ATTENTION, le chapitre du BOSS ( TAtaTiinnn... ) !
A 10h08, la porte de devant du gymnase s´ouvrit et les deux femmes-flics en sortirent prudemment. Elles avaient l´intention de rejoindre et de fouiller le bâtiment technique. Mais pour cela, elles devaient traverser le terrain de sport, ce qui représentait un grand espace à découvert, où n´importe quel monstre pouvait aisément les repérer. Heureusement, les écorchés semblaient se concentrer sur la cour. Elles progressaient à petites foulées, courbées au maximum pour être le moins visibles possible. Elles arrivaient déjà vers le milieu du terrain quand elles virent l´herbe devenue rouge autour des cadavres: il y avait cinq jeunes et trois écorchés, qui se sont apparemment entretués.
Survivants probables: 169.
Et pendant qu´elles constataient ce fait, elles ne virent pas la meute de chiens qui arrivait derrière elles. Il était 10h12.
Soudain, un cri féminin se fit entendre depuis la cour, suivi quelques secondes plus tard par un homme hurlant " On dégage ! ".
Les chiens, surpris, marquèrent un temps d´arrêt, et les deux femmes levèrent la tête. Et virent les chiens. Victoria et Rébecca se regardèrent et crièrent à l´unisson: " On dégage ! "
Alors elles coururent le plus rapidement possible, suivies de près par ces horribles chiens lépreux et enragés.
Elles eurent l´incroyable chance d´atteindre le bâtiment technique sans encombres et de refermer la porte à temps. Chance que Rébecca devait à Victoria. La jeune infirmière se savait bonne sprinteuse, mais la femme du SWAT avait parcouru les 300 mètres qui les séparaient du bâtiment en 12 secondes, et de plus en portant Rébecca qui avait trop de mal à suivre !
Enfin, le fait était qu´elles se trouvaient maintenant en sécurité. Après avoir repris leur souffle, elles explorèrent la zone: un simple petit couloir avec plusieurs portes, dont une vitrée. La salle qui se trouvait derrière celle-ci était plongée dans la pénombre, mais avec la faible lumière qui passait, elles devinèrent des formes de machines. Elles entrèrent. C´était la salle principale, une pièce très large et très haute de plafond au sol en ciment nu et encombrée de différentes machines. Il y avait de tout, des découpeurs, des soudeuses, des presses, des grosses perceuses...
Toutes les machines étaient recouvertes de minces fils blancs en nylon. Sûrement pour un projet quelconque. Sur un côté de la pièce se trouvait une discrète petite porte qu´elles franchirent. Elles auraient dû regarder le plafond, et peut-être auraient-elles pu sortir sans encombres...
Elles se trouvaient maintenant dans une cage d´escalier. D´en haut leurs provenaient des petits bruits étouffés. Des pleurs. Elles montèrent au premier étage et entrèrent dans un couloir, qui lui était éclairé. Contre un mur, un couple d´adolescents était assis, enlacé. Le garçon pleurait en serrant sa copine dans ses bras. Les deux femmes s´en approchèrent. La fille ne bougeait pas, mais le garçon les interpella:
" Vous êtes qui, vous ?
_ Ne crains rien, nous sommes de la police. On va vous sortir de là.
_ On peut pas sortir.
_ Quoi ?
_ IL N´Y A AUCUN MOYEN DE SORTIR ! On... on était tous... dans la pièce principale. La grande salle, vous savez ?
_ Oui.
_ On devait être une vingtaine ce matin, dans tout le bâtiment. Et quand on a vu... ces monstres, dehors, on a voulu s´échapper... on s´est réunis dans... la salle principale et... et elle nous est tombée dessus !
_ Qui, " elle" ?
_ Ils étaient tous... Scott, Jason, Bill... Y a que moi... et Jessica... qui nous en sommes sortis. Mais... Jessica... elle a...
_ Calme-toi."
Rébecca craignait que Jessica ne soit en état de choc et ne soit devenue catatonique.
" Jessica ? Vous m´entendez ? "
Elle posa doucement sa main sur le bras de l´adolescente. Il était froid. Elle tira légèrement. Jessica s´étala par terre. Elle n´était pas du tout catatonique ! Elle était raide morte, oui !
" Vous êtes dans ce couloir depuis combien de temps ?
_ Environ... un quart d´heures... Jessica ! "
Il pleura à sanglots redoublés.
" Rébecca, demanda la femme-SWAT, de quoi est-elle morte ? "
La peau de la lycéenne était grisâtre et les veines violacées étaient nettement visibles. Sur son bras, elle portait deux cicatrices, deux trous identiques séparés de dix centimètres.
" Une neurotoxine, conclut Rébecca. Ces marques sur son bras ressemblent à des piqûres d´insectes."
Victoria demanda son nom au garçon: Bryan.
" Bryan, dit-elle, il ne faut pas rester ici. Nous sommes passés par la grande salle et nous n´avons rien vu. Donc la chose, quoi que ça puisse être, est autre part dans ce bâtiments. Il faut partir.
_ Vic, dit Rébecca, tu oublies les chiens.
_ Les chiens seront sûrement moins dangereux qu´un monstre venimeux. Et puis nous sommes armées."
C´était dit. Elles redescendirent l´escalier et revinrent dans la grande salle. Elles s´approchèrent de la porte mais virent qu´elle était maintenant condamnée: une épaisse nappe de nylon blanc et poisseux. Trop épaisse pour ouvrir la porte ou pour passer à travers. Elles se retournèrent et découvrirent Bryan, debout au milieu de la pièce, les yeux rivés au plafond. Puis il dit, d´une voix chargées des plus primaires et des plus profondes terreurs:
" Elle arrive..."
Les deux femmes levèrent les yeux à leur tour.
Tout en haut, à quelques centimètres sous le plafond, une sorte de filet de pêche en forme de rosace était tendue entre les murs.
Rébecca ne pouvait le croire. Son esprit logique avait identifié la chose, mais une petite voix, une voix venue de ses plus profonds et de ses plus noirs cauchemars d´enfant, lui dit que c´était impossible, absolument impossible.
( Tu sais ce que c´est, Becky, tu sais ce que c´est, admets-le )
( Non ! C´est impossible, ça ne peut pas exister ! )
( Tu ne peux pas l´ignorer, Becky, qu´est-ce que c´est ? Tu le sais ! Dis-le ! )
C´était... c´était une toile d´araignée. Une toile d´araignée de plus de 4.000m².
Vingt fils pendaient de cette toile, et au bout de dix-neuf d´entre eux se trouvait un cocon de la taille d´un humain. Un cocon qui renfermait les restes d´un humain. Le vingtième fil se ralongeait de plus en plus, ce qui se trouvait au bout se rapprochait donc de plus en plus du sol. Ce qui se trouvait au bout... était l´incarnation des plus abominables peurs enfantines de Rébecca. Ce cauchemar vivant entièrement noir avait un corps fin d´environ trois mètres, ridiculement petit par rapport à son abdomen, une boule de plus de neuf mètres de diamètre dotée de cette tache rouge caractéristique. De ce qui ressemblait à sa gueule sortaient deux aiguillons séparés de dix centimètres. Ses huit longues pattes maigres, les deux de devant et les deux de derrière mesurant chacune douze mètres tandis que les quatre du milieu n´en mesuraient que huit, gigotaient à l´approche de la proie. Elle était précisément au-dessus de Bryan. Celui-ci hurla comme un damné quand le fil se rompit et quand l´abominable créature lui tomba dessus, le déchiquetant impitoyablement. Puis la Grande Veuve Noire se tourna vers les deux femmes, les fixant de ses huit yeux inexpressifs, des lambeaux de chair sanguinolente pendant à ses mandibules.
Survivants probables: 148.
Alors, ce boss ?
http://www.phsouth.co.nz/images/redback.jpg
Il en jette, non ?