[Le Camp de La Liberté]
En 2552, sur Terre, par un froid hivernal dans un lieu isolé et inconnu.
Deux hommes, de types caucasiens et dans la quarantaine, discutent près d´un ordinateur.
L´un, un peu plus jeune que l´autre, engage la conversation.
"Qu´est-ce que ça donne ?"
"C´est bien. C´est plus tôt que nous le pensions à vrai dire, c´est terrible..."
"Tôt à quel point ?"
"C´est annoncé pour demain, mais je te le répète, la machine peut s´être trompée !"
"Tu m´as toujours prétendu le contraire jusqu´ici, mais ne t´inquiète pas, on s´en tirera !"
"On est loin d´être prêts... personne n´est préparé, on ne sait même pas ce qui nous attend !"
"On a jamais été aussi prêts, j´ai pris mes précautions, on a des provisions pour des mois et tout le monde est là, fin prêt pour le jour J..."
"Pourquoi tu ne m´as rien dit ?"
"J´étais convaincu que cette fois, ce serait la bonne, et apparement je ne me trompais pas !"
"Je t´ai demandé de travailler avec moi, je te rappelle que c´est notre projet ! On prend les décisions ensemble !"
"Allons, ne me feras-tu donc jamais confiance ?"
"Si... je te fais confiance, mais... si tu as raison, si ça arrive vraiment, on devrait prévenir le gouvernement !"
"On ne veut pas attirer l´attention, et si on avait tort, on nous arrêterait pour avoir causé une panique inutile !"
"D´accord, je te suis, mais je n´ai pas l´intention de rester planté devant cet ordinateur sans rien faire, tu comprends ?"
"Tu es trop sensible. Dans pareille situation, seuls s´en sortent ceux qui sont prêts à tuer, tu t´en souviens ?"
"Je ne suis pas d´accord, il y a assez de place ici, laisse-moi faire à mon idée. Moi aussi, tu peux me faire confiance."
"Bien, mais on a que peu de temps. Si ça se passe demain, ne traine pas."
"Je le ferai demain matin, on est encore sûr de rien, et je veux passer une dernière nuit tranquille"
"Tu commences à bien penser. Bon, je vais continuer les préparatifs, je te verrai au repas, et pas de surprise hein !"
"Tu sais bien que je suis un vrai cordon bleu ! ... A tout à l´heure"
Le lendemain matin...
Les deux hommes, au même endroit, le même homme que la veille prend la parole.
"Tout est en ordre ?"
"J´ai laissé un message audio à l´instant, il y a déjà quelques réactions... vives"
"Comment, tu veux dire ... ?"
"C´est bien, ils vont venir... nombreux à mon avis, et ça ne fait que commencer. Je ne peux pas croire..."
"Qu´on avait raison ? Ce 20 octobre sera à graver de nos noms, un jour, tu verras !"
"Je pense aux gens qui sont en train de vivre un cauchemar à l´extérieur..."
"On en apprendra bientôt davantage sur la situation à l´extérieur. Maintenant il faut attendre les arrivants."
"Tu veux dire, les survivants... les premiers devraient arriver d´ici dix heures, s´ils arrivent à attraper un vol de secours"
"Dommage, j´aurais bien aimé les avoir plus tôt à ma disposition"
"Comment ça ?"
"Qu´ils ont intérêt à être là dans dix heures, sinon il sera trop tard pour eux, et pour nous"
"Y a t´il quelque chose d´autre que j´ignore ? - Aïe ! Qu´est-ce que tu m´as fait ?"
"Tu m´avais l´air bien trop inquiet avec toute cette histoire... tu dois dormir."
"Tu...tu n´as pas...osé........que..."
"Un hypnotique. A ce soir."
Dès lors, le plus âgé des deux s´endort, une seringue de propofol enfoncée dans le bras par l´autre homme.
Cet homme, qui a osé trahir son partenaire plus âgé, cachait depuis longtemps son passé bien lourd...
Tandis que ce jour débute par la première bataille de la Terre, cet homme se prépare à faire quelque chose d´horrible dans un délai de dix heures.
Dix heures de bataille s´écoulent, tandis que des centaines de personnes tentent durant ce délai de rejoindre la Suisse.
Ils ont tous un point commun, ils ont tous lu ce message passé presque inaperçu sur le réseau global de la Terre, l´Internet.
Tous ont entendu la voix de cet homme, ce scientifique, qui leur parlait d´un abri, "en Suisse, en Montagne mais pas très haut"...
Ces personnes vivent dix heures d´enfer, pour les plus chanceux. Les autres se sont retrouvés coincés en chemin et sont promis à une mort certaine à cause des Covenants.
Ceux qui s´en sont sortis, après un long parcours qu´ils raconteront prochainement, viennent d´atteindre ce lieu, un peu isolé...
Les dix heures se sont écoulées.
Beaucoup de gens approchent enfin de l´abri, chargés d´espoir, mais bien peu chargés matériellement. Certains sont à peine vêtus ou de façon maladroite, à cause de leur précipitation pour échapper aux attaques Covenants.
Ils approchent de la localisation précise de l´abri, mais s´inquiètent en ne voyant rien ni personne...
A cause du tonnerre dans le ciel, et à cause du tumulte causé par cette "foule" rassemblée, ils n´entendent pas l´abri qui s´ouvre.
Cependant l´un d´entre eux se saisit lorsqu´il voit un grand trou dans le sol, trou profond, sombre, de plusieurs mètres de diamètre...
Aussitôt la foule se rassemble sur les bords de ce trou et observe, un homme est en train de gravit la paroi intérieure de ce trou, à l´aide d´une échelle.
Cet homme arrive au sommet de l´échelle, la foule lui laisse prendre place. Il se redresse et prend la parole :
"Vous êtes plus nombreux que je ne le pensais, je me présente, mon nom est Marian, je..."
Mais Il est aussitôt interrompu par une jeune femme :
"C´est vous qui avez laissé ce message ?"
Ce qu´il s´empresse de confirmer, sans leur avouer que celui qui a véritablement laissé ce message est endormi, cent mètres plus bas..."
Il leur explique qu´il s´agit un ancien silo à missile, désaffecté depuis que le Conseil des Nations Unies a décidé de la Paix Globale des Nations.
"Ce silo allait être démoli à cause de son âge, mais rassurez-vous, nous l´avons amménagé durant ces cinq dernières années ! Beaucoup de personnes y ont travaillé !
Il dispose même d´une plate-forme mobile verticale... un ascenceur en fait. Il devrait arriver, maintenant..."
En attendant que la plate-forme monte, les gens reprennent déjà le sourire, et surtout l´espoir. Ils semblent rassurés.
La jeune femme de tout à l´heure fait tout de même une remarque...
"Marian, ... vous permettez que je vous appelle Marian ?"
"Bien entendu."
"Je me disais... Votre voix n´est pas du tout la même que dans le message que vous avez laissé."
Marian se sent un peu désemparé mais se reprend :
"C´est sûrement car on est à l´extérieur, à l´intérieur il y a de l´écho, et puis même moi j´ai souvent du mal à reconnaitre ma voix, croyez-moi, Ha ha !"
Il riait évidemment jaune, mais profita de l´instant suivant pour détourner la conversation.
"Mais voilà que la plate-forme arrive, regardez !"
La plate-forme montante apparait peu à peu, éclairée à l´aide de quelques lampes qui y sont implentées. Enfin, elle atteint le sommet.
"Elle donnerait presque l´effet d´une piste de dance disco du vingtième siècle, pas vrai ?"
Mais les gens n´écoutent pas vraiment Marian et se précipitent sur la plate-forme, cherchant plutôt la sécurité que le réconfort.
Marian s´étonne du fait que ces centaines de personnes parviennent à se caser sur la plate-forme. Mais il y a des familles, et donc des enfants, ceci explique sans doute cela...
Tous sont en place, Marian presse un bouton sur une sorte de radio accrochée à sa ceinture, et la plate-forme commence sa descente dans ce trou qui, au contraire de la plate-forme, reste bien sombre".
Une minute plus tard, la plate-forme s´arrête. Ses lumières s´affaiblissent tandis que s´illumine un très large couloir, au bout duquel est illminée une grande porte, porte de protection contre la chaleur.
Marian progresse dans le couloir, suivi de la foule, et ouvre la porte.
Les gens sont étonnés, ce n´est pas qu´un simple silo, c´est beaucoup plus complexe. La porte donne sur trois corridors orientés dans des directions différentes. Des portes sont disséminées de façon symétrique sur chacun des murs.
"Chacune de ces portes est une chambre aménagée pour 4 personnes, mais je voudrais d´abord vous faire visiter le reste du complexe."
C´est alors qu´au bout d´un des couloirs, une porte s´ouvre, plusieurs hommes entrent. Vêtus du blanc, ils ont l´air de médecins, de scientifiques. Certains cependant portent un capuchon, qui laisse à l´ombre une partie de leur visage.
"Ces hommes vont s´occuper de vous faire la visite, ils ont participé à l´amélioration et l´amménagement du complexe. Je vous prie de bien vouloir les suivre."
La foule les suit de l´autre côté de la porte, dans une grande salle... Quand ils sont tous entrés, Marian, entre à son tour et referme la porte derrière eux.
"C´est parfait. Je vous remercie d´être tous venus, ça va faciliter bien des choses."
Marian fait signe à un de ces hommes en blanc de s´approcher.
"Je lis 20h41 sur ma montre, peux-tu me confirmer ?"
L´homme en blanc ne dit rien, mais regarde sa montre et fait un signe de confirmation de la tête.
"Va donc me le chercher."
L´homme en blanc de répondre : "Il n´est pas avec vous ?"
"Comment ça, avec moi ? Il n´est jamais sorti !"
"C´est que, il n´est plus où vous l´aviez laissé..."
Marian semble à nouveau confus...
"Il reste moins de vingt minutes, trouve-le, sinon on aura fait tout ça pour rien !"
Mais déjà leur conversation a été surprise et plusieurs personnes lui demandent ce qui se passe, l´obligeant à répondre...
"Cela ne vous regarde en rien, c´est une affaire privée. Ne vous inquiétez pas cependant, il n´y en a aucune raison !"
Cependant les inquiets l´interpellent de nouveau :
"Si nous ne devons pas nous inquiéter, pourquoi est-ce que la porte derrière nous est fermée à clé ?"
Marian aimerait passer à l´étape suivante, mais ne peut rien sans l´homme qu´il cherche, le scientifique..."
Tandis qu´il reste sans réponse face aux gens inquiets, ceux-ci s´énervent et commencent à s´agiter."
L´homme en blanc de tout à l´heure revient, avec une arme à la main...
Les civils présents sont paniqués. Marian lui crie dessus. L´homme en blanc approche et prend la parole :
"Je suis désolé, mais on ne peut pas faire ça à ces gens."
"Où est-il ? Où est Galien ?"
"Je suis là", dit un des hommes en blanc.
"Tant pis ! Fidèles, tuez ces deux là, ensuite on s´occupe des autres !"
Les civils sont paniqués lorsque ces hommes en blanc sortent leurs armes et se prennent les uns et les autres pour cibles".
Cependant, aucune balle n´est tirée...
"Nos armes son déchargés, Marian !" . dit l´un d´entre eux.
Galien, le scientifique qui avait été endormi, parle aux civils :
"Si je ne l´avais pas fait, Marian et ces hommes en blanc que vous voyez, vous seriez bientôt morts !" dit Galien en s´adressant aux civils.
"Mais, vous êtes l´homme du message ? Je reconnais votre voix !" Dit la jeune femme de tout à l´heure.
"Ce Marian voulait tous nous tuer ! Mais qu´est-ce qui se passe ici !" dit l´un des civils, choqué.
"Allons, ne compromettez pas tout !" dit Marian
"Compromettre cette farce ?" dit Galien
"Tu le sais très bien, nos prévisions se sont réalisées, c´est un signe ! Pour empêcher le massacre de l´humanité, nous devons faire un sacrifice !"
"Je vais déjà empêcher un massacre, Marian, celui que tu allais commettre maintenant !"
Mais il est déjà trop tard, certains civils ont compris assez vite dans quoi ils étaient tombés, et déjà s´en prennent à Marian, et aux hommes en blanc... Une bagarre éclate.
Galien s´adresse à l´homme en blanc qui avait désobéi à Marian.
"Ivan, ça fait deux fois que tu me tires d´affaire. Merci"
"Ha ha, tandis que tu faisais la marmotte, moi j´ai paniqué toute la matinée que l´un d´entre eux vérifie ses munitions !"
"Il avait mis quoi dans cette seringue ?"
"Du propofol, que j´ai pris soin de mélanger à assez d´eau pour réduire la durée de l´effet à 5 minutes"
Galien enlève la capuche qui lui cachait le visage.
"Et maintenant ?" lui demande Ivan
"Maintenant, on va devoir convaincre tous ces gens de ne pas nous réserver le même sort qu´à Marian... et ensuite, ... on leur expliquera que des Covenants ont été repérés à quinze kilomètres d´ici avant même leur arrivée"
"C´est sûr, t´as intérêt à assurer si tu ne veux pas qu´on finisse comme Marian."
[A SUIVRE...]