00:00. Agent N°1 de la sécurité "Cephauss"
http://www.elecash.org/blog/wp-images/imagenes/sincity.jpg Quelques part dans l´asile, là où le froid se mélange étroitement avec la sueur et le sang.
Je me lave les mains soigneusement, faire ça propre. Sauf que c´est pas mon genre. Habituellement je fais ça à ma manière : sale et bruyant. Mais c´est par pur principe hygiénique.
D´une main je ferme la porte blindée de la salle, elle grince, elle est rouillé sur ses gonds. De l´autre j´éteins la lumière. La clarté de la pleine Lune passe à travers les barreaux et ce lieu saint pour nous est aussi visible qu´en plein jour.
Avant de venir j´ai tout de même fait un passage en cuisine. Je me suis fait un steak plutôt honnête; honnête qui rîme sans l´être avec épais. Et une bière. La première depuis trois jours. Quel bonheur de pouvoir faire ce beau métier.
Je lui retire le bandeau sur sa tête. Sa vue semble s´habituer aux ombres environnantes. Ses yeux parcourent son champs de vision, de gauche à droite et de haut en bas. Puis ils se fixent. Chose plutôt évidemment étant donné que je viens de m´accroupir juste devant lui.
-Tu sais, je sais pas finalement. Tu vaux le coup? On me dit que oui mais j´en ai pas l´impression.
Il ne répond pas. Il ne me répond rien. ça aussi chose évidente puisqu´une pince lui maintiens la bouche grande ouverte, attaché de la tête aux pieds sur une chaise fixée au sol. Je me demande toujours ce qu´on peut ressentir à ce moment précis. D´habitude de ce côté-ci de la chaise on ressent de l´exitation, des petits frissons... et la satisfaction du travail bien fait.
Mais lui? Je lui demanderai bien quel genre d´émotions passent en ce moment dans son esprit, ce qui peu bien lui passer à travers la tête, à part ma masse de 20 kilos rangé dans un coin. Je lui poserai bien la question, mais ce n´est pas vraiment ce que j´ai envie, là, tout de suite maintenant. De toute façon il ne me répondrai pas. Pas clairement en tout cas. Sa langue flotte dans un bocal dans le frigo. Une petite collation pour Cerbère. Tout à l´heure, il sera aussi repus que moi je le suis à l´instant.
Je me relève, me retourne et contemple l´établi devant moi. Je fais le point : corde, barbelé razoir, hachette, des gants pour pas me couper et me salir, tronçonneuse, étau grande taille, scie à métaux... et mes grosses pattes.
Un sourire sadique qui barre mon visage? ça ne serait pas la première fois!
-Te tuer ne m´apportera aucune satisfaction. Par contre ce qui va précéder... sera amusant.
Je souris.
Et puis je me mets au travail. Mon travail. A ma manière. Sale et bruyant.
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-Tu sais c´est pas vraiment mon boulot d´avoir fait ça. Non, ça c´est plutôt un petit quelque chose pour arrondir les fins de mois. Moi d´habitude je calme les émeuttes, les petits gars comme toi qui sont pas sage et qui ne veulent pas manger leur gras de midi dans leur assiette.
Je remet ma cigarette entre mes lèvres, en extraire son doux nectar... J´ai soudainement un petit rictus.
Il me fixe, les yeux vide, mais son âme est encore là, cachée là où elle peut, au fond de ce tas de merde. A moi de la faire sortir. Je lui essuie la goutte de sang qui lui coule sur ses paupières, après tout j´ai été élevé dans les bonnes manières. Mes manières. Je suis un être fin, du moins pas en apparence, mais délicat. J´aime les bonnes choses. Son oeil est vitreux. L´autre, un simple oeil sans moyen d´expression et sans orbite. Il a roulé là, sur le carrelage avant de l´écraser alors que je le cherchais. Oh et puis il pisse trop le sang, ça dégouline de partout alors à quoi bon l´essuyer?
-C´était pas vite et tranquille, ça je te l´avoue. A vrai dire, tu as participé aussi à la bonne ambiance et ça je t´en suis reconnaissant. L´idée de la pince s´était pas de moi. Mais si je te l´avait pas retiré quand j´approchais avec la tronçonneuse, tu aurais succombé toi même dans tes propres glaires et ta gerbe. C´est pas une fin pour toi ça, non...tu méritais mieux que ça.
Je reprend une bouffée, ça m´aide à penser, à pas devenir trop sympatisant.
-Là ou j´ai vraiment galèré, c´était pas avec le reste, non c´était plutôt en sciant et en attachant. Quel merdier ça aurait pû faire si j´avais pas eu les cordes...
A nouveau, un rictus.
-...pour faire les carreaux. Bon je reconnais qu´il y a eu une ou deux petites giclées, mais c´était surtout pour attirer notre mascotte. La faim attire, par tout les moyens. C´est l´odeur du sang tu sais ce que c´est.
Mon rire est rauque, un peu nerveux. J´ai besoin de prendre du bon temps.
Il me fixe, je pense qu´il est à demi-mort, mais je veille à ce qu´il ne le soit pas pour de bon. Il est là, toujours sur sa chaise, le ventre ouvert et les bras et les jambes sciés. Le barbelé razoir autour de son tronc, lui scisaillant la peau.
Il n´a pas cessé d´hurler, même quand je lui montrait des morceaux de lui.
Puis je l´entend.
-Viens là mon Toutou! A table.
Je m´assoie sur l´établi avant d´écraser ma clope. J´en allume une autre, pour la fin, puis sûrement une autre après pour la route.
Il ne crie pas. Il ne peut plus. Même quand ses tripes sont étalées partout et que le chien se régale. Il en arrâche de bon morceaux
-C´est un bon chien, Disais-je avec le sourire.
Puis, une fois que le cabot à le ventre plein, je finis le travail. Je le finis toujours. Sale et Bruyant. Ma scie à métaux dans une main et sa tête dans l´autre. Cette fois-ci il ne peut plus crier.
La poubelle est là pour ça. Sa tête passe pile dedans. Le corps...le chien dévorera le reste.
Je passe dans la pièce voisine, je me change, être propre pour ce qui va suivre. J´enfile enfin mon grand manteau, en cuir, allourdis par tout un attirail aussi mortel que mes idées.
J´ai assez de liquide sur moi pour faire un tour vers la marchandise dans les bas-fonds de la ville. L´une d´elle acceptera certainement, même avec mon physique. Qui n´accepterait pas avec tout ce blé si durement gagné?