Niang : «Je me crée beaucoup d’occasions…»
Comme la moitié des Olympiens, Mamadou Niang s’apprête à disputer son premier OM-PSG. Le Sénégalais se livre avant le choc de dimanche.
Sens-tu déjà une ambiance particulière autour de vous ?
Les gens commencent à en parler de plus en plus… On a hâte d’être déjà à dimanche. Pour moi, c’est une petite émotion parce que c’est le premier OM-PSG. J’avais l’habitude de les regarder à la TV. Mais à l’arrivée ça ne reste qu’un match et ce sera 3 points qu’on devra prendre chez nous.
Quand tu regardais ce match à la télévision, étais-tu supporter de l’OM ou du PSG ?
Non, ces dernières années Habib (Beye) jouait à Marseille et j’avais mon ami Danijel Ljuboja qui jouait au PSG, donc je supportais mes deux potes, mes deux frères.
L’OM marque moins ces derniers matches. Y a-t-il une pression particulière sur les attaquants ?
Non aucune pression, on en a marqué des buts depuis le début de saison. On observe que quand on marque beaucoup de buts on en prend aussi beaucoup. Et quand on défend beaucoup, on en marque moins. Mais à l’arrivée ce qui compte ce sont les 3 points, ce n’est pas de marquer 5, 6 7, buts. Si on a un but de plus que notre adversaire et que les 3 points sont en poche c’est le plus important.
Trois points sont certes en jeu, mais ce match a aussi une valeur symbolique…
Ca ne sert à rien de se mettre une pression monstre parce qu’on joue contre Paris, et parce que tous les supporters attendent ça. On va tout faire pour faire plaisir aux supporters, pour leur offrir une victoire. Qu’ils ne s’inquiètent pas pour ça, on va se donner à fond dimanche !
Ce sera alors le début d’une série chargée, avec des matches tous les trois jours…
On va enchaîner une longue série de matchs, qui vont être tous plus importants les uns plus que les autres. Ce serait bien de commencer par une victoire, ça permettrait de bien aborder les rencontres qui suivent et d’être plus en confiance.
Que t’inspirent les suspensions de Pauleta et Cissé ?
C’est bien pour nous, parce que Pauleta, ça reste Pauleta. C’est un grand joueur qui n’a pas besoin de toucher 50 ballons dans le match. A la moindre occasion il sait la mettre au fond. Et même s’il ne touche pas un ballon du match, il reste toujours très dangereux pour nos défenseurs. Quand on croit qu’on l’a bien chargé pendant le match, tout d’un coup il met un but. Pour nous, c’est bien qu’il ne joue pas.
Tu n’as pas marqué à Nice, quelques jours après un match difficile aussi contre Anvers. Pourtant, tu ne sembles pas laisser de place au doute…
Les occasions je vois encore en avoir et je vais encore en louper. Le plus dur c’est de s’en procurer. Si à chaque fois que j’avais une occasion je la mettais, je finirais avec 40 buts !
A Nice on était tous solidaires, on a défendu en bloc, en groupe, après il faut faire des sacrifices, il y a des matchs comme ça où il faut se sacrifier pour le collectif. Et on l’a bien fait.
En ce qui concerne les occasions que j’ai ratées contre les Belges, je ne pense pas les avoir loupées, je les ai cadrées, après le gardien a fait des arrêts aussi. Il est aussi là pour ça. Il ne va pas laisser rentrer la balle à chaque fois que je frappe.
Malgré tout, tu sais que ton bilan se fera aussi sur tes statistiques…
Je suis un garçon qui me procure énormément d’occasions, qui provoque beaucoup, qui se bat sur le terrain. Après des buts, comme je l’ai dit je vais en marquer et je vais en rater et ce n’est pas pour ça qu’il faudra que je mette la tête dans les crampons et que je vais me mettre à douter.
C’est à moi de continuer à travailler et à garder confiance en moi. Je sais qu’il n’y a aucun problème et que ça va rentrer, ça va aller.
Que penses-tu de Christian Gimenez ?
C´est un très grand joueur… Il faut toujours un temps d’adaptation. Ce n’est jamais évident, je parle en connaissance de cause, de quitter un club, un championnat dans lequel on a pratiquement joué toute sa vie, de venir dans un autre championnat. C’est très difficile et je pense qu’il faut laisser à Christian un temps d’adaptation et il nous fera énormément de bien. C’est un buteur, il aime marquer des buts, il ne sait faire que ça, donc je ne m’inquiète pas pour lui.
Quel est l’attaquant avec lequel tu as le plus d’affinité dans le jeu ?
Ils ont tous leur style, ce n’est pas eux qui doivent s’adapter à moi, c’est aussi moi qui dois m’adapter à eux. C’est dans les deux sens, moi je peux jouer avec n’importe qui. Si le joueur fait des efforts et que moi j’en fais de mon côté pour pouvoir m’adapter à son jeu, je pense que ça peu marcher.
Quel est ton sentiment sur le retour de Barthez ?
Fabien apportera toute son expérience. C’est un gardien qui est toujours resté concentré, avec nous. Il a fait la préparation avec nous, il s’entraîne avec nous. Il est là, il nous conseille. Il va nous apporter un plus. Même si je n’oublie pas les très beaux matchs que Cédric a fait, c’est un très grand gardien, et je pense que s’il n’avait pas été là sur certains matches, ça aurait été bien plus difficile. Il nous en a sauvé beaucoup. C’est une chance d’avoir deux grands gardiens.
Malgré sa victoire ce week-end, alors que tu étais forfait, le Sénégal n’ira pas au Mondial. Comment as-tu vécu cet épisode.
L’élimination s’est jouée contre le Togo, où on méritait largement de gagner. On a frappé plusieurs fois contre les poteaux et on a loupé plusieurs occasions. Je pense que s’il y avait eu 5-0 à la mi-temps ça aurait été la même chose. Se faire remonter un score comme ça à chaque fois chez nous à domicile, je pense que c’est là que s’est jouée l’élimination (score final 2-2, ndlr).
Maintenant, je suis très déçu, on pensait tous y aller. Et à l’arrivée c’est une grosse une désillusion. Mais je félicite le Togo qui a fait un très bon parcours jusque là. Ils terminent premiers et ils le méritent.
M.B. et L.O
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