Les autres comprendront très bien ça, pour ma part je tente toujours un HM, mais fini toujours à la corbeille.
samourai: merci pour ta patience. Ne te décourage pas ![]()
on aurait du mal a le croire mais je suis toujours présent ![]()
pareil pour moi ![]()
Juste un petit détail au niveau des couleurs d´armures en fonction des grades : on a reproché que les commandants des forces spéciales et classiques soient de la même couleur, mais en fait leurs couleurs secondaires changent. C gris pour les commandants specops et noir pour les Ultra.
Captain le précisionneur ![]()
ben vi comme ça tout le monde est content ^^
logique si c´est toi
![]()
En ce moment, comme popokill l´a dit, je suis occupé à Halo Conquérants ![]()
Silvermo, quand tu verras se message, pourrais-tu (si tu en as envis
me donner toutes les missions que je dois faire et si tu veux, toutes les missions de la Divine. J´ai un trou dans mes horaires et je plois moins sous la pression donc je veux essayer de remettre en marche la divine.
Merci, salut à plus!!!
En ce moment je bosse à Halo conquérants mais je vais voir
pour faire ce que tu demandes
ok merci j´attends ceci avec grande importance ![]()
J´espère que tous les membres savent faire preuve de patience et participeront lorsque la nouvelle mission sera postée.
En attendant, je vous encourage à écrire des hors-missions que je pourrais noter ![]()
tu attend que ça, hein popokilll?
![]()
Je dis ça pour vous occuper ![]()
Et accessoirement, pour me faire encore un peu la main sur les critiques de briefing (j´en ai fait que deux pour l´instant).
Mais je pense que vous n´aurez plus trop à attendre pour la mission, je ne peux pas être plus précis désolé.
Bon ben mes braves Covenants, vu que tout le monde a l´air de bien s´ennuyer je vais poster le début de mon récit officiel.
Il est long, et pas terminé... Désolé. Je m´y remettrai sous peu. D´ici là, j´espère que ça suffira à vous occuper ![]()
Ce n´est pas relu, je préfère mettre le temps que j´ai à consacrer à la Divine à profit pour terminer le récit. Mais j´espère que vous vous satisferez de ce brouillon
Matériel supplémentaire : /
Lieu : Dévotion
Objectifs : Le vaisseau est à nouveau entre nos mains, les prisonniers Unggoy ne le sont plus, et vous allez retourner enfin sur l´Intuition tandis que des troupes seront envoyées vers le Dévotion.
Vous êtes en route vers le Destroyer Intuition, à bord d´un vaisseau d´abordage, comme vos frères de race. Une quinzaine de Seraphins escortent cinq vaisseaux d´abordage, embarquant trois-cents Unggoy, douze Pilotes Sangheili et dix Sangheili des Forces Spéciales. À mi-chemin entre le Dévotion et l´Intuition, ce dernier est attaqué par l´ennemi, des frégates et croiseurs vous passent devant, accompagnés de nombreux Longswords. L´un d´entre eux vous repère et alerte d´autres Longswords proches, ils prennent en chasse vos Seraphins et Vaisseaux d´Abordage...
Vous recevez une communication d´un haut-officier Sangheili qui vous charge de pénétrer dans le croiseur ennemi le plus proche, entre deux phases de tir, quand son bouclier sera désactivé. Vous avez peu de chances de survivre, mais si vous y arrivez, sécurisez la zone aux environs des sas de secours, il faudra faire une percée dans les premières salles et tenir la position jusqu´à nouvel ordre.
Neuvième âge de la Réclamation, septième cycle, 78 unités de temps (calendrier de combat Covenant) / Révolution planétaire 2 (base de temps d´opération de la Divine Blade) / Coordonnées spatiales inconnues / Vaisseau d´abordage Abolition.
L´imposant vaisseau d´abordage de soixante-deux mètres de long glissait sans bruit dans l´espace, son escorte de chasseurs Séraphins dispersée autour de lui en une myriade de larmes lumineuses. Les deux pilotes Sangheili du vaisseau réglaient les commandes avec des gestes lents et mesurés. C´était une mission de routine. Et encore, il n´y avait aucun contact ennemi, aucune bataille... Ils n´avaient qu´à répéter les allers-retours entre deux vaisseaux. Le copilote étouffa un bâillement.
Les cinq vaisseaux d´abordage qui sillonnaient le court espace entre le transporteur d´assaut Devotion et le destroyer Intuition avaient pour objectif de rapatrier trois centaines de prisonniers Unggoy dans un environnement vierge de tout infidèle. Pour leurs pilotes, vétérans de la bataille pour la Terre, c´était presque une insulte.
Le capitaine ´Aldamee lâcha les commandes du vaisseau et fit craquer ses doigts en signe d´ennui. Son copilote remarqua ce geste et sentit monter en l´officier le désir refoulé de se trouver en plein coeur d´une bataille spatiale. C´était l´exacte vérité. ´Aldamee était également capable de piloter des chasseurs Séraphins... Une source de frustration supplémentaire alors qu´il devait commander cet imposant vaisseau d´abordage rempli de la pire race auquel les Prophètes avaient accordé l´absolution. Il aurait donné n´importe quoi pour se trouver ne serais-ce qu´à la place des pilotes qui l´escortaient à bord de chasseurs.
-Ici leader de l´escadron numéro un, les deux autres groupes nous ont rejoint. Mettez-vous en formation selon leur position.
Les doigts de ´Aldamee flottèrent au-dessus des commandes holographiques du vaisseau, et il pressa un disque lumineux pour confirmer la réception de l´ordre. Il laissa échapper un petit soupir en même temps. Tout cela était bien trop procédural pour lui.
Ce qui le fut moins fut le soudain miroitement de l´espace devant son vaisseau. Le capitaine ferma les yeux et les rouvrit, mais le miroitement était toujours là, et s´amplifiait même.
-Tu as vu ça ? Lui demanda son copilote comme pour confirmer son sentiment.
Soudain, de légers arcs électriques commencèrent à danser autour de cette parcelle d´espace flou.
-Leader escorte à toutes les unités, virez de bord ! Quelque chose s´apprête à sortir du sous-espace !
C´était donc ça. Le commandant ´Elsamee avait plus d´expérience que lui, et il avait déjà dû voir cela auparavant. Mais lorsque ´Aldamee entendit ses ordres, ce furent ses réflexes de soldat qui prirent le dessus sur la réflexion et le doute. Il fit brusquement suivre à son vaisseau une trajectoire en coude sans se poser davantage de questions.
Sous le ventre de son astronef, l´espace se déchira. Les arcs électriques devinrent des monstres quantiques entourant le nez d´un énorme croiseur de combat humain. Le vaisseau décéléra en passant dans l´espace normal. Son nez était directement pointé sur l´Illusion.
´Aldamee ne vit rien de tout cela, mais ses radars courte portée s´affolèrent soudainement. Quelque chose de gros était apparu à proximité, de très gros... Et le capitaine su de quoi il retournait lorsqu´il vit apparaître les autres.
L´espace s´ouvrit à nouveau devant le nez d´un autre croiseur humain, à vingt kilomètres seulement devant le vaisseau d´abordage de ´Aldamee. Puis un autre apparut plus loin, et encore un autre, puis des dizaines d´autres, tous le nez pointé en direction du destroyer Covenant. Ils formaient un anneau parfait autour de l´Intuition.
´Aldamee redressa l´assiette de son appareil pour éviter le gigantesque croiseur de combat qui était apparu devant lui. Il pressa ses commandes de toutes ses forces pour ne pas s´écraser sur le vaisseau sur lequel il se dirigeait à plus de dix mille kilomètres à l´heure. Le ventre de son vaisseau frôla la coque... Mais il rebondit brutalement sur quelque chose, comme un galet auquel on faisait faire des ricochets. Alors que rien n´était supposé se trouver à cet endroit.
La coque se déforma sous l´effet du choc et les écrans de contrôle de ´Aldamee s´illuminèrent de rouge. Le premier réflexe du Sangheili fut de désactiver toutes les alarmes qui lui vrillaient les tympans et qui affoleraient les passagers. Il désactiva les moteurs d´appoint ventraux qui avaient été broyés : il ne pouvait plus espérer faire des manoeuvres précises au millimètre. Il coupa également divers systèmes vitaux de secours et laissa son copilote inspecter les dégâts sur les écrans des caméras ventrales.
Le pilote souffla. Il laissa son vaisseau continuer sa route en ligne droite pendant qu´il épongeait son front -lorsqu´il s´aperçut que sa sueur n´avait pas eu le temps de couler tellement tout s´était passé vite.
En l´espace de quelques secondes, plusieurs choses étranges s´étaient déroulées, et elles gênaient fortement le capitaine. D´abord, il avait rebondi à quinze mètres de la surface d´un vaisseau humain. Ensuite, les ennemis étaient apparus directement en formation serrée, en un cercla parfait. Or les humains ne possédaient pas de matrices transluminiques assez précises pour faire cela, leur précision de saut était une affaire d´unités astronomiques...
Il laissa cependant l´analyse de ces faits aux spécialistes. Il retint simplement la chose qui était la plus susceptible de lui servir. Il ouvrit le canal radio tactique.
Le cockpit fut immédiatement envahi des paroles de plusieurs pilotes Sangheili. Si ce n´était pas de la panique, ça y ressemblait. Il essaya de lever la voix pour se faire entendre mais ne parvint qu´à ajouter de la confusion à ce chaos déjà complet. Il ferma le canal radio avec colère.
-Je crois que nous sommes seuls, grogna-t-il à son copilote.
-Mets le canal général en mode de recherche, je veux rester au courant de ce qui se passe.
-Entendu.
Le Sangheili réactiva sa radio tout en scrutant l´espace. Il regarda la position du reste du convoi sur son écran tactique : il s´en était éloigné. Il activa ses réacteurs et se rapprocha de la formation.
La respiration de Grunty Grutu s´emballa. Il tenta de chercher du réconfort parmi ses camarades, mais il ne croisa que des regards apeurés. Cette terrible secousse avait fait trembler ses os dans son corps. Un jeune soldat -de son âge, en fait, mais la perception de Grutu avait changé sensiblement ces derniers temps- s´adressa à lui, la voix tremblante :
-Chef, chef, qu´est-ce qu´il se passe ?
Grunty réalisa que rien ne serait comme avant. Il était chef maintenant, ce qui signifiait qu´il constituerai non seulement un exemple à suivre et un esprit supérieur pour ses Unggoy, mais aussi une source de réconfort capable de redonner du courage. Mais il n´avait jamais donné de courage à personne ! Quelques minutes plus tôt encore, il était exactement comme ce soldat apeuré... Et il l´était toujours, seul son grade avait changé. Il ne savait pas quoi répondre.
-Je... Je n´en sais rien, soldat, avoua-t-il.
Les yeux du Unggoy se remplirent encore davantage de détresse. Si son chef était dépassé par la situation, alors lui n´avait aucune chance de la comprendre.
La formation était totalement désorientée. Les vaisseaux humains étaient partout, leurs canons saillants. L´Intuition était lointain, au-delà de cette barrière apparemment infranchissable. Les vaisseaux d´abordage qui avaient tenté de continuer leur chemin depuis l´Intuition jusqu´au Devotion avaient été détruits. ´Aldamee scrutait l´espace à la recherche de toute menace ennemie. Il remarqua simplement que les vaisseaux ennemis ne tiraient pas sur le destroyer Covenant qui était leur objectif.
Mais soudain, son radar longue portée s´affola. De multiples contacts plus petits sortaient des croiseurs ennemis. Le canal tactique du convoi s´activa.
-Commandant ´Elsamee à toutes les unités, j´ordonne le silence radio jusqu´à nouvel ordre ! Nous avons des contacts ennemis ! Escortes : regroupez-vous autour des transporteurs, préparez-vous à engager l´ennemi !
´Aldamee s´inquiéta légèrement. Son vaisseau n´était pas armé. Il se contenta d´ouvrir le canal radio de la soute arrière.
-Accrochez-vous, soldats, nous avons des contacts ennemis... ça va secouer !
Les Longswords fendirent l´espace, se mettant en position tout en accélérant vers l´ennemi. Le vaisseau Covenant lâchait de nombreuses vagues de chasseurs, mais ils n´étaient pas leur objectif. L´escadrille Kilo devait s´occuper du convoi de vaisseaux d´abordage qui errai à l´extérieur de la formation. Des traînards, en quelque sorte. Mais le capitaine Wrangler ne refusait jamais une mission quand il s´agissait de casser du Covenant.
-Kilo-leader à toutes les unités : chargez vos armes, contact dans deux minutes.
Cette affirmation était à moitié stupide : toutes les armes étaient déjà prêtes à faire feu. C´était un simple rappel pour la forme. Comme un toc, Wrangler regarda en direction de la pointe de son aile bâbord qui avait été endommagée durant un bombardement sur une base Covenante. Il chassa de son esprit les images de Grunts en flammes tentant de s´échapper pour se concentrer sur la mission.
À sa gauche, son opérateur système effectuait les derniers réglages sur les armes et missiles du chasseur. Il afficha un schéma électronique de la formation ennemie et de l´escadrille Kilo sur l´écran principal du capitaine. Les ennemis étaient vingt deux, pour une majorité de chasseurs. Eux étaient sept. La chasse allait être bonne.
-Commandant ´Elsamee à tous les chasseurs du groupe un et deux : décrochez, je répète, décrochez de la formation, et suivez-moi ! Les autres, continuez et attendez les ordres.
Le Séraphin du commandant effectua un élégant demi-tour, rapidement suivi par dix autres chasseurs, leurs réacteurs laissant des traînées bleues ionisées dans leurs sillage. Désormais, le capitaine ´Aldamee avait le commandement des vaisseaux d´abordage et des cinq chasseurs qui les escortaient. Mais il n´avait pas d´ordres, pas d´endroit précis où aller ; il savait juste qu´il était hors de question de retourner à bord de l´Illusion, et qu´il ne serait guère utile de rebrousser chemin vers le Devotion.
Les dix vaisseaux restants à bord de la formation continuèrent donc leur route en ligne droite, à cent cinquante kilomètres au-dessus de la surface de la planète morte qui constituait le seul astre dans l´espace environnant. ´Aldamee réfléchit un instant à se poser à la surface, mais rejeta finalement l´idée : il risquait d´endommager son appareil sur la surface criblée de cratères de la planète, voire de dépressuriser la cabine ; ils constitueraient des cibles trop faciles ; seuls les pilotes étaient équipés de combinaisons spatiales.
Une légère secousse ébranla soudain le vaisseau et un moniteur se mit à clignoter.
-La conduite d´alimentation du réacteur principal à claqué, dit le copilote. On perd de la puissance !
Deux autres écrans s´illuminèrent.
-Les propulseurs d´appoint postérieurs bâbords ont été soufflés, ajouta le copilote.
-Par les Prophètes, dit ´Aldamee, cet engin est en train de se transformer en une véritable brique volante !
La légère explosion avait imprimé un mouvement giratoire au vaisseau tout entier, mais il ne restait que deux moteurs de correction pour stabiliser le vaisseau. ´Aldamee le fit remarquer à son copilote.
-C´est le moment ou jamais d´utiliser nos réacteurs, répondit le copilote, mais j´ai peur qu´on doive les vider entièrement.
-Occupe t´en, coupa ´Aldamee. Charge-toi de nous stabiliser. Pendant ce temps, je vais essayer de contacter le commandement.
Les dix chasseurs Séraphins zébraient l´espace à plus de vingt mille kilomètres à l´heure. Le commandant ´Elsamee luttait pour conserver la formation ennemie au centre de ses moniteurs. Assit, presque allongé sur son siège de pilotage, il regarda furtivement les appareils situés à ses flancs sur la reconstitution holographique que lui fournissaient les caméras panoramiques situées sur la coque de son chasseur. C´était un système optique bien meilleur que celui des humains, qui était constitué par une simple vitre. À bord des appareils Covenants, le pilote unique pouvait voir impeccablement à l´extérieur de son chasseur tout en étant recouvert par une épaisse couche de blindage.
Les deux formations ennemies se fonçaient dessus à une vitesse colossale. Il n´était pas même certain qu´elles puissent se tirer dessus lors de ce premier passage, mais les Séraphins du commandant pourraient ensuite effectuer un demi-tour et prendre en chasse les appareils humains.
Le risque que deux chasseurs puissent se percuter durant le croisement était faible, mais si cela se produisait, le choc anéantirait totalement les deux vaisseaux.
-Armez vos torpilles et vos canons, grogna ´Elsamee. Soyez prêts à brûler les infidèles !
Les chasseurs humains étaient plus gros et plus puissants que les Séraphins, et leur pilotage nécessitait deux hommes, mais les Séraphins avaient l´avantage du nombre et de la maniabilité. Leur petite taille et leur plus faible tonnage leur permettait d´effectuer de rapides manoeuvres d´évitement, des demi-tours et des loopings que les Longswords mettaient plus de temps à accomplir. Ainsi, à dix contre sept, la bataille était tout de même équilibrée.
Sur l´écran tête haute de ´Elsamee, les symboles indiquant la distance relative de la formation ennemie défilaient à toute allure. Mais il ne restait que quelques kilomètres. Sur un autre hologramme, il vit que le reste du convoi, les vaisseaux d´abordage et leur escorte, s´éloignaient rapidement dans la direction opposée. Mais cela ne le concernait plus. Il vérifia par trois fois que ses canons à plasma étaient prêts et se prépara mentalement au contact.
Il contracta ses mandibules sur son palais en signe de crispation et resserra sa prise sur les commandes de ses armes. Plus que dix kilomètres. Autrement dit, rien.
Les appareils Covenants croisèrent la formation ennemie à quelques centaines de mètres près en déchaînant toute la puissance de leurs canons. Les humains firent exactement la même chose, tout en sachant que ce gaspillage de munitions était inutile. Même un pilote parfaitement entraîné ne pouvait toucher un cible accélérant sur lui à plusieurs milliers de kilomètres à l´heure... Si ce n´était grâce à la chance pure.
Les projectiles des deux camps se perdirent dans l´espace, mais les Séraphins réagirent immédiatement. Ils effectuèrent d´élégants demi-tours avant de se regrouper pour prendre les vaisseaux humains en chasse. ´Elsamee sollicita toute la puissance de ses réacteurs pour rattraper les infidèles.
Ceux-ci ne se firent pas prier longtemps pour réagir à leur tour. Alors que les trois vaisseaux du milieu de la formation ennemie continuèrent leur route en ligne droite en accélérant, les appareils se situant à l´extérieur virèrent brusquement de bord. Les imposants chasseurs croisèrent à nouveau les séraphins, mais cette fois sans tirer une rafale... Ils avaient simplement largué un véritable réseau de mines spatiales Moray.
Les vieux réflexes de vétéran du commandant ´Elsamee précipitèrent ses mains sur les commandes de direction de son vaisseau dès que les alarmes de collision retentirent dans son cockpit. Il cabra immédiatement son appareil et accéléra pour échapper au bombes humaines ; deux chasseurs Covenants n´eurent pas cette chance. Ils explosèrent au contact des mines, complètement désintégrés. Les radiations et la vague soudaine de radiations que cela engendra agirent comme une véritable onde de choc qui frappa de plein fouet le Séraphins se trouvant entre les deux chasseurs qui avaient été détruits. Les réacteurs du vaisseau furent broyés et ses stabilisateurs principaux furent arrachés de sa coque. L´appareil continua sa course en tournoyant sur lui-même, totalement hors de contrôle.
Lorsque trois contacts de l´escadrille disparurent de l´écran tactique de ´Elsamee, celui-ci enragea. Il saisit rageusement les commandes et fit demi-tour, pour poursuivre les vaisseaux humains. Il donna ses ordres à ses Sangheili.
Les Séraphins virèrent de bord et se mirent en formation autour de son appareil. Ils esquivèrent soigneusement les mines restantes, qui étaient programmées pour les poursuivre mais qui étaient bien trop lentes. Les Covenants virent alors que les humains s´étaient à nouveau divisés en deux groupes de deux : deux des Longswords continuaient leur route tout droit, poursuivis par les séraphins, alors que les deux autres avaient viré de bord et se dirigeaient droit sur la formation de ´Elsamee. Le commandant ne sut pas trop comment réagir. Mais le temps pressait, et il décida de jouer au même jeu que les humains : un groupe de quatre se préparerai!t à intercepter les ennemis qui leur fonçait dessus et un groupe de trois poursuivrait les deux Longswords restants.
-Wort, wort, wort ! Cria finalement le commandant dans le canal de communication.
Les vaisseaux allaient donc continuer de jouer au loup, effectuant demi-tour sur demi-tour jusqu´à ce que l´un des deux camps soit annihilé.
Le trieur de canaux radio trouva soudain un message prioritaire du commandement du destroyer Intuition, et la radio du cockpit du vaisseau d´abordage de ´Aldamee s´alluma.
-Vaisseau d´abordage Abolition, ici le haut commandement du destroyer Intuition, dit une robuste voix de Sangheili. Me recevez-vous ? À vous.
´Aldamee bondit littéralement sur la radio, son copilote étant occupé à stabiliser le vaisseau.
-Haut commandement, ici Abolition. Je vous reçois. Vous avez des nouvelles pour nous ? À vous.
-Abolition, vous êtes les seules troupes que nous avons actuellement à notre disposition en dehors du périmètre imposé par les humains. Le Devotion a... Un problème.
-Quel genre de problème ? Questionna ´Aldamee, oubliant tous les protocoles militaires habituels.
-Ce n´est pas votre affaire, coupa le Sangheili. Nous avons une mission à vous confier. Vos vaisseaux sont-ils en état d´effectuer un abordage ?
´Aldamee hésita avant de répondre. À vrai dire, ils étaient relativement opérationnels, mais une partie de leur escorte avait quitté la formation, et son propre vaisseau était endommagé. Mais un Sangheili ne refusait jamais une mission, même si cela signifiait la mort pour lui ; il mentit donc.
-Affirmatif.
-Bien. Alors écoutez attentivement. Nous sommes abordés et encerclés par les humains, mais nous avons un plan pour nous sortir de là. Vous l´expliquer serait long, et nous manquons de temps, je ne vous l´expliquerait donc pas en détail. Je vais simplement vous donner votre rôle dans l´opération. Il est simple : vous devez aborder le vaisseau le plus proche de votre position, peu importe lequel.
´Aldamee pensa que cet officier Sangheili devait revoir sa définition du mot "simple". Mais il devait parler en complexité.
-Ces vaisseaux humains sont d´un genre nouveau, continua le commandant.
-Je sais, commandant, dit ´Aldamee. Ils disposent de boucliers d´énergie.
-C´est exact. Mais vous n´avez sans doute jamais été formé à aborder un vaisseau Covenant...
-Ce n´est pas tout à fait vrai, commandant. Nous connaissons les failles de ce type de défense, et comment les exploiter. On nous forme à toutes les situations possibles.
-Parfait, je... (la voix d´un autre Sangheili se fit entendre, en fond, et le commandant lui répondit. La bataille n´avait pas l´air de se passer très bien)... Excusez-moi. Nous avons des problèmes, ici, je vais devoir faire court. Comment comptez-vous donc contourner le bouclier ?
-Nous pouvons tenter de nous infiltrer à l´intérieur lorsque leurs batteries de canons ouvriront le feu. Leurs boucliers seront abaissés à ce moment-là autour des canons. Mais c´est très risqué.
-Je sais. Nous pensions à la même chose. Pensez-vous être à la hauteur ?
Avec une brique volante pareille, avec pour seuls moyens de propulsion des réacteurs auxiliaires endommagés, il aurait été plus aisé de chercher une aiguille dans une botte de fourrage à Unggoy.
Mais c´était possible. Pour trouver l´aiguille, il suffisait de faire brûler le fourrage et de passer un aimant dans les cendres.
-Nous mèneront cette mission à bien, commandant. Comptez sur nous.
Le copilote de ´Aldamee foudroya ce dernier du regard. Il était courageux, mais pas suicidaire.
-Bien. Vous aborderez le vaisseau où bon vous semblera, mais vous aurez de meilleures chances près des hangars et des sas, les seuls endroits non blindés et de sécurité moindre. (Quelqu´un appela à nouveau le commandant, et celui-ci fut contraint d´achever son discours) Bon, je dois vous laisser. Une fois à bord, sécurisez une zone de déploiement et tenez la position jusqu´à nouvel ordre. Bonne chance, capitaine.
La liaison fut coupée avant que ´Aldamee puisse dire quoi que ce soit.
-Les batteries de canons ? Avec tout le respect qui vous est dû, c´est de la folie, capitaine. J´ai loupé toutes mes simulations à l´entraînement.
-Moi aussi. Mais là n´est pas la question. Nous allons réussir, cette fois.
Le capitaine Wangler pilotait des Longswords depuis plus de dix ans, et il dirigeai son chasseur sans quasiment regarder ses instruments ou ses commandes. Il pilotait par instinct. Seul comptait l´objectif, il oubliait le reste.
En l´occurrence, il pensait uniquement à accélérer vers sa cible. Ses doigts pianotaient sur les claviers de contrôle de son vaisseau, faisant entrer ses réacteurs en postcombustion. Il dirigea plus de carburant vers ses moteurs et passa en tête de la formation de trois Longswords qui prenait le convoi de vaisseaux d´abordage ennemi en chasse. Par-delà la ligne de Séraphins ennemis qui formait une barrière de sécurité, les cinq gros vaisseaux d´abordage Covenants lui apparaissaient comme un groupe de bonnes dindes bien grasses qu´il pourrait abattre sans craindre de riposte. Ce serai un véritable plaisir, après ce que les Covenants avaient fait au Devotion.
Mais il s´arrêta. Il n´était jamais bon de trop se projeter dans l´avenir... Il espérait tout d´abord survivre aux Séraphins.
Lorsque son appareil fut à cinquante kilomètres de l´ennemi, les chasseurs Covenants d´escorte se divisèrent. Trois d´entre eux décrochèrent et accélérèrent en direction des Longswords.
C´était une tentative de diversion désespérée. Aucun chasseur Covenant ne pouvait espérer attaquer des vaisseaux humains à nombre égal et survivre.
C´était du moins ce que lui avait appris son expérience ; dans la pratique, certains pilotes extraterrestres talentueux s´étaient révélés être de grands combattants. Cela était en partie dû à leur nature fanatique et quelque peu kamikaze : ils n´hésitaient pas une seconde avant de se sacrifier pour leurs Dieux et/ou leurs Prophètes. Les Covenants étaient de redoutables et dignes adversaires, et Wrangler aimait ça.
Il activa le canal radio de son équipe de deux Longswords.
-Leader Kilo à toutes les unités : contact ennemi en approche. Préparez-vous à livrer bataille, les gars, mais gardez à l´esprit que ceci n´est qu´un diversion. Notre véritable objectif n´est pas là.
Les pilotes confirmèrent l´ordre.
Les Séraphins arrivaient rapidement. Wrangler déverrouilla la sécurité de ses missiles ASGM-10, leurs têtes chercheuses s´activant.
La tactique la plus efficace pour abattre des appareils ennemis était de les prendre en chasse. C´était la procédure standard, la plus sûre, celle qu´avait adopté l´équipe de Longswords qu´il avait laissée en arrière. Mais cette fois, ils n´avaient pas le temps.
L´ordinateur de bord lui proposa une solution de tir pour ses missiles. Il la valida, et passa les commandes de tir à son opérateur système. Wrangler put ainsi se concentrer sur le pilotage alors que le lieutenant Mitchell faisait jouer son réticule de visée sur son écran tête haute. Les mots "CIBLE ACQUISE" suivirent le réticule, jusqu´à ce que ce dernier pivote sur lui-même et clignote, émettant un "bip bip" stressant. Les mots "CIBLE VERROUILLÉE" remplacèrent les précédents.
Et l´ennemi n´était plus qu´à deux cents mètres.
Deux panaches de fumée apparurent sous le ventre du Longsword. Les missiles ASGM-10 jaillirent de leurs tubes, chevauchant des colonnes de flammes jumelles qui les propulsaient à plusieurs milliers de kilomètres à l´heure en direction de leurs cibles. Quatre autres fusées provenant des autres chasseurs se joignirent à eux.
Sur les flancs des Séraphins ennemis, des orbes lumineux chauffés à blanc jaillirent de leurs puissants canons lance-torpilles.
Les projectiles humains et Covenants se croisèrent à mi-chemin de la distance séparant les chasseurs, déviant mutuellement leur trajectoire avant que les armes se stabilisent à nouveau.
Une fraction de seconde plus tard, ce fut l´impact.
L´une des deux cibles de Wrangler reçut son missile en plein centre malgré une tentative d´esquive malheureusement trop lente. Les dizaines de kilogrammes d´explosif que contenait la fusée détonnèrent en même temps, annihilant totalement l´appareil et son pilote. Les deux torpilles à plasma qu´il avait tirées se fragmentèrent et disparurent dans l´espace, les générateurs de champs magnétiques qui les guidait ayant été détruits.
Le second chasseur Covenant effectua une élégante et efficace série de loopings, évitant brillamment le missile de Wrangler et les deux autres tirés sur lui par les deux autres Longswords. Ce dernier continua sa route dans l´espace, en ligne droite.
Le dernier appareil ennemi fut atteint par deux ASGM au même instant. Il était peu probable que quelqu´un puisse un jour retrouver ne serais-ce qu´un morceau de moteur de cet astronef.
Mais la contrepartie fut horrible à vivre pour le capitaine Wrangler. Celui-ci vit avec horreur le chasseur situé à bâbord du sien être atomisé par trois torpilles à plasma. L´enseigne Herbert et le sous-lieutenant Takamoto disparurent dans une effroyable explosion bleue.
Wrangler hurla sa douleur et se mit immédiatement à chercher le survivant ennemi des yeux. Il n´eut aucun mal à le trouver : il lui fonçait droit dessus. Lui aussi avait quelqu´un à venger.
L´opérateur Mitchell arma immédiatement un autre missile ASGM et le programma en vitesse sur la solution de tir calculée par l´ordinateur de bord. Il approcha sa main de la commande de tir, serrant les dents.
Mais déjà, les flancs de l´appareil ennemi s´illuminèrent de rouge. Les canons traversèrent toutes les couleurs du spectre de la lumière visible jusqu´au blanc et deux torpilles à plasma surchauffées jaillirent dans l´espace. L´autre Longsword encore en état de combattre de l´équipe avait été touché par une torpille lors du premier échange de tir, et son équipage essayait toujours de stabiliser le vaisseau : Wrangler et Mitchell étaient seuls. Voyant les projectiles Covenants lui arriver droit dessus, Wrangler n´eut que le temps de faire le geste ancestral de protection humain, développé par ses ancêtres depuis la préhistoire mais qui lui était totalement inutile dans une pareille situation : il croisa ses bras devant son visage.
Une terrible secousse ébranla le vaisseau. Des voyants lumineux se mirent à clignoter dans le cockpit, diverses alarmes retentissant en même temps.
Wrangler se redressa subitement, se demandant ce qu´il se passait. Il était encore vivant... Mais pourquoi ? Il avait trop à faire pour y réfléchir. Il s´activa à maintenir son vaisseau opérationnel.
Il coupa les conduits perforés, ventila les compartiments en surchauffe et désactiva les systèmes en panne qui transformaient son tableau de bord en sapin de Noël pour rien.
Puis il regarda son écran radar : il n´y avait plus aucun contact.
Lorsque l´autre Longsword de l´équipe parvint à se stabiliser et à le rejoindre, il expliqua tout au capitaine. Le second missile qu´avait tiré Wrangler avait tout simplement continué à garder sa cible en mémoire. Il avait tracé une courbe de près de cent kilomètres et était revenu en direction du Séraphin. Et cette fois, il l´avait atteint.
La secousse était due à la moitié d´épave restante du chasseur Covenant, qui leur avait rebondi dessus.
Les vaisseaux d´abordage prirent un virage à quatre-vingt degrés et entamèrent leur course vers le vaisseau humain le plus proche. Ils étaient cinq, plus les deux Séraphins qui était censés leur servir d´escorte, mais qui ne seraient qu´une distraction pour les humains. La diversion ne se passait pas très bien.
C´est pour cela que ´Aldamee avait décidé de jouer la carte de la rapidité : il leur fallait agir vite. Son vaisseau était plus lent que les autres, mais il estimait qu´il pouvait encore tenir bon.
Le vaisseau humain le plus proche était un croiseur. En réalité, un destroyer était encore moins éloigné, mais il était peu probable que le convoi de vaisseaux d´abordage survive face à ses canons. Des pilotes très talentueux pouvaient le faire, mais ´Aldamee avait décidé de ne pas trop pousser sa chance.
Le croiseur, donc, mesurait approximativement un kilomètre de long et était situé à environ cinq cents kilomètres des vaisseaux d´abordage. Comme tous les vaisseaux humains qui encerclaient l´Intuition, son nez était pointé en direction du destroyer Covenant, et ´Aldamee ne pouvait voir que les deux énormes tuyères de son réacteur à fusion. Il activa le pilotage automatique et appela le commandant ´Elsamee, chef de l´escorte de Séraphins. Il saisit le terminal radio de son poste, son copilote étant occupé à expliquer la mission aux autres vaisseaux, et composa la longueur d´onde correspondante.
Il n´entendit que de la friture.
´Aldamee en comprit la cause, mais il ne voulait pas le croire. Après tout, peut-être que seule la radio du commandant était hors-service. Il tenta de joindre son subalterne direct, l´officier ´Odamee.
Même chose. ´Aldamee raccrocha violemment.
Son regard se tourna en direction de l´écran de ses radars longue portée. Soit sa portée n´était pas assez grande, soit il n´y avait plus aucun espoir... Car les seuls contacts alliés étaient les vaisseaux qui faisaient directement partie du convoi.
Il restait cependant trois contacts. Il activa son unité de communication.
-Officier ´Nedomee, ici le capitaine ´Aldamee. J´ai trois contacts ennemis en approche à sept heures.
-Nous les avons vus, répondit ´Nedomee. L´équipe du commandant n´a pas été suffisante pour les stopper. Pas plus que celle du lieutenant ´Domanee. Devons-nous les ralentir encore ?
-Non, officier. Conservez la formation. Ce sacrifice serait inutile.
´Aldamee coupa la communication. Il ne lui restait plus beaucoup d´options... Ce serai l´abordage ou la mort. Et encore, la première solution était à peu près synonyme de la seconde.
À sa droite, son copilote avait terminé de briefer les troupes et les autres pilotes. L´abordage était désormais imminent, ils ne pouvaient plus faire marche arrière.
Le croiseur humain grossissait rapidement sur la projection holographique panoramique à l´intérieur du cockpit. ´Aldamee chercha des yeux d´éventuels chasseurs humains, mais il n´y en avait pas. Ils étaient tous en train de combattre autour de l´Intuition. Le Sangheili se retint cependant de pousser un soupir de soulagement : derrière eux, trois chasseurs humains les prenaient toujours en chasse.
-Nous sommes en contact, dit la voix tonitruante de l´officier ´Nedomee dans la radio. Ils accélèrent, t son très proche désormais. Nous ne pouvons plus rester là les bras croisés. Nous allons attaquer l´ennemi.
-Officier ! Rétorqua ´Aldamee avant que ´Nedomee ne coupe la communication. Nous avons besoin que vous nous ouvriez la marche ! Le tube télescopique de déploiement de mon vaisseau a été endommagé lorsque j´ai percuté le bouclier du vaisseau humain... J´y ai réfléchi et il reste une solution pour sauver nos vies, mais nous avons besoin de vous.
La liaison resta silencieuse un instant. L´officier Sangheili réglait-il ses armes ou réfléchissait-il aux propos de ´Aldamee ? Le capitaine renonça à chercher une réponse à cette question. C´était tout à fait inutile. Il veillerai à ne plus se dissiper à l´avenir.
-Bien, capitaine, répondit finalement ´Nedomee. L´enseigne ´Poradee restera avec vous. Quand à moi, je vais engager l´ennemi. J´espère que ça vous laissera le temps de fuir.
´Aldamee resta silencieux, considérant les paroles de l´héroïque pilote de séraphin.
-C´est d´accord, officier. Croyez bien que cet acte vous vaudra une place de choix dans mon rapport, si nous survivons... Et sans aucun doute une médaille posthume. Que les Dieux vous protègent, ´Nedomee.
-Merci, capitaine. Mais nous n´avons pas le temps pour ces choses-là : au croiseur humain, vite !
-Nous y allons... Et nous vous vengeront au centuple.
-Accomplissez la volonté des Prophètes, capitaine.
-´Nedomee ?
-Capitaine ?
-Merci.
Le lieutenant ´Nedomee coupa la communication. En posant ses mains sur les hologrammes de contrôle de son chasseur, il sut que le moment était venu. le moment d´honorer sa famille et d´accomplir le sacrifice ultime pour accéder enfin au paradis. Il était là, tout proche : il n´avait plus qu´à aller le chercher.
Ces pensées le transportèrent. Sa famille serait fière de lui. Il se montrerait enfin digne de son père, qui était également un grand guerrier. Il décrocha de la formation des vaisseaux d´abordage et fondit sur les trois appareils humains.
Et soudain, alors que ses armes à plasma se chargeaient d´énergie, un souvenir lointain lui revint en mémoire. Lui-même, les mâchoires ensanglantées après avoir dévoré le premier rongeur vivant qu´il avait chassé. ´Nedomee sourit. Cette ultime bataille ne serait pas tellement différente de cette chasse.
Les humains lui arrivaient droit dessus, et ils n´étaient distants que d´une poignée de dizaines de kilomètres. Il verrouilla un des chasseurs humains et tira dans sa direction deux torpilles à plasma téléguidées. Les orbes jumeaux zébrèrent le noir profond de l´espace. À cette vitesse, sous cet angle, il serait difficile pour les deux torpilles de toucher leur cible, et c´est ce qui se passa. Le chasseur humain visé par ´Nedomee ne fut atteint que par un seul des deux projectiles. Ce fut néanmoins suffisant pour détruire la presque totalité de l´aile droite de l´appareil : sous l´effet de l´explosion, le chasseur fut expulsé en dehors de sa trajectoire en tournoyant sur lui-même. Il serait hors de combat pendant un certain temps.
L´officier Sangheili regarda l´appareil humain s´éloigner avec la satisfaction du chasseur. Mais le léger sourire qui barrait son visage disparut lorsqu´il entendit l´alarme de son radar. Un autre vaisseau ennemi venait de tirer un missile dans sa direction.
À la vue de la menace, ´Nedomee se mit à fonctionner par réflexes. Il eut a peine le temps de relever la tête depuis son écran radar jusqu´à l´hologramme panoramique qui représentait l´extérieur que le missile humain était déjà presque sur lui. Les bras du Sangheili s´abattirent immédiatement sur son pupitre de contrôle holographique, faisant effectuer à son Séraphin un brutal tonneau vers bâbord. Le missile passa exactement à l´endroit où se trouvait le vaisseau une fraction de seconde plus tôt, les flammes de ses tuyères léchant le ventre du chasseur. La fusée primitive continua sa course dans l´espace alors que ´Nedomee se stabilisait.
Mais le missile reviendrait. Sa tête chercheuse n´oublierai pas. Le pilote Sangheili avait seulement réussi à gagner du temps. Et il le mettrai à profit.
Son cerveau se mit à réfléchir à toute vitesse. Les vaisseaux humains avaient continué leur course vers les vaisseaux d´abordage, ne pouvant ralentir à volonté. ´Nedomee se demanda si ils allaient rebrousser chemin pour l´achever. mais il eut rapidement sa réponse : pour eux, il ne comptait plus. Ils le laissaient peut-être pour mort, ayant la certitude qu´il soit détruit avec le missile qu´ils avaient tiré, ou bien ils ne voulaient plus être ralentis. Mais de toute façon, Le Sangheili n´avait pas dit son dernier mot.
Le missile termina sa courbe et revint vers lui. ´Nedomee transféra toute la puissance de ses armes et même de ses systèmes de vie dans ses moteurs et accéléra du mieux qu´il put. Son chasseur fit un bond en avant, ses réacteurs gorgés d´énergie le propulsant plus vite que les appareils humains. Il devait maintenant se concentrer.
Le missile qui le poursuivait allait encore plus vite que lui : il n´avait que quelques secondes pour effectuer sa manoeuvre. Sa vue se brouilla malgré son entraînement intensif et son masque à oxygène suralimenté. il allait beaucoup trop vite. Mais sa vie n´importait plus. Il était déjà mort. Juste une dernière action à terminer avant de transcender le physique. Si son esprit n´avait pas été monopolisé par la rigueur infinie de sa manoeuvre, il aurait pensé à sa famille, à ses enfants, à quelques souvenirs d´enfance dans les steppes de sa planète natale, mais il n´avait pas le temps pour ça. Arrivant face au soleil du système, son cockpit fut inondé de lumière. Des filtres commencèrent à se mettre en place, mais ´Nedomee les désactiva. Cette lumière était idéale. Si pure, presque divine. Les Dieux l´appelaient à les rejoindre.
Dans la beauté et la magie de cet instant précis, le Sangheili se sentait invincible. Il n´avait jamais été aussi heureux, aussi serein qu´au moment où son séraphin percuta un chasseur humain. Le pilotage du lieutenant Covenant avait été parfait. Derrière la carcasse de son vaisseau en train de s´écraser dans les réacteurs du Longsword ennemi, un missile bourré d´explosif sillonnait l´espace à plusieurs milliers de kilomètres à l´heure. La lumière du soleil se réfléchit sur sa coque lisse, lui aussi vivant ses derniers instants.
Le projectile percuta tout d´abord le vaisseau de ´Nedomee, qui fermait les yeux en attendant de voir son paradis rêvé. Puis il s´encastra dans le réservoir principal du chasseur du lieutenant Magnon et de l´adjudant Kohler.
Leurs âmes à tous furent libérées au sein d´une explosion qui chauffa leurs corps et leurs vaisseaux à plusieurs milliers de degrés.
´Aldamee ignorait ce qui venait de se passer, mais un signal radar ennemi venait de disparaître au même moment et au même endroit qu´un signal radar de missile humain et que celui du lieutenant ´Nedomee. Le capitaine récita une brève prière pour son frère d´armes disparu.
Devant lui, le dernier Séraphin de toute l´escorte suivait les ultimes ordres de son commandant. Il ouvrait la marche à tout le convoi, mais ´Aldamee voyait à sa manière de piloter qu´il hésitait souvent à décrocher de la formation et à anéantir les humains qui avaient tué son supérieur... Mais c´était par respect pour ce dernier qu´il restait à son poste, selon ses dernières volontés.
Le croiseur humain était tout proche, à présent. Le convoi avait décéléré légèrement pour s´approcher de lui et permettre une insertion dans ses boucliers. La coque immense du vaisseau humain défilait à présent sur la moitié droite de l´écran holographique de ´Aldamee. La lumière du soleil proche se reflétait sur elle, mais elle trahissait aussi la présence du bouclier énergétique par un miroitement discret mais visible pour un oeil averti. Le capitaine n´avait pas encore vu de canons lourds, ni de hangars, juste des sas de nacelles de survie. Le séraphin devant lui se rapprocha des boucliers du croiseur, et ´Aldamee le suivit.
Le pilote du chasseur ouvrant la marche était doué, et il mettait les talents de tous les pilotes des vaisseaux d´abordage à rude épreuve. Le suivre dans des vaisseaux si lourds était un défi. Le Séraphin se rapprocha à une dizaine de mètres des boucliers du vaisseau de guerre, pivotant sur lui-même pour présenter sa face ventrale à la coque du croiseur. ´Aldamee l´imita.
Le pilote du chasseur activa un canal radio.
-J´aperçois des canons droit devant nous, commandant, dit-il. Ils devraient être d´une taille suffisante pour que leur mise à feu nécessite une désactivation complète des boucliers du vaisseau dans un large périmètre.
-Je le vois, répondit le capitaine. Il est à trois cent mètres à peine ; nous allons décélérer.
Mais soudain, comme pour rappeler sa présence, le dernier chasseur humain en état de combattre ouvrit le feu sur le vaisseau d´abordage qui fermait la marche. Ses mitrailleuses ventrales de cent dix millimètres criblèrent le vaisseau Covenant de balles explosives de la taille d´un avant-bras humain. La coque du vaisseau se bomba sous l´effet des explosions qui en ravageaient l´intérieur, puis il implosa, tuant les cinquante Unggoy et quatre Sangheili qu´il transportait. Puis le Longsword avide de vengeance accéléra et traversa les flammes et les débris qui remplaçaient le vaisseau d´abordage, insensible aux fragments carbonisés de soldats Covenants qui rebondissaient sur sa coque.
Grunty Grutu serra davantage encore son pistolet à aiguilles entre ses pattes. Il n´avait encore jamais assisté à une bataille spatiale, mais maintenant c´était chose faite. Il saurait à l´avenir qu´il détestait ça. Lui et ses frères de race étaient immobiles, assis sur leurs sièges, en proie à un danger effroyable mais contre lequel ils ne pouvaient pas combattre. Ils étaient des jouets entre les griffes des humains, et ils devaient s´en remettre au pilote de leur vaisseau pour pouvoir survivre... Grutu n´avait jamais fait confiance aux Sangheili.
Son regard croisa celui de son commandant, Zeepo. Son visage était impassible. Comment faisait-il ? Ses années de combat contre les humains l´avaient transformé en soldat professionnel, calme et maître de lui, buriné par l´expérience. Grutu aurait tant aimé être comme lui. Il ne se sentait pas digne de faire partie de la compagnie de son commandant.
Le lieutenant de sa section, Nanaz, son commandant direct, se leva soudainement et prit la parole. Son armure n´était pas rouge comme celle de n´importe quel autre lieutenant ; elle était noire, ce qui indiquait son appartenance aux forces d´élite. Il avait fait partie de l´escouade de choc de Zeepo. Grutu considéra donc ses paroles avec le plus grand intérêt.
-Soldats, dit Nanaz, vous avez tous entendu et compris les ordres, tout-à-l´heure. Maintenant, il est temps de les exécuter. Chargez vos armes et accrochez-vous, nous allons aborder le vaisseau humain ! Pour cette mission, vous serez commandés par le lieutenant ´Telamee (il montra l´imposant Sangheili en armure noire qui était assis sur un siège directement à droite de l´entrée du cockpit. Même si le soldat ne daigna pas lever la tête, les yeux rivés sur sa carabine, il inspira courage et discipline à Grutu). Il passera devant : suivez-le et exécutez ses ordres. Compris ?
Les Unggoy approuvèrent dans un désordre de cris effrayés. Nanaz se rassit et Zeepo se pencha à l´intérieur du cockpit. Il tourna ensuite la tête vers ses soldats.
-Trente secondes, dit-il simplement. Puis il réalisa qu´il s´adressait à des recrues et pas à ses troupes de choc, et il ajouta : avant l´abordage.
Des secousses ébranlèrent le vaisseau et l´éclairage rougeâtre vacilla. Une sensation d´accélération s´imprima sur Grutu, et il su qu´il allait de nouveau bientôt être plongé dans une bataille.
Ou bien il mourrait avec l´explosion de son vaisseau.
-Je ne peux plus attendre, capitaine, je dois intercepter ce chasseur humain ! Grogna le pilote du dernier Séraphin.
-Tenez la formation, lieutenant, c´est un ordre ! Rugit ´Aldamee dans la radio avant de la couper.
Tout le monde commençait à péter les plombs. ´Aldamee lui-même commençait à devenir fou. Il crispait ses mains sur ses commandes comme un demeuré.
Ses yeux se mirent à scruter l´horizon de la coque du croiseur. Il arrivaient au bout, approchant de la passerelle. Et ce qu´ils cherchaient était là.
Évidemment ! Le croiseur ne pouvait tirer qu´avec ses canons de proue...
Il rétablit la liaison avec le pilote du Séraphin.
-Lieutenant, vous passez en premier. Et ne discutez plus mes ordres.
-Oui mon capitaine !
Pendant quelques secondes, ´Aldamee vit les boucliers du vaisseau vaciller et disparaître autour de la tourelle, juste le temps d´ouvrir le feu. Cinq secondes plus tard, la même chose se reproduisit. ´Aldamee retint la cadence, en espérant qu´elle soit toujours régulière.
Derrière lui, le Longsword avait pris pour cible un second vaisseau d´abordage. Il ouvrit à nouveau le feu avec ses canons. Les obus de cent dix millimètres traversèrent la mince coque du vaisseau Covenant comme une feuille de papier, fauchant les occupants pour exploser finalement. Toute la partie arrière du vaisseau explosa, laissant échapper sa cargaison déjà morte dans l´espace, et la proue piqua du nez pour s´écraser contre les boucliers du croiseur humain.
-Il va tous nous descendre ! S´exclama le copilote de ´Aldamee.
Le capitaine Sangheili ne pris pas la peine de répondre. Il se concentra au contraire davantage sur son objectif. Au bout de quatre tirs de tourelle, la cadence avait toujours été régulière.
Le pilote de Séraphin l´avait compris aussi. Il décéléra lentement, essayant d´adapter sa vitesse pour arriver exactement au bon moment. Mais il était encore trop près. Aucune importance pour ce jeune mais néanmoins vétéran guerrier.
Il redressa subitement son Séraphin, effectua un large looping et s´engouffra directement sous les boucliers du croiseur.
-Il a réussi, souffla le copilote.
-ça ne veut rien dire. Son appareil était léger et maniable. Mais c´est à notre tour. Cramponnez-vous.
Le chasseur Covenant se trouvait une cinquantaine de mètres devant les vaisseaux d´abordage lorsqu´il avait manoeuvré. La tourelle tira un nouveau coup, et ´Aldamee commença à compter dans sa tête.
Cette manoeuvre était complexe, mais en même temps très simple. En fait, ´Aldamee n´avait strictement rien à penser avant de l´effectuer. Tout allais se jouer durant la manoeuvre même.
Il ne fit pas attention au vaisseau d´abordage qui disparaissait de son radar. Il se concentra sur ses commandes et sur le compte à rebours.
À l´arrière du vaisseau, dans le compartiment de transport, Grunty Grutu et ses frères d´armes ne se rendaient pas compte des secondes qui s´écoulaient. Sans vue de l´extérieur, ils étaient totalement aveugles.
Le copilote n´avait rien à faire. Simplement attendre. Et regarder. Mais il n´eut pas à attendre longtemps : ce furent les secondes les plus rapides de sa vie. Durant ce laps de temps très court, il ne pensa nullement à ses proches, à son passé, à sa vie, comme il s´y attendait lui-même ; toutes ses pensées se résumaient à "oulàlà". Un instinct primitif lui ordonnait de s´enfoncer dans son siège, de reculer en fait face au danger. C´était exactement le type de détresse que n´importe quel vacancier pouvait ressentir dans un parc d´attraction, lorsque le wagon du grand huit avançait lentement au bord de la plus grande chute du manège. Mais le Sangheili n´avait bien évidemment jamais essayé ça.
Et ce fut le plongeon.
´Aldamee réalisa subitement ce que c´était d´être pilote de char ; son vaisseau avait exactement la même maniabilité qu´une Apparition. Mais réussit quand même.
Tous ses instincts, ses réflexes, ses souvenirs de pilote se concentrèrent dans son esprit au même instant. Il poussa ses réacteurs au maximum de leur capacité, ce qui n´était plus grand-chose après la bataille. La vue de l´horizon de la coque du vaisseau humain fut subitement remplacée par celle de la coque du vaisseau humain tout court, et si il avait eu des poils ils se seraient dressés sur sa tête.
Le ventre de son lourd vaisseau d´abordage racla presque le bord du canon. ´Aldamee était bien trop terrifié à l´idée qu´il puisse laisser le ventre de son vaisseau sur les boucliers. Le tir du canon humain, tout proche, fit s´entrechoquer ses dents si violemment qu´il crut l´espace d´un instant en avoir perdu une ou deux. Voyant la coque du croiseur se rapprocher à toute vitesse, ´Aldamee termina la manoeuvre en appuyant de toutes ses forces sur les commandes des rétropropulseurs, comme si le fait d´appuyer comme une brute sur son panneau de contrôle allait intensifier la poussée.
Le vaisseau se redressa d´un coup sec, et l´horizon de la coque du vaisseau remplit à nouveau la projection holographique de l´extérieur. ´Aldamee resta bouche bée.
Il n´eut cependant pas le temps de se détendre. Il vit sur son radar que le Longsword humain qui poursuivait son escadrille vira de bord et fit demi-tour ; sans doute comptait-il gagner de la vitesse pour fondre sur les vaisseaux d´abordage. De toute façon, les deux derniers d´entre eux qui se trouvaient toujours en dehors des boucliers auraient rapidement des ennuis si ils attendaient trop longtemps pour faire ce qui devait être fait. Il survolèrent le canon que ´Aldamee et le Séraphin avaient emprunté pour leur insertion et se dirigèrent vers une autre tourelle.
-Capitaine, dit soudainement le copilote, le Séraphin a repéré une rangée de hangars, droit devant. Je vais poser un point de navigation sur eux.
-Faites. Et surveillez la progression du reste de l´escadrille sur les radars.
-Oui, capitaine !
Les pilotes étaient extrêmement concentrés. chacun de leurs gestes était mesuré et l´adrénaline affluait en masse dans leurs veines. ´Aldamee avait désiré de l´action, il était servi. La manoeuvre qu´il avait accomplie était quasiment sans précédent... En partie grâce au fait qu´il était rare que les Covenants attaquaient rarement leurs propres vaisseaux de guerre.
´Aldamee devait stabiliser parfaitement son vaisseau dans l´étroit intervalle entre le bouclier et la coque du croiseur ennemi. Il n´avait pas beaucoup de marge, et l´équipement dont il disposait pour cela était limité. Il dût rassembler encore une fois toutes ses meilleures capacités de pilote pour garder le contrôle de son vaisseau. Si il percutait le bouclier, il rebondirait et s´écraserait sur la coque, et vice versa.
Derrière eux, un autre vaisseau d´abordage s´élança. Il avait été touché par des tirs ennemis, et ses réacteurs étaient endommagés... Mais il savait qu´il devait tenter le coup. Son pilote fit prendre de l´altitude au vaisseau par rapport à la surface du bouclier, il s´aligna sur la tourelle et plongea. Il constata, mais trop tard, que son décompte avait été imparfait. Il avait demandé à ses réacteurs plus qu´ils ne pouvaient fournir. La conséquence fut brutale et sans appel. La tourelle humaine ouvrit le feu, l´obus humain tiré rasant de quelques mètres le vaisseau d´abordage. Le pilote tenta de redresser, mais n´y parvint pas ; le bouclier énergétique s´était déjà réactivé. Le vaisseau percuta violemment ce mur invisible, broyant le cockpit et perçant la coque. L´atmosphère commença à s´échapper lentement dans l´espace, des armes, munitions et soldats étant aspirés dans le vide spatial avec elle. Puis le vaisseau d´abordage sans pilote dériva lentement au-dessus du canon humain, et celui-ci fit feu à nouveau.
Le copilote de ´Aldamee ferma les yeux et baissa lentement sa tête. Continuant de piloter le vaisseau d´abordage, son supérieur avait les yeux rivés droit devant lui mais il perçut tout de même le mouvement de son subalterne. Il murmura un long juron qui venait du fond du coeur.
Le pilote du denier vaisseau d´abordage jura également, mais ne perdit pas son sang froid. Il suait pourtant abondamment. Il évalua son copilote d´un rapide coup d´oeil. Il le connaissait mal, c´était un nouveau dans la marine, et il était sur le point de craquer. Il avait cessé d´inspecté les instruments depuis longtemps, convulsé sur lui-même. Le pilote su qu´il ne pourrait pas compter sur lui, et redouta même qu´il panique ou qu´il tente de prendre les commandes au moment critique. La peur pouvait détruire aisément des liens entre individus, les soldats perdant confiance envers leurs camarades de toujours lorsqu´il s´agissait de sauver sa vie. Alors lorsque aucun lien de fraternité n´avait eu le temps de se former, la situation se révélait beaucoup plus instable, explosive même. De grosses gouttes de sueur coulèrent sur le visage du pilote, mais il n´avait pas le temps de les essuyer d´un revers de la main.
Il traversa le champ de débris du précédent vaisseau d´abordage ayant tenté la manoeuvre. Des soldats encore palpitants, à l´agonie, leurs visages abominablement gonflés par la pénurie d´air rebondirent sur sa coque en produisant d´inquiétants bruits sourds. De l´air continuait à s´échapper de la carcasse du vaisseau et celui-ci tournait sur lui-même, s´éloignant lentement de l´endroit où s´était produit le drame. De la sueur tomba goutte à goutte du menton du pilote lorsque le corps d´un Sangheili percuta l´objectif des caméras extérieures qui fournissaient l´image panoramique projetée dans son cockpit. Le corps glissa lentement sur la coque, le pilote se demandant pourquoi il restait accroché lorsqu´il vit la bouche béante et les yeux pleins de détresse du soldat Covenant qui était toujours vivant. Il s´accrochait à la caméra du bout de ses griffes mais lâcha rapidement prise.
À cette vue, le copilote assis à ses côtés reprit soudainement vie. Il avait atteint le point de rupture, le moment du "pétage de plombs". Il bondit sur le pilote en hurlant.
-ON VA TOUS CREVER ! VOUS VOYEZ PAS QU´ON VA TOUS CREVER !
Le soldat à moitié fou tenta d´arracher les commandes du vaisseau des mains du pilote, déchirant des lambeaux de chair des mains de son supérieur. Celui-ci hurla de douleur, mais le dément arrêta vite sa tentative. Il comprit que le pilote était fortement agrippé, et il tenta d´étrangler celui-ci pour prendre les commandes de l´appareil.
Le pilote tenta de crier à son tour mais son hurlement mourut dans sa gorge lorsque les doigts musclés de son copilote se resserrèrent autour de son cou. Il saisit les deux bras de son subalterne et put sentir les puissants muscles de l´assassin durcir sous sa peau
-JE VEUX PAS MOURIR ! JE VEUX PAS MOURIR ! Criait l´enseigne en secouant la tête de son chef d´avant en arrière.
Celui-ci essayait de regrouper toutes ses forces pour arracher la mort agrippée à son cou, mais son corps se vidait déjà de son énergie. Sa vue commença à se troubler, son cerveau réclamant du sang qu´il n´obtenait pas.
Dans un ultime effort, le pilote se pencha en arrière à côté de son siège. pour des raisons de sécurité, il avait fermé la cloison entre le compartiment de transport et le cockpit, mais maintenant il se rendait compte de son erreur. Les procédures standard n´avaient pas prévu que l´un des pilotes tente d´assassiner l´autre.
À l´agonie, le pilote ne distinguait presque plus le visage marqué par la folie du Sangheili qui était en train de le tuer. Il tentait de contracter et de relâcher ses mâchoires multiples pour aspirer de l´air dans ses poumons, mais les mains d´acier de son copilote lui barrait la route. Le pilote, maintenant couché sur son siège, tourna les yeux vers le mur situé derrière lui. Le bouton d´ouverture d´urgence due la cloison n´était plus qu´à une poignée de centimètres du sommet de son crâne. De la salive commença à sa déverser de sa bouche. Il essaya d´économiser les forces qu´il lui restait en cessant de serrer ses mains sur les avant-bras de son copilote, et celui-ci redoubla son étreinte sur son cou. L´officier sentit la surface du bouton holographique sur son front, mais il devait encore le presser. Il ne parvint pas à lever ses bras. "Bats-toi !" Se criait-il mentalement.
La commande holographique résista un instant, puis céda. Le bouton s´enfonça.
Les deux gardes Sangheili des forces spéciales qui se trouvaient dans la soute étaient déjà dressés et armés devant la porte, ayant entendu des bruits étranges provenant du cockpit. Mais ils ne s´étaient en aucun cas attendus à ça. Voyant les deux pilotes s´entre-tuer, ils ne savaient pas sur qui tirer. Qui était le mauvais ? Qui était le bon ?
L´un des deux guerriers choisit pour l´autre. Il pointa ses deux fusils à plasma sur le pilote qui était en train de tuer l´autre. Il était le moins gradé, et il avait comme principe d´éliminer plutôt l´oppresseur que l´opprimé en cas de dilemme. Il ouvrit le feu de ses armes sur le dos du copilote, un flot de plasma faisant entrer en fusion la combinaison puis la chair de l´assassin. Lorsque l´autre soldat des forces spéciales se joignit à lui, la vague de tirs fut monstrueuse. L´enseigne n´eut même pas le temps de crier.
Les deux parties du corps du copilote s´abattirent sur le sol, les plaies déjà cautérisées. Les soldats de choc levèrent ensuite leurs armes, l´un d´eux s´avançant vers le pilote à l´agonie alors que l´autre mettait le blessé en joue. Si il était en réalité le "méchant" de l´histoire, mieux valait prendre ses précautions.
Le soldat qui avait posé ses fusils releva la tête du pilote. Ce dernier avait le regard vide, perdu. Son coeur battait encore, mais il fallait lui accorder du temps pour qu´il reprenne ses esprits. Le soldat de choc redressa tout le corps du pilote sur son siège et inspecta son cou : de profondes marques de doigts et de griffes avaient pénétré sa combinaison.
-Sergent, dit le lieutenant des forces spéciales, posez vos arme et allez chercher un kit de secours. Vite.
Le sergent acquiesça et bondit dans le compartiment de transport. Il avait déjà songé à poser ses armes : même si le pilote l´avait voulu, il n´était pas en état de combattre un officier des forces d´élite Covenantes. Il se fraya un chemin au milieu des Unggoy désemparés et perplexes et saisit une trousse médicale. Lorsqu´il revint dans le cockpit, le lieutenant ´Zondamee était déjà en train de lui faire un énergique massage cardiaque. Le pilote toussota et essaya de parler d´une voix faible et rauque.
-Doucement, l´interrompit le lieutenant. Vous n´êtes pas passé loin de la mort. Votre cerveau a besoin de s´irriguer.
Mais le pilote insista. ´Zondamee se tourna vers son sergent et lui fit signe de l´aider à le déplacer sur le siège du copilote. Une fois cela fait, avec d´infinies précautions, le lieutenant se tourna vers le siège de pilotage.
-Occupez-vous de lui, mettez-le en état de communiquer le plus vite possible. Moi, je vais essayer de maintenir ce rafiot en vie.
Le sergent, bien que partagé sur les compétences de son chef en matière de pilotage, hocha la tête et ouvrit la trousse médicale.
Fin de la partie 1/2