Je sais que j´ai été long, mais je n´ai pas oublié.
Voilà:
Ils étaient descendus par le trou et se trouvaient maintenant sur une passerelle surplombant un canal souterrain. Aucune trace de la Tronçonneuse. Ils suivirent la passerelle et entrèrent dans un boyau étroit.
Contre le mur, il y avait un charmant macchabée artistiquement lacéré. Ce type portait une combinaison bleue, un gilet pare-balles et un masque à gaz. On aurait dit un type du SAS, à ceci près que sur son épaule, il portait un écusson polygonal rouge et blanc, avec en-dessous la mention « Biohazard Control Squad », et en-dessous « Ltn Spartax ». Il tenait un MP5. Après avoir accompli le geste rituel censé empêcher le mort de se relever ( à savoir un éclatement des cervicales ) , Shadow appela Rebecca:
« Ce logo, ça te dit quelque chose ?
_ Oui. C’est eux.
_ Mais qu’est-ce qui se passe au juste, demanda Sally.
_ Ce qui se passe, expliqua Shadow, c’est que nous sommes ici en présence du lieutenant Spartax de l’esquade de contrôle des risques biologiques, qui se trouve être un service d’Umbrella. Il y a fort à parier que ces types sont là pour étouffer l’affaire en éliminant les survivants. Ce qui nous oblige à être extrêmement prudentsen traversant ces égouts. »
Il fouilla les poches du mort et en sortit deux chargeurs 9mm et un SigPro SP2009 chargé. Il donna les munitions aux flics et le pistolet à Sally. Victoria hérita de la mitraillette car c’était elle qui semblait la plus dégourdie. Puis Shadow demanda son sac.
Il l’ouvrit et fourra toutes ses munitions dans ses poches. Puis il sortit le boîtier métallique et l’ouvrit: il contenait des pièces détachées, une crosse, une culasse, un chargeur, un canon, un viseur laser et d’autres petits éléments. Une fois l’assemblage fini, il obtint un FN90p.
Maintenant qu’ils étaient bien armés, ils s’aventurèrent dans les boyaux…
« Lieutenant Spartax, répondez s’il vous plaît… Lieutenant Spartax, veuillez répondre ! »
L’homme de l’UBCS qui s’acharnait sur sa radio arborait le même équipement que son défunt camarade, et portait sur son écusson la mention « Cpt Hunk ».
A vrai dire, ils étaient bien une vingtaine de soldats rassemblés dans le conduit de maintenance, un boyau très large et très haut de plafond qui s’étendait sur toute la ville, mais qui était désormais condamné. Sur le sol s’écoulait une eau pas très claire de faible profondeur et chargée de cadavres, surplombée par un réseau de passerelles sur plusieurs niveaux. Le capitaine Hunk et trois de ses hommes se trouvaient sur une passerelle à six mètres au-dessus de l’eau. Le reste de l’équipe était réparti entre les autres passerelles, et c’est là qu’ils voulaient monter leur camp de base. Spartax était supposé être parti en éclaireur. La plus haute passerelle de l’édifice se trouvait à onze mètres au-dessus de l’eau, mais était inaccessible.
L’équipe de Hunk était en fait une équipe de réserve, car le QG avait perdu le contact avec l’équipe principale. La mission de la première équipe avait été de récupérer les échantillons de virus et d’éliminer le Dr. Birkin. L’équipe secondaire avait été envoyée quelques temps après, pour supprimer Birkin. Dans la soirée, le QG allait envoyer une équipe de surface pour évacuer les survivants, ils ne devaient donc pas traîner, car l’équipe de surface risquait de ne pas tenir longtemps contre les monstres en surface. Même si elle comprenait quelques redoutables combattants, comme le lieutenant Mikhaïl, véritable char d’assaut sur jambes, et était dirigée par Mr. Poigne de Fer, le commandant Ginovaef, ce connard de ruscoff. En plus, comme si le travail n’était pas déjà assez difficile, le QG avait aussi parachuté deux super soldats pour étouffer l’affaire Raccoon City: le premier, le Tyrant-002, était supposé récupérer le virus qui était perdu dans la ville. Le second, qui n’était autre qu’un prototype Nemesis, avait pour mission d’éliminer quelques personnes dont la survie pourrait poser problème à Umbrella. Le problème, c’est que Hunk n’avait aucune confiance en ces monstres et refusait catégoriquement de travailler avec eux: le comportement de ces créatures est bien trop imprévisible, il suffisait de voir les écorchés et les chasseurs pour s’en rendre compte: depuis leur libération accidentelle, ils avaient commencé à délimiter leurs territoires et à agresser quiconque s’en approchait, alors qu’à la base, la corporation voulait en faire des soldats. En fait, la seule chose qui motivait Hunk pour ce boulot ( à part le salaire, bien entendu ) , c’était que les missions qu’on lui confiait étaient des vrais défis pour l’homme que l’on nomme « The Fourth Survivor », et ça, il adorait.
Mais pourquoi ce crétin de Spartax ne répondait pas ?
Veronica, prise de panique, parcourait cet étroit boyau à toutes pompes, son Glock à la main. Deux écorchés l’avaient prise en chasse dans le conduit du vide-ordure, et elle ne voulait même pas savoir si ils la poursuivaient toujours: elle courait, tout simplement.
Elle courut jusqu’à un embranchement. Devant elle, elle pouvait voir des gens armés. Il y avait deux femmes de la police, et une autre… c’était Sally ! Elle était sauvée ! Et puis il y avait un autre type, mais elle ne s’en souciait pas: son esprit paniqué ne pensait qu’à rejoindre son amie. D’ailleurs, elle alla se jeter dans ses bras.
« Sally ! Est-ce qu’ils sont derrière ?
_ Quoi ?
_ Les monstres ! Est-ce qu’ils sont derrière ?
_ Ben, non. Non, il y a personne.
_ Ouf !
_ Ne soupire pas, parce que ça n’a rien de rassurant. »
Elle regarda l’homme qui venait de lui adresser la parole: un grand type en noir, coiffé d’un casque. Il portait un sabre dans le dos, un revolver dans la main droite et une mitraillette dans la main gauche.
« Que voulez-vous dire ?
_ Tu étais poursuivie par des écorchés, n’est-ce pas ?
_ Oui.
_ Et ils ont lâché la poursuite. Très mauvais signe.
_ Pourquoi ?
_ J’ai observé ces monstres, et j’en suis venu à la conclusion qu’ils agissaient comme des fauves: ils défendent leur territoire, ils tuent, ils s’organisent. Sauf qu’ils ne savent apparemment pas que leurs victimes finissent par se transformer en zombies. Enfin, bref: en principe, un fauve ne lâche jamais une proie. Sauf…
_ Sauf quoi ?
_ Sauf s’il doit pénétrer dans le territoire d’un autre prédateur qu’il craint. En clair, nous sommes peut-être en danger de mort, dans ces égouts. Alors tirons-nous. »
Un quart d’heure.
Un quart d’heure de marche dans ces foutus boyaux sans trouver la sortie. Ils commençaient franchement à en avoir marre. Ils venaient d’arriver dans une grande salle circulaire évoquant un puits. Ils atteignirent le milieu de la salle, et les choses sautèrent des murs pour les encercler. Ils étaient une bonne dizaine, ressemblant à des gros chimpanzés bien musclé, mais avec la peau et la tête d’un lézard. Les chasseurs. Ils venaient de tendre une embuscade. Pour l’instant, les deux camps adverses se considéraient silencieusement, attendant que l’un se décide à attaquer.
Et c’est alors que l’attaque survint. Un homme sauta du haut du puis et se réceptionna au sol, près des cinq humains. C’était la Tronçonneuse.
Et merde !
Contre toute attente, Tony se jeta sur les chasseurs et commença à les massacrer. Les autres ne tardèrent pas à en faire autant. En un rien de temps, il ne restait que des cadavres.
« Pourquoi nous aides-tu ? Demanda Shadow, sur le qui-vive.
_ Parce que c’est toi et toi seul que je veux combattre ! C’est toi qui représente un réel défi, ici ! Alors en garde, Ninja Master ! »
Mais au moment où les deux hommes étaient sur le point de se re-foutre sur la gueule, tels Rocky et Drago, une autre meute de chasseurs jaillit des nombreuses ouvertures dans la paroi du puits et les prit en chasse.
Shadow et ses acolytes en profitèrent pour fuir ( en prenant un énième boyau ) , poursuivis par Tony qui, de rage, leur promettait qu’ils n’allaient pas partir aussi facilement. Le problème, c’est que Tony était rapide. Très rapide. Dans quelques secondes à peine, il serait sur eux.
Shadow freina soudainement et fit un écart sur le côté au moment où le tueur lançait son attaque. Le temps que Tony se ressaisisse, et Shadow avait déjà tiré ses cinq balles de très gros calibre. Le corps s’effondra, mais les cratères laissés par les balles étaient minuscules ( étrange pour du 454 ) .
Mais Shadow s’en foutait. Il repartit vers ses amis. Au bout de 30 mètres, il entendit une série de tintements métalliques: Tony venait de se redresser et les balles venaient d’être expulsées de son corps.
Le mercenaire continua de courir en tirant des rafales de mitraillette derrière lui. Même si elles n’endommageaient pas le mutant, elles le ralentissaient et c’était le principal. Jusqu’à ce qu’il abandonne la poursuite.
Shadow était maintenant soulagé: il ne courait plus qu’à petites foulées et voyait un groupe de gens devant lui: il avait enfin rejoint le reste de l’équipe.
Mais quand il les rejoignit, ce fut pour vite déchanter: effectivement, Veronica, Victoria, Rebecca et Sally étaient là. Mais ils étaient encerclés par un groupe d’hommes armés et vêtus comme Mr. Spartax.
Et merde !
« Je suis le capitaine Hunk, des forces spéciales UBCS. Je vous suggère de jeter vos armes et de décliner vos identités. L’homme au casque en particulier. »
Shadow se baissa lentement et commença ( de plus en plus lentement ) à déposer ses flingues au sol. Il avait trois shurikens dans sa manche, et il attendait le bon moment pour s’en servir. Quand le miracle se produisit: un des soldats se mit à crier:
« Capitaine ! Ils se lèvent !
_ Quoi ?
_ Les corps, Capitaine. Ils se lèvent !
_ Nom de … »
Ces corps venaient d’atteindre la phase 2 de la maladie. Comment a-t-il pu oublier ça ?
Alors que tout le monde se tournait en direction des zombies, trois « shlak » se firent entendre et trois des soldats s’affalèrent dans l’eau, chacun ayant une fléchette métallique fichée dans le crâne.
Puis Shadow ramassa ses armes et ordonna à son équipe de se disperser et de faire feu.
C’est ce qu’ils firent, et la bataille tourna bientôt à l’apocalypse: l’équipe de Shadow était composée de quatre personnes, celle de Hunk en comptait vingt-trois à la base. En enlevant Spartax et les trois autres, on arrivait à dix-neuf. Les zombies, eux, étaient en surnombre. Les trois camps se battaient entre eux, et Hunk remarqua vite que l’homme au casque et la policière blonde étaient redoutables: à eux deux, ils avaient déjà dégommés trois zombies et quatre soldats.
Un des UBCS était sur une passerelle haute et jouait les snipers jusqu’à ce que trois shurikens le descendent. Shadow vida ensuite son stock de shakens sur les zombies les plus proches. Il ne lui restait plus que ses flingues, son sabre et son couteau.
Victoria et Sally combattaient dos à dos et se débrouillaient bien: trois nouveaux morts chez les UBCS. Sally avait abandonné le sac de Shadow pour plus de mobilité.
Du côté de Rebecca, ça allait mal: Veronica venait de prendre une balle dans la cheville et la jeune infirmière faisait tout son possible pour l’éloigner du combat.
Puis un élément nouveau survint: cinq zombies venaient de finir déchiquetés à coups de lame mécanique et trois soldats s’étaient fait dégommer par derrière: Tony les avait retrouvés et, sa tronçonneuse dans une main et son Desert Eagle calibre 50 AE dans l’autre, s’était jeté dans la bataille et semblait s’amuser comme s’il jouait à Time Crisis dans une salle d’arcade.
C’est ça qui avait distrait Shadow, qui n’avait compris qu’on lui tirait dessus qu’au dernier moment: il n’eut pas le temps d’esquiver et, par réflexe, il leva le bras devant lui: la rafale de MP5 s’abattit sur le FN90p, qui s’en retrouva déchiqueté. De rage, Shadow fonça sur le soldat qui venait de faire ça et lui trancha la carotide d’un coup de poignard.
Bon, il ne lui restait plus que son Taurus et ses armes blanches, à présent.
Une grosse explosion tua cinq soldats et pas mal de zombies: un tir de lance-roquettes. Et son propriétaire marchait d’un pas assuré, tout en lâchant un « STARS » d’une voix inhumaine.
Rebecca pensait: « oh non, il m’a retrouvée ! »
Hunk pensait: « chiotte ! Manquait plus que lui ! »
Mais Shadow pensait: « parfait… »
Le mercenaire se tourna vers la Tronçonneuse et le héla:
« Eh, toi ! Tu veux un adversaire à ta taille ? En voilà un ! »
Tony se tourna vers le Nemesis et eut un sourire diabolique. Il remercia le ninja et se rua sur le monstre. Il tenta un coup de tronçonneuse mais le Nemesis contra avec son lance-roquettes et la lame mécanique se fragmenta en petits morceaux. On ne sait pas ce qu’il s’est passé ensuite entre les deux mutants: on entendait des grosses explosions, des bruits de lutte terrifiants mêlés aux craquements des murs qui se fissuraient.
En fait, tout le monde était bien trop occupé avec les zombies qui ne cessaient d’affluer. Ces égouts devaient contenir un nombre incroyable de corps. Et il restait trois balles à Sally, Rebecca et Veronica avaient leurs armes encore pratiquement pleines parce qu’elles ne s’étaient pas battues énormément, et Shadow avait encore une balle dans son Taurus et une boîte de 15 en réserve.
Le mercenaire commença à se dire qu’ils étaient profondément dans la merde quand il remarqua son sac qui gisait dans l’eau boueuse. Il restait deux charges explosives, de quoi bloquer les entrées. Il courut vers lui mais une balle perdue l’atteignit avant lui et fit sauter les charges dans la sacoche. La formidable explosion réduisit un bon paquet de zombies en lambeaux de chair sanguinolente mais le souffle toucha le ninja, pulvérisant une partie de son casque.
Shadow rampait maintenant dans la boue, sérieusement sonné, et ne vit pas qu’un des deux derniers UBCS l’avait pris pour cible quand…
BOAM !
La tête du soldat explosa littéralement, ainsi qu’une bonne partie de son poitrail. Shadow leva les yeux et discerna faiblement une silhouette qui se tenait sur la passerelle des onze mètres. L’homme ( si c’en était un ) tirait sur les zombies, et chaque tir était suffisamment puissant pour en tuer plusieurs d’un coup. Mais avec une telle arme, ce type n’avait sûrement pas des munitions illimitées.
Shadow chercha un autre moyen de se tirer: il sortit la petite boîte accrochée à sa ceinture, l’ouvrit, et commença à mélanger des herbes et des poudres de différentes couleurs. Quand il eut fini, il sortit son briquet et mit le feu à son mélange. Rapidement, une fumée blanche épaisse comme du béton commença à remplir la salle à tel point qu’il était quasiment impossible de discerner quoi que ce soit…
Quand le brouillard se dissipa, tout était redevenu calme. Le seul bruit était le bruit de mastication des zombies en train de se repaître. Et ils avaient de quoi: à part leurs congénères morts, il y avait également toute l’équipe de l’UBCS, à l’exception de Hunk, et le corps de Sally, qui n’avait pas eu de chance.
Ne souffrant que de dommages légers, le Nemesis s’était redressé et était reparti dans les boyaux: il avait perdu une cible, mais il lui en restait deux. Il reviendra finir son travail plus tard.
Shadow, Hunk, Victoria, Rebecca, Veronica, Tony et le mystérieux tireurs avaient disparus sans laisser de traces.