http://sports.fr/fr/cmc/f/football/20064/cmc_84857.html
Jean Fernandez n´en est pas à son premier coup de gueule. On se souvient d´une grosse colère à l´issue de la sévère défaite concédée par Marseille au Mans (3-0), une colère qui avait porté ses fruits, puisque l´OM avait aligné au retour de la Sarthe une série de six matches sans défaite (quatre victoires, deux nuls) qui lui avait permis de tutoyer le podium de Ligue 1. Les Olympiens avaient ensuite perdu, en jouant bien, à Lyon (2-1), victimes davantage d´une erreur individuelle (celle de Déhu sur le second but) que d´une défaillance collective, avant d´enchaîner sur un difficile mais précieux succès face à Rennes au Vélodrome (1-0).
Inutile de dire que la déconvenue subie à François-Coty samedi dernier (3-1) face à la lanterne rouge de Ligue 1, l´AC Ajaccio, a fait retomber tout le monde sur terre, en premier lieu Jean Fernandez qui confie "beaucoup de colère et de déception" sur le site du club. "Au Mans aussi, on avait fait un non-match, mais les raisons n´étaient pas les mêmes. A l´époque, on sortait d´une série de cinq matches rapprochés, on était fatigués psychologiquement et mentalement. Là, c´est différent, on avait toute la semaine pour se préparer alors qu´Ajaccio avait joué dans la semaine (en Coupe de la Ligue, défaite à Nancy, ndlr), et pourtant, c´est nous qui semblions fatigués."
Effectivement, pressés d´entrée par des Corses transfigurés par rapport à leurs dernières prestations, les Phocéens ont sombré, alors qu´ils avaient pourtant eu le bonheur d´égaliser contre le cours du jeu juste avant la pause par Pagis. "Je pensais alors qu´on avait fait le plus difficile, mais non, après le repos, on a manqué d´agressivité, on a perdu tous les duels et on a pris deux buts. On a beaucoup plus de mal contre les équipes moins huppées. La preuve: on a pris trois buts de la part de la plus mauvaise attaque de Ligue 1."
"Deux handicaps: l´Intertoto et la CAN"
Mais plus que sur le pedigree de l´adversaire, Jean Fernandez met l´irrégularité de ses troupes sur le compte de "plusieurs handicaps qui font que, à certains moments, on n´est pas bien. Sur cette saison, on a deux gros handicaps: l´Intertoto et aujourd´hui la Coupe d´Afrique des Nations." La première, même si elle s´est avérée fructueuse avec une qualification pour les 16e de finale de l´UEFA, a indéniablement usé les organismes, la seconde prive l´OM de joueurs majeurs (Niang, Beye, Oruma, Taiwo, Meïté), mais surtout empêche les automatismes de se créer, d´autant que dans le même temps, des nouveaux sont arrivés.
"En début de saison, l´équipe était en construction, on jouait tous les trois jours, ce n´était pas facile. Avant la trêve, on avait un bon équilibre, il y avait de la solidarité, un bon état d´esprit, on ressentait quelque chose. Là, on est repartis avec cinq joueurs partis à la CAN, trois qui arrivent en cours de saison. On est donc obligés de rebâtir une nouvelle équipe en sachant que Toifilou Maoulida n´avait plus joué depuis deux mois, Jérôme Bonnissel depuis plus d´un an." L´argumentaire de l´ex-coach du FC Metz tient la route, mais il renvoie alors à une question de gestion de l´effectif sur la globalité de la saison, davantage du ressort des dirigeants.
"On va avoir une pression énorme contre Sochaux"
Reste que Jean Fernandez n´est pas dupe, il sait bien que cela ne permet pas d´occulter les lacunes individuelles affichées en Corse, dans certains «fondamentaux» du football. "Sur les deux premiers buts d´Ajaccio, on a l´impression qu´ils sont à l´entraînement. Il n´y a aucun duel. On est à l´extérieur, on se doit d´avoir une certaine rigueur défensive. On a été déficients dans le replacement défensif." A l´arrivée, voilà l´OM victime de son irrégularité et relégué à 7 points du deuxième, Bordeaux, et à quatre du troisième, Auxerre, deux adversaires directs chez qui les Olympiens effectueront leurs deux derniers déplacements de la saison au printemps prochain.
Jean Fernandez ne peut que regretter cette succession d´occasions gâchées. "Gagner aurait été extraordinaire pour le classement et la suite du championnat. A chaque fois que ce genre d´occasion s´est présenté, on ne l´a pas saisie. Au lieu de ça, on va avoir une pression énorme contre Sochaux." Effectivement, face à une "formation moins huppée" pour reprendre le terme du technicien phocéen, l´OM joue très gros samedi soir: une victoire et le faux pas d´Ajaccio est à mettre sur le compte d´un accident de parcours, un nul ou une défaite et voilà sans doute les objectifs de Ligue des champions envolés.
Autant dire que contre son ancienne équipe, la marge de manœuvre de Fernandez est bien maigre, l´homme se posant des questions sur la capacité de réaction de ses joueurs. "Dans les instants difficiles, on a toujours su rebondir, mais dans les moments charnières, malheureusement, on a calé. On a donc montré nos limites au niveau mental, sur le plan du caractère, de l´ambition." Le coach olympien n´a pas fini de douter, lui qui n´arrive pas parallèlement à trouver la bonne formule défensive, "un chantier qui date de la saison dernière." L´OM est toujours en travaux, son chef de chantier en sursis...
Et pour ce soir, voilà ce que celà devrait donner comme effectif : arracher la victoire malgré une défense notamment trop friable 
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