Un calme olympien
Alors que le mercato vient d´ouvrir ses portes, l´Olympique de Marseille fait profil bas. Pas question de faire n´importe quoi sur le marché des transferts. La prudence et la réflexion sur le long terme sont désormais de mise. Une situation qui tranche avec le passé récent et mouvementé de l´OM.
Les temps changent du côté de la Canebière. Habitué aux excès en tout genre et au mouvement perpétuel, l´Olympique de Marseille se rachète une conduite depuis quelques mois. Alors que neuf entraîneurs sur dix auraient "sauté" après un mois d´août aussi calamiteux en championnat, Jean Fernandez est resté aux commandes du navire phocéen. Et l´OM ne s´en porte pas plus mal. Revenu en haut du classement à la faveur d´une fin d´année 2005 menée à un rythme de champion, le club aux dix Coupes de France aborde la deuxième partie de la saison avec calme et sérénité. Même chose en ce qui concerne le mercato qui vient de s´ouvrir.
C´est certain, Marseille ne fera pas de folie. Interrogé dans le quotidien l´Equipe, José Anigo l´a affirmé haut et fort : "Nous avons un accord avec notre actionnaire. Nous devons vendre. En priorité, des joueurs qui ont peu de temps de jeu. Ces ventes devront être réalisées avant le 31 janvier mais elles ne nous empêchent pas de nous engager sur l´achat d´un joueur avant." Un joueur qui pourrait encore être Djibril Cissé ? Le directeur sportif de l´Olympique de Marseille n´a pas encore renoncé à la venue de l´attaquant aux cheveux peroxydés malgré les récentes déclarations de ce dernier. "Djibril s´est positionné clairement positionné me semble-t-il. Ce qu´il a dit est clair mais on ne laisse pas tomber. (...) Dans le football, les vérités d´un jour ne sont pas forcément celles du lendemain."
Robert, Maxi Lopez et compagnie...
En attendant, les dirigeants du club suivent d´autres pistes plus plausibles et accessibles. Pas celle menant à Patrick Kluivert que Valence ne souhaite pas céder mais celle de Maxi Lopez. Le Barcelonais est pour le moment en vacances et pourrait venir garnir la ligne offensive olympienne avant la fin du mercato. Même chose pour Laurent Robert qui se morfond du côté de Portsmouth ou pourquoi pas Diego Tristan (La Corogne) qui a envie de changer d´air et que Marseille est prêt à accueillir. Mais comme l´a sagement dit José Anigo : il faut vendre. Pas n´importe qui.
Du côté du Boulevard Michelet, on semble enfin avoir compris que Rome ne s´était pas érigée en un jour et que le long terme primait. Même "José l´impulsif" martèle désormais cela comme un leitmotiv. Par conséquent, pas question de céder devant d´éventuelles offres pharamineuses. La jurisprudence Drobga est passée par là. "Ribéry mais aussi Cesar, Cana, Nasri, Carrasso ou Taiwo sont tous des joueurs sur qui nous comptons. La logique, quand on veut constituer une grande équipe, même à moyen terme, c´est de conserver les talents. Et si l´on parvient à en ajouter quelques-uns, on aura une très belle équipe. (...) Ma position est claire : bâtir une grande équipe dans les deux ou trois ans."
"Nous sommes sur les rails"
Une grande équipe dans un grand club. "Un grand club, c´est tout ce qui permet aux joueurs d´être performants. Avant, nous avions des grands joueurs et, à côté, il n´y avait rien. Désormais nous sommes sur les rails." Des rails qui pourraient emmener l´Olympique de Marseille vers des hauteurs que Pape Diouf et compagnie ne comptaient pas atteindre aussi tôt. Septième à un point de la deuxième place, le onze de Jean Fernandez est un client pour la qualification directe en Ligue des Champions. Un objectif qui ne dit pas encore son nom et qui, s´il n´était pas atteint, n´engendrerait pas une nouvelle révolution de palais. A Marseille, on a décidé de prendre son temps. Les supporters aussi l´acceptent. Les temps changent vraiment du côté de la Canebière.