Docteur Ron et Mister Artest...
24/12/2005
Par Régis AUMONT
De Sports.fr
Les Pacers n´en veulent plus. Deux semaines après avoir lâché une bombe en déclarant ne plus vouloir porter les couleurs d´Indiana, Ron Artest, revenu sur sa décision depuis, ne joue plus. Le meilleur défenseur de la Ligue il y a deux ans est devenu indésirable à Indianapolis où joueurs et dirigeants ne souhaitent plus en entendre parler. Soutenu par les siens toute la saison passée après son dérapage d´Auburn Hills qui lui a coûté 73 matches de suspension, l´ailier all-star est désormais tout seul. Le dérapage de trop...
Ron Artest fait encore parler de lui. Et pas en bien...Très fort. Ron Artest a réussi à semer la zizanie à Indianapolis. Réputée comme l´une des villes les plus férues de basket de tout le territoire américain, la ville est aussi l´une des plus paisibles. Et pourtant, « Ron Ron » est parvenu à y foutre le boxon. Petit rappel des faits: le 11 décembre dernier, l´ailier des Pacers faisait une déclaration fracassante dans l´édition dominicale du quotidien local Indianapolis Star. "Je pense que je suis une source de problèmes pour l´équipe. Si les rumeurs de transferts sont vraies, ce ne serait pas une mauvaise chose. Ils gagneraient probablement plus de matches sans moi. Je pense qu´Indiana serait une meilleure équipe sans moi", lançait-il avant d´ajouter "détester jouer pour Rick (Carlisle, le coach) et vouloir être transféré à New York ou à Cleveland."
Un coup de tonnerre retentissant. Un nouveau pétage de plomb du joueur à tout faire des Pacers. Et pourtant. Quelques semaines plus tôt, juste avant le coup d´envoi de la saison, Artest montrait toute sa reconnaissance à la franchise qui l´avait soutenu depuis le fameux 19 novembre 2004 où, chauffé par un fan des Pistons, il avait été se faire justice lui-même dans les gradins du Palace d´Auburn Hills provoquant ainsi la plus grosse bagarre que la NBA n´ait jamais connu avec la plus lourde sanction qui s´ensuivit (73 matches). Favori pour le titre, Indiana rentrait dans le rang avec une équipe décimée puisque Jermaine O´Neal (25 matches ramenés à 15) et Stephen Jackson (30 matches) payaient, eux-aussi, la note de cet immense pugilat.
La trahison de trop
Redevable à plus d´un titre auprès de son club, l´ancien Bulls de Chicago faisait profil bas dans les colonnes de Sports Illustrated, à l´aube de la nouvelle saison, celle du rachat. "Il est temps d´arrêter d´agir comme un imbécile et de faire amende honorable auprès de toute l´équipe. Je leur dois un titre... Je veux passer le reste de ma vie dans l´Indiana. Ici, les gens vous laissent être vous-même. Ils me comprennent..." Si ce fut peut être le cas un jour, ça ne l´est plus. A peine un mois et demi après, le meilleur intercepteur de la Ligue cette saison (2,63 par match) confessait: "Je pense qu´ici mon passé me hante et que je pourrais me relancer ailleurs." Au sein des Pacers, c´était la goutte d´eau de trop.
Et sa tentative de rédemption la semaine suivant ses velléités de départ lors d´un entretien téléphonique où il déclarait "vouloir s´entretenir avec Carlisle pour discuter de leurs divergences de points de vue." n´allait rien changer. Pas plus que son souhait de vouloir "réintégrer l´équipe". Dirigeants et joueurs ne voulaient plus entendre parler du deuxième scoreur de l´équipe derrière Jermaine O´Neal. Ce dernier allant même jusqu´à déclarer dans les colonnes de l´Indianapolis Star que ce serait "Artest ou moi !"
A l´unisson, les Pacers emboîtent le pas de leur leader. J.O a même déjà tourné la page de son futur-ex coéquipier. "Ron Artest, c´est du passé ! La question est de savoir ce qu´on peut faire pour s´améliorer sans lui. Quelque soit le nouveau joueur qui arrivera, il faut qu´il sache qu´il y a déjà 14 joueurs dans notre effectif et que ce sera à lui de s´intégrer." Finie la clémence, les pensionnaires du Conseco Fieldhouse ont appris avec les multiples dérapages d´Artest que la gentillesse n´était pas toujours récompensée.
Malgré sa réputation, « Ron Ron » attire encore...
Ron Artest et Jermaine O´Neal sous les mêmes couleurs, une image que l´on est pas prêt de revoir.Mais le président de la franchise va faire un dernier cadeau à son ailier si controversé. Celui d´accéder à sa requête initiale, à savoir le transférer. Et ce le plus tôt possible. Sous contrat jusqu´en 2008 mais possédant un salaire bien inférieur à son statut de joueur majeur de la ligue nord-américaine, le rappeur à ses heures Ron Artest, va être échangé. Désireux d´incorporer dans son effectif son ou ses nouveaux joueurs le plus tôt possible, Donnie Walsh se démène actuellement pour trouver le meilleur deal. Tout en sachant que les frasques de son ailier les dessert et que jamais les Pacers ne récupèreront un joueur de la trempe d´Artest (19,4 points, 4,9 rebonds, 2,2 passes décisives, 2,63 interceptions en 16 matches). Mais malgré les coups de folie de l´ancien collégien de Saint John´s, de nombreuses franchises aimeraient enrôler la nouvelle terreur de la NBA.
Ainsi, et si ce ne sont pour le moment que des rumeurs, les Nuggets, les Raptors, les Heat, les Knicks, les Kings, les Timberwolves, les Sonics mais aussi les Lakers et les Clippers se seraient renseignés sur celui qui fut élu meilleur défenseur de la saison 2003-2004. Mais la pauvreté des échanges proposés ne sont pas fait pour faire presser le pas des dirigeants d´Indiana. Quoiqu´il advienne, le futur trade devrait être complexe. La transaction pourrait inclure plusieurs équipes et sans doute même plusieurs joueurs. Austin Croshere et son gros contrat pourrait ainsi être mis dans la balance et quitter contre son gré le navire des Pacers.
En attendant, Ron Artest ne joue plus. Placé sur la liste des inactifs jusqu´à ce qu´il revêtisse un nouvel uniforme, il s´entraîne seul en rongeant son frein. Banni par ses propres coéquipiers, son avenir n´est désormais plus entre ses mains. D´ici à ce qu´il termine dans une formation mineure de la ligue et il aura tout gagné. Reste à savoir si les Pacers, eux-aussi, n´auront pas perdu gros dans cette affaire...
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