De : sergent Génetrix
Objet : rapport de bataille (hors mission)
Reminent Justice, système Karillo.
Je levai les yeux. Autour de moi, on voyait par la baie vitrée du poste de commandement du Reminent Justice le combat entre les Floods et les Covenants. Les vaisseaux humains contrôlés par le parasite faisaient plus de dégâts que les autres, mais c’étaient ceux qui tombaient le plus vite. Un tremblement énorme m’envoya sur la baie vitrée. Me relevant avec peine et encore sous le choc de la surprise, je passai ma main sur la joue, et essuyai le sang qui y coulait. Blessé avant même la bataille ! Soudain, je reçu une liaison sur ma COM.
- Caporal ?
- Oui ?
- Rendez-vous au hangar. Nous allons sur la planète.
- Mais les Floods ont débarqué !
- Nos ordres sont formels, Caporal. Venez Tout de suite !
La voix s’était faite plus autoritaire, et quoi que je fasse, je n’avais pas le temps de discuter. Je me dirigeai donc droit vers le hangar, non sans faire un passage par l’armurerie (pas fou non plus). Une fois au hangar, on me briefa sur place, et comme j’étais le dernier, nous décollâmes. Je regardai les soldats. J’avais été surpris lors du briefing par le fait que j’étais le membre le plus haut gradé (tous les soldats étaient des vétérans, et je dirigeai même le groupe qui m’avait été assigné lors de ma précédente mission). Soudain, le pilote m’informa que nous arrivions sur la planète, mais que le parasite nous avait sûrement repérés. Je demandai le silence, puis pris la parole.
- Nous allons nous regrouper par doublettes. Un des soldats prendra une arme à longue ou moyenne portée et le second un fusil à pompe ou, comme je l’ai vu chez certains d’entre vous, une arme à baillonnette. Lorsque le parasite fera retraite, nous pourrons partir chercher ce laboratoire. Comment t’appelles-tu, demandai-je au pilote.
- Seamus me répondit-il.
- Et bien, Seamus, tu viens avec moi.
- A vos ordres, dit-il en se levant et en saisissant un gigantesque fusil d’assaut ancien modèle muni d’une longue baillonnette affûtée comme une lame de rasoir.
- Déploie la passerelle, on passe en premier.
Nous sortîmes lentement, et ni moi ni Seamus n’entendîmes de cris parasites, mais nous savions qu’ils étaient dans la forêt qui nous encerclait. Je fis un signe, et le second groupe descendit tout aussi lentement, puis se positionna à peu près à notre opposé pour que nous couvrions plus d’espace. Il n’y eut toujours pas de bruit, et le troisième groupe descendit. Il rejoignit le deuxième, mais lorsqu’il arriva à son niveau, le cri tant redouté surgit devant Seamus et moi. A ce moment, les humains sortirent tous en courant de la navette pendant que les Floods arrivaient de toutes parts. Les balles fusèrent. Les premiers Floods qui arrivèrent à notre niveau furent violemment transpercés par Seamus, la plupart de leurs camarades morts derrière eux. Mais chaque flood mort était remplacé par deux autres, et les balles commencèrent à me manquer. Lorsque mon fusil de combat fit entendre le –tac- que j’attendais, je saisi la main d’un flood séparé du reste de son corps, et me lançai au corps-à-corps, la seule solution mais très dangereuse si je me faisais submerger. Le flot de Floods perdit un peu d’intensité, laissant quelques secondes entre chaque attaquant, ce qui était bien maigre s’ils voulaient tenir un siège, mais toujours mieux que rien pour nous. Au bout d’un moment, alors que je m’apprêtais à ordonner la retraite, les Floods étaient tous morts. TOUS. Il n’en restait pas un seul qui fuyait à couvert des arbres. Alors que j’inspectais les rangs, je comptai les vivants. Seamus arriva et me dit :
- Nous sommes encore vingt. Votre stratégie à excellemment bien marché, Caporal.
- Oui, mais si j’avais mis deux guerriers pour le corps à corps avec un pour la distance, il n’y aurait peut être même pas eu de morts.
- Inutile de vous en vouloir. Cela aurait pu être pire.
- Tu as raison, en marche.
Quelques instants plus tard, nous arrivâmes à l’entrée d’un bâtiment qui, selon notre point de navigation, était le laboratoire. J’envoyais deux éclaireurs, leur demandant un contact radio permanent avec moi. Au bout d’une ou deux minutes, ils m’annoncèrent qu’ils étaient arrivés à la salle de stockage. Je leur ordonnai de trouver le produit et de remonter avec les survivants qu’ils trouveraient –s’il y en avait.
Lorsqu’ils revinrent avec deux autres personnes, un homme et une femme, les bruits de moteurs aéroglisseurs nous parvenaient au delà de la forêt, et tout le monde attendait en silence. Puis, les bruits de moteurs se turent totalement. Par chance, la navette était dans une autre direction, et j’ordonnai à tout le monde de courir le plus silencieusement possible. Au bout d’un moment, j’entendis le moteur d’un ghost qui s’intensifiait dans mon dos. Me retournant, je vis que ce n’était pas des Floods, mais des covenants. Le ghost fonçait droit sur moi, et quand il fut à une dizaine de mètres, je me jetai au sol et me relevai précipitamment. Le bouclier prenant tous les dégâts, j’envoyai le ghost en l’ai en me relevant. Il fit une demi-douzaine de mètres en se retournant dans les airs, puis s’abattit sur la brute qui était encore aux commandes et sa tête fut broyée. Les bruits de moteurs ne s’arrêtèrent pas pour autant. Juste à côté de moi, les arbres s’aplatirent et une apparition se dégagea de la forêt. Je me mis à courir à toutes jambes et j’entendais l’apparition derrière moi qui usait de la suralimentation pour pouvoir m’écraser. Au bout d’un moment, j’arrivais en vue de la navette et je compris que je ne pouvais partir ainsi, sinon les covenants pourraient nous abattre le temps que nous décollions. Me retournant je constatai que, sous l’effet de l’adrénaline, je l’avais distancé d’une dizaine de mètres supplémentaires. Je sautai droit sur l’apparition, ce à quoi son conducteur ne s’attendait certainement pas, arrachai la plaque qui le protégeait, et lui explosa la tête en la cognant contre le tableau de bord. Retirant de l’habitacle la brute morte, je m’infiltrai à l’intérieur et fit se retourner l’apparition. Et je vis alors, que si les ghosts ne m’avaient pas rattrapé, c’était qu’ils escortaient les apparitions. Je commençai à les pilonner avec le mortier de l’apparition et les ghosts entrèrent en action. Malgré le fait que grâce à la restriction de la maniabilité des ghosts en suralimentation j’anticipais leurs mouvements et touchais un ghost à chaque tir, plusieurs ghosts arrivèrent sur moi, sans tirer car ils sortaient juste d’une dépression du relief, surpris par ma proximité. Enclenchant la suralimentation, je les envoyai refaire un tour dans le trou, et détruisis ainsi les ghosts survivants. Lorsque les apparitions remarquèrent que les ghosts avaient été détruits, ils commencèrent à me bombarder. Continuant d’avancer lentement en tirant, j’en avais détruit trois sur les cinq en arrivant à leur hauteur. Mais je m’étais décalé et, lorsqu’ils tirèrent où ils croyaient que j’allais remonter la pente, je détruisis le plus près de moi qui avait été abondamment arrosé de plasma. Le second ne fit pas non plus long feu. Revenant à pied auprès de la navette, je montai par la passerelle, et m’écroulai sans révérence à l’intérieur.
Quand je me réveillai, je vis le Reminent Justice par la fenêtre de pilotage et je fus ravi de voir que malgré les innombrables chocs qui apparaissaient sur la coque, il volait encore. Maintenant à savoir aux mains de qui il était, c’était une autre histoire.