Finalement je restai seule avec la gamine, les autres groupes semblaient tout excités de tenir une arme. Des idiots. Surtout le mafieux qui avait d’après ce que j’ai entendu déjà acquis tant de privilège, il avait emmené un véritable arsenal.
Tandis que je les regardais s’éloigner en warthog. Lyra me demanda pourquoi on n’avait pas de véhicule. Tu veux vraiment te faire tirer dessus toi lui répondis-je.
Je choisis de monter en amont du camp, hors de le route et également hors de vue du camp. A couvert des arbres mais essoufflés comme un porc tandis que Lyra s’amusait à courir dans tous les sens, il fallait que je vois la vérité en face, je ne risque pas de me démarquer par ma capacité physique. Les drogues, l’alcool, le tabac et les excès de tout genre avaient bien entamé ma santé. D’ailleurs avec toute cette neige blanche… Malheureusement je n’avais presque plus d’ héromantéphétamine. Je devrais essayer d’en acheter. On verra ça plus tard pour l’instant je dois attendre le retour des autres au camps pour revenir moi aussi en faisant semblant de ne rien avoir trouvé. A peine avais-je allumé une cigarette que le froid commençait déjà à m’engourdir. Lyra vint vers moi une boule de neige dans la main.
-« Viens on joue »
- Non. Va voir plus loin il y a peut être un monstre qui te recherche, peut être qu’il va t’adopter peut-être que vous vivrez heureux.
-Les monstres, ça existe pas
-Si
-Mon papa il m’a dit que…
-Qu’il te protégerait toute ta vie ?
-Non… enfin si… » La petite fille commença à pleurer « T’es méchant « hurla-t-elle en lançant sa boule de neige droit sur moi. Je voulus l’éviter mais je n’étais plus assez vif du haut de mes 27 années. L’amas de neige me frappa en pleine figure écrasant la cigarette que je tenais dans ma bouche contre mon nez. Voila que je pissais du nez, bon ca m’arrivait souvent avec toute les substances qui y passait mais cela me mit dans une rage noire. Je voulus saisir Lyra pour lui donner une bonne correction mais celle-ci avait déjà pris la fuite lorsqu’elle avait vu que son projectile avait atteint son but. Je la voyais slalomer entre les arbres.
-« REVIENS » hurlai-je tandis que je m’élançai à sa suite. « REVIENS C’EST BON JE TE PARDONNE »
Etrangement je pensais ce que je disais. J’étais plus préoccupé par l’idée de perdre la seule personne qui me parlait sans voir un rockeur ringard dans le camp que par mon saignement de nez.
Je courrai aussi vite que je le pouvais mais les branches basses et mes poumons m’empêchèrent de la rattraper en trois enjambés comme j’avais pensé le faire. La neige rendait le paysage toujours semblable. Je ne voyais plus Lyra, je la suivais grâce à ses traces dans la neige, mais la neige avait commencé à tomber. Une violente chute de neige, je ne voyais plus à 5 mètres et je commençais vraiment à m’inquiéter. Je ne savais plus où j’étais, quel chemin devrais-je prendre pour retourner au camp ?
Il fallais que je la retrouve vite avant que la neige n’efface complètement ses traces. J’avais rarement couru aussi vite.
Tout d’un coup quelque chose me fit trébucher.
C’était Lyra.
-« Putain… petite conne… tu veux te perdre ou quoi ? »Lui dis-je tandis que je tentais de reprendre mon souffle tout en me relevant. Elle ne répondait pas « Lyra ! Putain ! » Elle ne répondait toujours pas . Elle semblait tétanisé et regardé quelque chose juste derrière moi. Je me retournai et ce que je vis me laissa bouche bée.
Nous n’étions plus dans la forêt à proprement parlé, nous étions dans une clairière artificiellement crée. Les arbres étaient tous abattus, gisant au sol, certains étaient calcinés. Des morceaux de ferrailles traînaient un peu partout. Je sortis l’arme qu’ils m’avaient confié au camp et je choisis d’avancer prudemment, tout en disant à Lyra de rester derrière moi. La progression fut difficile car il fallait enjamber des troncs d’arbres centenaires et éviter les bouts de ferrailles coupant. Au bout de cinquante mètres une forme indistincte se fit voir. Nous avançâmes encore un peu.
-« Un vaisseau » dit Lyra
-« Un putain de vaisseau » répétai-je
Il s’agissait bien d’un putain de vaisseau et il était de toute évidence pas d’origine terrienne. Sa couleur d’origine semblait être d’un mauve flashant même si maintenant des taches noircissaient la coque à différents endroits. Il n’était pas très grand et au vu des cadavres que je voyais à travers la coque éventrée il devait s’agir d’un vaisseau de transport de troupe. Le gel avait déjà atteint les cadavres.
-« C’est des statues ? » me demanda Lyra.
-« Oui c’est ça. Va t’asseoir sur l’arbre là bas. » Lui répondis-je.
Je décidai de rentrer à l’intérieur pour voir si il n’y avait rien d’intéressant. Je me faufilais dont à travers le trou béant qui avait du être fait par un de nos vaisseaux humains. La lumière à l’intérieur était très faible mais je réussi à dénombrer une vingtaine de cadavre, je reconnus des Grunts, des Jackals reconnaissable a leur corps si maigre et des grand monstres que je reconnus comme étant des brutes.
« -Et tu disais que les monstres n’existaient pas ? » criai-je à l’attention de Lyra.
-« Quoi ?
-Non rien laisse tomber »
Bizarrement il n’y avait pas d’élite, l’espèce qui pendant des années avait terrorisé les humains. Mais il y avait également un être dont je n’avais jamais entendu parler d’un rose pale il semblait flasque, il n’avait pas de bras à proprement parler mais plutôt des tentacule. Même gelé, il tenait encore fermement une sphère qui ne semblait pas être une arme ou une grenade. A peine plus grosse qu’un œuf, elle semblait être faite dans un métal brillant. Cet objet me fascinait je ne pouvait pas en détourner les yeux, sa mystérieuse perfection en faisait un objet d’exception.
« Un autre vaisseau » hurla Lyra qui était toujours à l’extérieur
Tout alla alors très vite, je saisis l’objet et fut étonné par la chaleur qu’il diffusait alors même qu’il était la depuis sûrement plusieurs heures. Mais je n’avais pas le temps de méditer sur ce fait. Tandis que je sortais du vaisseau j’en vis un autre semblable se rapproché du sol.
« Vite ! Cours ! » hurlai-je à Lyra., tandis que je voyais des silhouettes que je reconnus tout de suite comme appartenant à des élites descendre du second vaisseau. J’étais juste derrière Lyra qui avait intelligemment pris le même chemin que par lequel on était venu. Je courus encore plus vite que la première fois et je rattrapais vite la petite fille qui était ralenti par les troncs d’arbres qu’elle avait du mal à enjamber. Je donnais l’objet étrange à la petite fille tandis que je la prenais sur mon épaule. Je bondissais comme un lapin d’un tronc à l’autre surpris moi-même par une telle virtuosité. La peur fait faire des choses dont on ne se croyait pas capable. Grâce à la neige nous étions déjà hors de vue des extra-terrestres mais je ne savais pas si ils nous avaient repéré avant que l’on soit caché par les chutes de neiges. Je ne ralentis pas non plus lorsque nous arrivions à couvert des arbres.
Ce n’est que lorsque je me rendis compte, après dix bonne minutes de courses que je ne savais pas où j’allais que je décidai de faire une petite pause, je déposais Lyra à terre puis m’allongeais dans la neige. Tandis que je crachai mes poumons, Lyra tournais la sphère dans tout les sens.
-« C’est quoi ce truc ? » demanda-t-elle
-« J’en… sais… rien.
-Ca sert à quoi ?
-J’en…. sais rien
-Pourquoi tu l’as pris ?
-J’en… sais… TA GUEULE ! » Répondis-je agacé par toutes ces questions sans réponses. « Cherche plutôt le chemin du camp. »
-« Ca c’est facile » répondit elle et elle sortit une boussole de sa poche.
-« T’as une boussole toi ?
-Oui ils en donnaient en même temps que les armes. Pourquoi ?
-J’arrive pas à croire qu’il t’en ai confié une… gamine !
-Bon, la route devrait se trouver au sud et après il n’y a plus qu’à la suivre. » Dit elle ignorant ma remarque.
Deux minutes plus tard nous reprîmes le chemin suivant la direction donnée par Lyra en marchant car il semblait évident que les élites ne nous suivait pas car ils nous auraient déjà rattrapé si c’était le cas. Et nous finîmes bien par tombé sur la route. Le reste du chemin se passa sans encombre. A l’approche du camps je dis a Lyra de mettre la sphère dans sa poche et de la garder caché.
A l’entrée une personne du camp me demanda ce que je ramenais.
-« Rien du tout » répondis-je
En m’éloignant je l’entendis dire à son collègue :
-« Ca m’étonne pas de cette feignasse. »
Ils rirent tout les deux de bons cœurs.