Nous étions partis depuis le nord-est de Manhattan et devions rejoindre les docks afin de s’occuper des bâtiments de guerre arrimés là. La traversée en largeur de la presqu’île ne devait pas nous prendre beaucoup de temps mais nous pouvions être retardé par une trop forte résistance humaine, ce qui aurait été ennuyeux car nous ne devions pas rester longtemps sur place.
Nous marchions dans les rues depuis quelques minutes sans avoir rencontré d’autre résistance que des gardes oisifs et des civils apeurés, que nous n’abattions pas lâchement, comme je l’avais précisé aux membres du petit groupe.
Nous étions finalement arrivés à proximité du « American Museum of Natural History » , situé lui-même à proximité de Central Park, lequel était encore occupé de trop nombreuses troupes et véhicules humains. Le sergent Gold´ee Bowomee ne s’était apparemment pas encore occupé de la zone, ce qui posait réellement problème car nous devions absolument traverser le parc pour ne pas perdre de temps.
Comme je scrutais les environs sans avoir dit un mot, le sergent Jiralhanae décida d’envoyer un de ses soldats en reconnaissance, sans que j’en fusse averti. Je ne m’aperçu que bien trop tard de l’avancée du Jiralhanae en danger de mort, car je venais de repérer le signal de Bowomee qui s’approchait de son objectif. J’essayai de crier au soldat de revenir, en vain, lorsque le pilote du Séraphin lança son assaut, noyant une bonne moitié du parc dans un torrent de feu, faisant disparaître le Jiralhanae. Il réapparu quelques secondes plus tard et ce qui restait du corps déchiqueté et carbonisé semblait remuer encore un peu. Je me retournai vers le sergent qui avait envoyé ce soldat à la mort et lui criai avec rage :
« Bon sang sergent, qu’est-ce qui vous a pris de donner cet ordre ? Je suis le seul apte à commander ici et vous voyez ce que vous avez fait en me désobéissant ? Vous êtes irresponsable et je devrais vous tuer dès maintenant pour donner l’exemple !
- Navré major, mais vous ne nous avez rien précisé, comment aurais-je pu deviner ? *il se retourna et murmura à voix basse* maudits Lekgolo, pourquoi leur donne-t’on le commandement ? »
C’en était trop, je fis un pas vers l’insolent Jiralhanae et lui assénai un formidable coup qui l’envoya s’écraser contre un mur, le tachant de sang sombre.
« Est-ce quelqu’un d’autre veut réfuter mes ordres ? Très bien, continuons, nous ne sommes plus loin du… »
Mais je fus coupé par une escouade humaine qui, alertée par l’assaut du Séraphin, avait fini par repérer notre position. J’ordonnai d’ouvrir le feu et tirai moi-même, tuant sur le coup deux humains, et arrachant le bras gauche d’un troisième. Les autres Covenants éliminèrent cinq primates supplémentaires mais nous perdîmes trois Unngoy et deux Kig-Yar durant le combat.
Voyant arriver des renforts ennemis, j’ordonnai la retraite et courus en direction des docks. Au passage, je donnai l’ordre à deux Unngoys de couvrir notre fuite, ce qui allait bien entendu être la dernière chose qu’ils feraient, mais cela nous permettrait de gagner du temps précieux. Finalement, nous atteignîmes un petit poste de défense humain abandonné et nous nous mîmes en position, armes levées en attendant nos poursuivants, qui arrivèrent presque aussitôt. Un Jiralhanae qui s’était emparé d’une tourelle humaine déchiqueta deux soldats ennemis pendant que je me occupai de trois autres. Finalement, lorsque le calme revint, nous repartîmes. Nous voyions déjà le fleuve depuis notre position, nous étions donc tout proche de l’objectif.
J’allai avancer lorsqu’un énorme bruit me fit me retourner. Apparemment, le capitaine Spector s’était occupé de sa mission avec succès, et l’imposant Empire State Building, qui d’après mes connaissances sur le monde humain, avait tenu debout près de six siècles, s’écroulait à présent dans un enchevêtrement de métal et de béton, libérant une quantité monstrueuse de poussière grisâtre qui enveloppa entièrement tout ce qui se trouvait sur un périmètre de plusieurs centaines de mètres.
L’opération se déroulait plutôt bien finalement. Nous rejoignîmes rapidement l’équipe de démolition qui nous attendait dans le hall d’un immeuble désaffecté. Nous étions parés à prendre d’assaut les docks mais il fallait encore nous assurer que les officiers supérieurs ne s’étaient pas enfuis. J’appelai le sergent Epsolee :
«Urla, tu m’entends ? Où en es-tu avec ton objectif ?
- Attendez major *une détonation se fit entendre* ça y est, j’ai éliminé les trois officiers, vous avez le champ libre.
- Très bien, merci. Va te trouver rapidement un abri, ça va chauffer par ici. »
Mes équipes regroupées, je pus enfin lancer l’assaut sur les docks.
Ceux-ci étaient disposés de la façon suivante :
http://img212.imageshack.us/img212/5049/plandocksfs4.jpg
(Les bâtiments de guerre ennemis étant représentés en orange et leur poste de commande en rouge.)
Nous commençâmes par ouvrir le feu sur le poste de défense humain dont les tourelles pouvaient infliger quelques dégâts. La destruction de l’Empire State avait eu l’effet espéré : la diversion ainsi crée avait quelque peu perturbés et dispersés les soldats ennemis présents dans la zone et le poste de défense était peu occupé. Sa destruction, ainsi que celle de tous ses occupants nous fut aisée, j’ajoutai au passage sept soldats à mon tableau de chasse. Les hommes d’équipage qui étaient en train de travailler sur les bâtiments de guerre furent naturellement alertés par le vacarme de la fusillade et commencèrent à s’activer en tous sens. Je pris quelques secondes pour les observer : certains d’entre eux criaient des ordres qui m’étaient compréhensibles, apparemment ils avaient l’intention de lever l’ancre prématurément, car leurs systèmes de défense n’étaient probablement pas opérationnels.
Il ne fallait pas que les bâtiments nous échappassent, j’ordonnais donc d’ouvrir le feu sur le destroyer qui était sur le point de quitter son quai d’entretien. Des armes conventionnelles n’auraient jamais entamé la coque du vaisseau mais un tir soutenu de canons à combustible tenus par deux Lekgolo et trois Unngoy suffit à endommager le pont supérieur du poste de commande. Les navigateurs avaient certainement dû être tués car le vaisseau s’immobilisa soudainement, bloquant la route d’une frégate qui essayait elle aussi de quitter le port. Bien que l’escorteur n’avait pas atteint une vitesse très élevée, le choc fut violent et le petit bâtiment s’écrasa contre la masse du destroyer, le faisant tanguer dangereusement puis finalement se retourner entièrement. La plupart des hommes d’équipage du bâtiment de guerre s’étaient jetés à l’eau et arrivaient à s’échapper en nageant mais une partie d’entre eux furent littéralement écrasés par la gigantesque masse du destroyer lorsque celui-ci se retourna sur lui-même
La coque de la frégate avait été endommagée par le choc et les chambres à vide du bâtiment commencèrent à se remplir d’eau, augmentant dangereusement le poids du vaisseau et le faisant lentement couler.
Je participais à l’envoyer par le fond en tirant sur les parties endommagées de la coque, créant ainsi de nouvelles brèches par lesquelles s’engouffrait plus d’eau encore.
Le sous-marin qui était à quai avait malheureusement réussi à s’échapper sans que l’on n’ait pu faire grand-chose pour l’arrêter, toutefois il restait encore quelques bâtiments, totalement à notre merci étant donné qu’ils n’étaient pas en état de se mouvoir et les rares hommes qui avaient saisis des armes avaient été rapidement neutralisés. Quant aux autres, ils avaient lâchement fui…
Mes soldats purent donc poser leurs explosifs en toute quiétude pendant que je m’éloignais des docks ravagés et contactai mes troupes.
« Capitaine Spector, sergent Epsolee, au rapport, demandai-je.
- Ici le capitaine Spector. Je pense que vous avez pu constater par vous-même que ma mission est accomplie. Je suis en train d’embarquer dans le Phantom.
- Ici le sergent Espolee. Je suis tout près des docks, je vous rejoins.
- Parfait, je t’attends. Spector, n’oubliez pas de demander au pilote de passer nous prendre.
- Parce qu’il faut faire un détour en plus ? Et moi qui étais impatient de rentrer… A tout de suite major. »
Urla me rejoignit presque aussitôt que j’eus coupé la communication. Il contempla l’ampleur des dégâts infligés aux docks et aux vaisseaux qui l’occupaient et émit un sifflement.
« Et ben, vous n’y êtes pas allé de main morte on dirait. Ce genre de spectacle est on ne peut plus réjouissant.
- Ça a été un vrai plaisir je t’assure, répondis-je en souriant. Allez, on rentre à la base.
- Retourne-t’on à Zürich ?
- Non, pendant notre opération, la flotte du groupe primaire nous a installé une base flottante, sur l’océan Atlantique et ce, en un temps record. Nous utiliserons cette base temporaire pour orchestrer nos assauts sur l’Amérique du nord. Mais pour l’instant, allons nous reposer.
- J’avais peur que vous ne le disiez jamais major, répondit-il en souriant. »
- Fin de la transmission***
Personnelles : 36 Humains
Totales :
Humains : ~ 400 hommes
Covenants : ~ 25 soldats
Ouf, enfin terminé, j´suis soulagé 