comme des animaux ne sera pas une mince affaire, on…on… « ON » je dis « on » comme si je pourrais y participer… comme si j’avais encore une responsabilité… je pense avoir été un bon sergent… cela devrait suffire pour que je puisse mourir sans avoir à élaborer de stratégie…
La douleur se fait plus diffuse et je la ressens de moins en moins. Je ne vois pas ma vie défilé devant moi...dommage… je commence à avoir froid… j’ai de plus en plus de mal à… garder le… fil de mes pensées…
Je me dis une… dernière chose avant… de fermer les yeux pour la dernière fois… : j’aurai du tourner à droite.