Bon, eh bien voilà. Sans grand intérêt mais c´est la façon dont j´envisage les Brutes. Un peu à la manière de paras russes vétérans de l´Afghanistan
donc si vous devez me refiler une mission et que vous voulez me faire plaisir, mettez-moi dans un environnement qui s´y prête avec quelques dropships covenants remplaçant les Mi-24
Troisième période de la saison de la chasse / Monde natal des humains / Sibérie orientale
Les deux gunships Brutes descendaient le long de la vallée enneigée. Moins trente degrés, température idéale pour ces Brutes à la pilosité bien fournie. Juste assez frais pour leur rappeler leur planète natale, la colonie Brute Rodina...
-Le village est en vue, lieutenant, dit le pilote.
À ces mots, le sergent Krönk, sous-chef de l´escouade, assis les jambes dans le vide sur le bord du compartiment ouvert, vida d´une traite son bidon de Vloska et jeta le récipient vide par-dessus bord. Il aimait être sous acide pour les basses besognes. De nombreux mouvements combattants se terraient dans les montagnes, effectuant des attaques de guérilla sur les convois menant à une base covenante proche. Les Brutes, particulièrement à leur aise dans ce climat, avaient été chargées de la mission, et désormais des patrouilles de deux vaisseaux sillonnaient la toundra. Un village avait été localisé ; peut-être un humain interrogé correctement pourrait-il cracher la position des partisans. Krönk arma son lance-grenades.
Les deux vaisseaux s´arrêtèrent à deux cents mètres en amont du village et se rapprochèrent du sol pour y déverser leurs troupes. Trois Brutes déployèrent une tourelle lance-grenades lourde alors que les autres soldats se dirigeaient vers le village au fond de la vallée.
Les cabanes de bois avaient été construites à la hâte. Le sifflement du vent entre les sapins avait dû camoufler le bruit des dropships, car des humains se trouvaient encore entre les habitations de fortune, courant à l´abri à la vue des extraterrestres. Le lieutenant, à la tête du groupe, en balaya deux de son lance-grenades et ordonna à ses troupes de se déployer, d´un mouvement las de la main. Krönk gloussa sous l´effet de l´alcool et courut dans une ruelle à la suite d´un autre membre de son espèce.
Güntenko, car c´était son nom, enfonça la porte d´une habitation d´un coup de pied et se précipita à l´intérieur. Krönk le suivit et se mit en position à ses côtés. Rien que des civils dans la pièce, une famille entière. Güntenko ne prit même pas plaisir à tous les éliminer avec sa carabine lance-pieux ; c´était la troisième fois aujourd´hui, et il rêvait d´un bon dîner bien chaud. Il sortit de la maisonnette et Krönk y lança une grenade incendiaire avant de sortir à son tour.
Entre deux baraques, une femelle humaine courait. Güntenko leva son arme et l´abattit. Ils défoncèrent une autre porte mais n´y trouvèrent personne. ils y mirent quand même le feu. Dans une troisième bâtisse, cinq humains, dont deux armés ; Güntenko se jeta sur le côté pour éviter une rafale, Krönk jetant vite une grenade presse-purée à l´intérieur. L´arrière de la bâtisse explosa, répandant des éclats de bois dans toutes les directions. Krönk jeta de nouveau un coup d´oeil ; entre les cadavres à moitié calcinés et criblés d´éclats de bois et de métal se trouvaient des caisses de munitions. Toutes bien scellées et bosselées. Krönk et Güntenko se regardèrent et éclatèrent de rire. Dire qu´ils auraient pu sauter avec si la grenade avait atterri un peu trop loin ! Krönk dit à son compagnon d´armes de ramasser une caisse pour en faire état au chef de meute.
-Allez, une dernière et on se barre.
La dernière bâtisse était remplie de meubles de fortune. Les Brutes y entrèrent pour en inspecter les recoins. Krönk donna un coup de pied dans un meuble, le défonçant. Güntenko, qui avait l´habitude, tira un coup en l´air ; la détonation fut immédiatement suivie d´un petit cri étouffé. Krönk souleva un semblant de paillasse recouvrant un lit et attrapa l´humaine qui s´était cachée là. Si ç´avait été une Brutesse, comme du temps de la Grande Guerre de Pacification sur Rodina, il aurait pu en faire quelque chose ; mais ce n´était qu´une humaine, et il y avait des limites à ne pas dépasser. Les ordres étaient de faire des prisonniers, de toute façon.
Les deux Brutes se dirigèrent vers la place du village, où le reste de l´équipe les attendait. Le reflet des bâtisses en flammes dansait sur le sol enneigé taché de sang où il fit s´accroupir sa prisonnière. Deux autres humains avaient déjà été capturés. Güntenko, pensant que c´était un de trop, tira son couteau de combat de son étui et s´apprêta à décapiter son humaine mais le chef de meute leva le bras. Il expliqua que le service de pacification avait besoin de plusieurs cobayes, au cas où plusieurs d´entre eux ne résistaient pas assez longtemps à l´interrogatoire. Il fut en revanche intéressé par la caisse de munitions, et Krönk expliqua où ils l´avaient trouvée. Sur ce, les dropships se posèrent à leur côté et les récupéra, avant de tournoyer autour du village en anéantissant les derniers restes de bâtisses avec leurs canons à plasma.
Krönk fit jouer les muscles de ses épaules. Cette fois, c´était fini. Il se demanda déjà si il ajouterai le cerf qu´il avait attrapé hier dans son potage, ou si il le garderai pour le petit déjeuner.