Bon apperement c´est super gore
Si tu veus une superbe interprétation philosophique de la chose !
voilà :
Ichi the Killer est un film gore, extreme, mais en realité il traite d´amour de façon détournée. En fait, pour saisir l´intérêt d´une démonstration aussi visuelle, il faut partir du jugement émis par Kakihara à l´attention d´un assaillant improvisé aux deux tiers de l´histoire: "Ta violence manque d´amour".
Dans le film Tokyo Fist, Tsukamoto mettait en scène une histoire d´amour dans laquelle seule la violence extrême (par le biais de la boxe et de la scarification) pouvait servir de moyen d´expression. La différence entre un film simplement violent et le chef d´œuvre de Tsukamoto tient dans le fait que l´amour ne naît pas des confrontations successives: il y trouve un terrain d´expression et d´échange. Une forme de caresse qui naît d´un amour incompris et non pas l´inverse. Ichi the Killer parvient à reprendre les deux concepts au sein d´une même histoire, en opposant deux personnages qui symbolisent finalement les deux facettes complémentaires d´une même entité: l´amour véritable.
Se limiter au caractère graphique du film le plus long de la carrière de Miike (126 minutes dans sa version "montrable") serait restreindre l´analyse d´une peinture aux couleurs qu´elle utilise, sans s´attarder au trait, à la mise en scène ou au choix des attitudes des sujets qui pourraient figurer dans la représentation d´une "image" dans toute son ampleur. Ce serait donc comme réduire un tableau à une image à caractère bi-dimensionnel, le priver de contenu, de contexte et de personnalité - approche plus absurde encore qu´un film est un enchaînement de telles images, au rythme de 24 par seconde.
Alors bien sûr, Ichi the Killer est mis en forme avec une complaisance visuelle qui peut laisser perplexe (les scènes choc s´enchainent sans répis, mais pas sans humour). Je crois que, au contraire, il faut y voir une volonté de Miike de traiter son sujet avec respect pour l´homme, véritable sadomasochiste de nature. D´ailleurs, la "baseline" de Ichi est la suivante: "Tout le monde est à la fois un peu sadique et masochiste, mais pas Ichi; il est 100% sadique". Kakihara étant 100% masochiste, l´inexorabilité de leur collision est donc écrite dés le départ. Ichi the Killer n´est donc pas qu´un film gore extrème, qu´un coup de poing sans substance. Comme Tokyo Fist, c´est un film qui fait mal car il trouve écho en chacun d´entre nous, en une dualité souvent mal assumée qui est à l´origine de la majorité des problèmes de communication humains. Si certains trouvent Ichi the Killer insoutenable, c´est que la réalité le leur est tout autant. Miike filme son histoire avec amour, tout simplement, et non pas avec provocation. Avec cet "amour dans la violence" qui doit passer, quelque part, par un certain amour DE la violence...
Il n´y a pas d´amour sans violence. Ichi the Killer, ne pouvait donc exister que sous cette forme extrême s´il voulait être juste et pertinent. Pour Miike, le pari est, une fois de plus, remporté haut la main, et le résultat est un chef d´oeuvre pour le moins percutant. Le film le plus interessant et jubilatoire qu´il m´est été donner de voir depuis longtemps, un chef d´oeuvre gore et magnifique !