A : général James
De : Adjudant Genetrix
Objet : Rapport officieux
Objectif : Secourir le général James
- Monsieur ? m’appela un marine.
- Oui ? Qu’y a-t-il ? lui demandai-je.
- Un appel sur votre COM, monsieur.
- Ha. Merci.
J’appuyai sur le déclencheur et l’un des spartans se créa devant moi.
- Genetrix ? C’est toi ?
- Oui imrikl. Qu’est-ce qu’il y a ?
- Un contretemps. J’aimerais que tu aille sauver le général, on n’a pas beaucoup de temps.
- Mais…
- J’ai dit : « on n’a pas beaucoup de temps » ! Je te retrouverais avec le général.
- Ok.
- Des élites t’attendent à l’extérieur. Bonne chance, tu en auras besoin.
Imrikl semblait calme mais ses yeux disaient le contraire. Ils bougeaient frénétiquement dans tous les sens comme s’il s’attendait à se faire attaquer d’un moment à l’autre. Je sortis et trouvai les cinq élites, qui étaient tous d’un très haut grade à en croire les couleurs de leurs armures. L’un d’eux, un ultra aux épaulettes d’or – un grade que je ne connaissais pas alors-, mit un genou à terre et s’adressa à moi :
- C’est un honneur, adjudant. Je suis l’ultra Moralee. Ces hommes sont sous ma responsabilité.
- Tout l’honneur est pour moi, lui répondis-je. Si ça ne vous dérange pas, j’aimerais quand même être accompagné par quelques marines supplémentaires.
- Cela n’est nullement une offense, fit-il en se relevant.
Partant vers la caserne, je rencontrais sur le chemin le caporal Taylor que j’avais rencontré sur Grande Bonté. Lui demandant d’amener ses deux meilleurs hommes au hangar dix minutes plus tard. Puis je partis moi-même vers les hangars à pélicans, en prenant au passage un fusil à pompe et deux magnums à l’armurerie. Une fois arrivé, j’ai trouvé devant un pélican qui s’apprêtait à décoller les deux marines de Taylor et les cinq élites, dont Moralee.
- Nous allons décoller, adjudant, me dit-il.
- Bien. Préparez vos lames à énergie, nous allons voir du flood.
Quelques heures plus tard, nous rentrions dans la ville covenant. Aussitôt, une vague de floods arriva pour nous accueillir.
- Charmant. Ils ne font pas d’entorse au savoir-vivre ici. On n’a pas encore frappé à la porte qu’ils viennent déjà nous dire bonjour.
- Préparez vous, ordonna Moralee. Ils ne viennent pas jouer.
Alors que le pélican était encore à plusieurs mètres d’altitude, les élites en sautèrent et dégainèrent leurs lames.
- Couvrez-les !
- On fait ce qu’on peut, adjudant !
Pendant que les élites se regroupaient en cercle, les marines et moi-même tiraient sur ceux qui arrivaient, explosant les « unités champignons » pour tuer les autres. Soudain, le flot de parasites se tarit. Il n’y en avait plus aucun. Le pilote en profita pour nous déposer à côté des élites, et nous nous mîmes en marche vers l’endroit qu’indiquaient les programmes internes de l’armure du général. Les bâtiments détruits ou effondrés et l’absence de population donnait une sinistre allure à la ville. Nous passâmes devant un bâtiment intact, sauf un seul mur qui s’était – et c’était bien le plus étrange- proprement effondré sans aucune autre marque de détérioration. Intrigué, je m’approchais du trou qui semblait creusé dans le mur quand je vis des parasites de toutes parts. Je serrais les dents en repensant à la blessure que j’avais déjà reçue au ventre et à la cicatrice qu’elle avait laissée derrière elle.
- Mon Dieu, murmura l’un des marines.
- Si Dieu existait, eux non, lui répondis-je.
Prenant mes deux magnums, je commençais à avancer en direction des floods quand je vis deux silhouettes se faufiler discrètement dans notre direction.
- Moralee, on va faire une diversion à trois heures. Imrikl et le général ne doivent pas être vus. Mais ne prenez pas trop de risques, nous sommes déjà peu nombreux.
- Formez un arc de cercle autour des humains, ordonna-t-il en s’adressant à ses hommes. Préparez-vous au corps-à-corps.
A ce moment, les marines et moi-même nous commençâmes à tirer sur les floods. Quand certains arrivaient à notre niveau, les élites les repoussaient et collaient des grenades sur ceux qui s’enfuyaient entre d’autres. Les floods attaquaient par grandes vagues. Au beau milieu d’un moment de calme, je me mis à chercher imrikl et le général. Ne les trouvant point, j’ordonnai la retraite ; l’un des élites était déjà blessé, et les autres s’épuisaient rapidement à repousser le parasite. Voyant que nous reculions, certains de floods se précipitèrent sur nous, mais ils étaient peu nombreux et se sont fait exterminés avant d’avoir pu nous atteindre. Nous nous mîmes à courir, et cette fois nos poursuivants étaient bien plus nombreux. Nous dirigeant vers la base Bravo, je compris soudainement que Powell avait été obligé de l’abandonner pour pouvoir évacuer imrikl et James. Etant derrière les autres pour les couvrir au cas où nos poursuivants nous rattraperaient, Je dus rattraper Moralee, ce qui ne me fut pas facile tellement les élites étaient rapides même quand ils s’efforçaient de ne pas distancer des humains. Ne pouvant être à moins de cinq mètres de lui, je lui criai :
- CHANGEZ DE DIRECTION, LA BASE ALPHA EST A 3 HEURES !
- COMPRIS, répondit-il.
Je ralentis un peu le pas, content d’avoir pu éviter une erreur qui nous aurait coûté la vie, j’en étais certain. A peine quelques secondes plus tard, un cri retentit derrière moi. Je me retournai en continuant à courir, quand je vis juste au-dessus de moi une silhouette cachée par l’ombre. La créature poussa le même cri et je l’abattis en quatre rafales. Juste à temps ; elle s’étala sur le sol, à peine à quelques mètres devant moi. Je me mis ensuite à courir le plus vite que je le pouvais, de peur que d’autres ennemis ne m’ai rattrapé. Au bout de quelques minutes, je glissai sur la surface glissante du sol d’un tournant. Le temps que je me relève, plusieurs dizaines de floods arrivaient dans ma direction. Prenant mon BR55, je me mis à les canarder en hurlant de rage et d’impuissance. Apparemment, j’avais crié tellement fort qu’ils hésitèrent. Le temps que l’un des leurs ne se reprenne et entraina les autres vers moi, douze d’entre eux étaient déjà morts. Mais il en restait encore bien trop, et je fus obligé de sortir mon épée à énergie. Les empêchant d’approcher en faisant tourner l’épée au-dessus de ma tête, je me mis à avancer au cœur du groupe en en faisant tomber deux ou trois à chaque coup, tout en sachant que c’était perdu d’avance. Entendant un cri de douleur derrière moi, je tournai la tête et vit un de ces monstres suspendu en plein mouvement, les griffes à 3 centimètres de mon dos, regarder deux traits bleutés qui traversaient son corps. Il s’affala sur le sol et je vis Moralee derrière lui, au milieu de trois autres élites qui tailladaient les floods qui n’étaient pas encore tombés sous les coups de mitrailleuses des deux pélicans qui volaient au-dessus de nous. La bataille finie, l’un des pélicans descendit vers moi, un marine m’aidait à monter et je m’asseyais las et mort de fatigue, face à Imrikl et James, dans le même pélican que Powell.