L1 / TOULOUSE :
Blessé mais pas mort
vendredi 15 septembre 2006 - 11 h 13 - Olivier DE LOS BUEIS
Comme à Lyon, Toulouse a arraché face à Nancy le nul dans les arrêts de jeu, démontrant de belles vertus morales. Un atout important quand le physique et la technique ne sont pas au rendez-vous.
Dimanche, dans la moiteur du Stadium, Toulouse a bien failli perdre les trois points. Après un bon départ en championnat, tout ou presque s’était ligué pour « couler » la belle équipe d’Elie Baup. Il y a eu d’abord la suspension de Jérémy Mathieu, obligeant une délicate redistribution des cartes en défense. Lucien Aubey à gauche, Fofana dans l’axe, les automatismes… en l’air. Et surtout l’activité de Mathieu en moins dans son couloir et la relation avec Fodé Mansaré coupée. Il y a eu aussi des soucis de santé divers allant de la maladie aux douleurs dorsales, obligeant Elie Baup à bosser avec une équipe diminuée. Ajoutez à cela une pointe de sélectionnés partis à droite et à gauche pour empêcher de travailler cette défense recomposée et un groupe un peu léger en nombre…
Pourtant, face à Nancy, le Téfécé a vite retrouvé le sourire. Fabinho oublie son mal de dos et Batlles marque sur une belle et rare inspiration de Mansaré. Mais après vingt bonnes minutes, Toulouse bafouille son football. Fatigue, faillites individuelles (Elmander, Fabinho), fondamentaux oubliés et enfin une belle équipe de Nancy en face, autant d’éléments qui ont fait déjouer les hommes de Baup. Dix minutes cauchemardesques ont bien failli mettre les Toulousains plus bas que terre : 54eme, but de Kim, 58eme, expulsion directe de Batlles et 64eme, but de Curbelo. A l’image de sa défense, Toulouse a vu le danger venir mais n’a pas su se réveiller, laissant Nancy se refaire la cerise. Faillite morale ? Non, simple passage à vide.
Le Téfécé a su trouver les ressources pour sauver ce point qui fait du bien. A dix contre onze, les entrées de Bonnet, Akpa-Akpro et Bergougnoux ont montré que les Violet et Blanc avaient de la ressource sur le banc. De quoi motiver à l’avenir certains titulaires qui ont peut-être donné l’impression de s’installer un peu vite dans leur fauteuil de sénateur. En arrachant le nul à la dernière seconde, Toulouse a montré qu’il avait d’autres cordes à son arc que son jeu prometteur, technique et bien léché. En alliant dans ces dernières minutes la rage de vaincre à son talent individuel, le Téfécé a montré qu’il fallait se méfier de lui jusqu’aux dernières secondes. Après Lyon, c’est Nancy qui concède le nul en croyant la bête toulousaine morte alors qu’elle n’était que blessée.