Pour une fois,sports.fr nous pond un bon article (à mon goût).Interessant de constater que tout n´est pas si rose qu´on ne veut bien nous le faire croire,Zidane ou pas Zidane...
Un vestiaire à cran
10/10/2005
Par WILLIAM MONTJEAN
De Sports.fr
Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. La qualification pour la Coupe du monde est encore loin d´être acquise pour l´équipe de France et on voit poindre au grand jour des dissensions entre certains joueurs et l´encadrement technique. Les choix tactiques de Raymond Domenech lors du match contre la Suisse ont ainsi été remis en cause au sein même de l´équipe de France. Alors que la possibilité de voir les Bleus privés de Mondial en Allemagne devient envisageable, la solidarité qui serait pourtant bienvenue n´a plus cours...
Le vernis craque. La belle image du groupe France regénéré par les retours des grands anciens a déjà du plomb dans l´aile au moment où les Bleus se retrouvent dans le dur. Après les victoires contre les Feroé et contre l´Irlande, le sourire était revenu sur les visages français. Seul Raymond Domenech avait alors eu la sagesse de se garder de tout excès de confiance, persuadé que les deux dernières étapes n´étaient pas gagnées d´avance. Pour ce qui est du match contre la Suisse, il ne s´est pas trompé.
Mais s´il a fait preuve d´une certaine vista concernant le déroulement général de la compétition, certains joueurs n´ont pas hésité, dès samedi, à imputer la décevante performance des Bleus au sélectionneur. En cause, le choix de ne pas titulariser Cissé en l´absence de Henry et Trezeguet. Lilian Thuram, puisque c´est de lui qu´il s´agit, s´est étonné tout haut de cette décision tactique. "Tactiquement, Sylvain (Wiltord) était esseulé devant. On n´avait pas la profondeur dans le jeu, ni la maîtrise. Après, Cissé en a donné un peu plus. (...) On peut toujours se demander pourquoi on n´a pas commencé la rencontre comme ça, mais c´était un choix", s´interrogeait le défenseur de la Juventus qui semble toujours tiraillé entre la retraite internationale qu´il avait choisie et ce retour un peu forcé en équipe de France...
Domenech pris en tenaille
Thuram avait néanmoins l´honnêteté de reconnaître que la prestation générale des joueurs présents sur la pelouse en Suisse n´avait pas été à la hauteur de ce qui était espéré. Un son de cloche que l´on retrouvait chez son coéquipier Patrick Vieira, déçu de sa propre performance mais qui souligne les responsabilités de chacun: "Les décisions, le coach les prend et il les assume. Ces décisions, bien sûr, on en parle. Chacun prend ses responsabilités. Nous, en tant que joueurs. Le coach, en tant qu´entraîneur."
Un discours ferme qui laisse à penser que le fossé entre les joueurs et Domenech s´est encore un peu plus creusé ces jours derniers et que le coach ne doit pas s´attendre à un grand soutien des cadres de l´équipe en cas de nouvelle déception mercredi face à Chypre. Des cadres sur lesquels le sélectionneur semble d´ailleurs ne pas avoir l´emprise qui s´imposerait au point de s´évertuer à laisser sur le terrain samedi Zidane et Vieira, pourtant complètement hors-sujet, et de sortir au contraire un Dhorasoo qui s´en sortait plutôt mieux.
Raymond Domenech se trouve pris dans une contradiction depuis les retours de Zidane, Thuram et Makelele applaudis à toute force par le grand public et par la plupart des observateurs. Ainsi, même si ces trois joueurs ne sont pas à 100%, il n´a pas totalement les mains libres et se trouve en effet presque obligé de les titulariser. On est là plus dans un problème de communication vis-à-vis du public que dans une équation tactique. On peut imaginer que si Domenech avait osé sortir sa Majesté Zidane avec le même résultat au bout, on n´aurait pas manqué de lui mettre sur le dos la contre-performance en lui reprochant son choix. Avec Zidane, dont les lacunes physiques étaient pourtant criantes, le résultat nul obtenu à Berne ne lui est pas imputé. Une chose est claire, la France est prête à pardonner beaucoup à Zidane, pas à Domenech...