28/02/06 - Interview
Jean Fernandez : "Je serai olympien à vie"
Jean Fernandez a regagné la Commanderie ce mardi. Avant de diriger l´entraînement, il nous a confié sa joie de retrouver les siens après ces 10 jours d´absence qui l´ont renforcé dans son amour pour le club olympien.
Jean, enfin de retour chez vous à la Commanderie…
Je suis content de revenir, ça m’a beaucoup manqué. Tout cela s’est passé dans des conditions difficiles car j’ai été malade. Le fait de ne pas être là pendant ces trois matchs n’a pas été facile mais je suis très heureux d’être de retour à la Commanderie.
Etes vous suffisamment rétabli pour assurer l’entraînement ce mardi ?
Oui, il n’y a aucun souci. Je ne pense pas avoir encore totalement récupéré mais je peux aller sur le terrain et je me languis d’y aller. Les joueurs vont bientôt arriver, on va aller sur le terrain et on va reprendre normalement les entraînements comme avant mon opération.
Durant votre absence, il y a eu la déception avec le match à Metz puis les deux grosses satisfactions que furent Bolton et Nice…
Oui, même si cette défaite à Metz ne me paraissait pas méritée. J’ai eu l’occasion de revoir le match depuis et sur la physionomie du match, on méritait au moins un point si ce n’est trois. C’était une défaite contre le dernier du championnat et cela avait fait du mal à l’équipe et à moi aussi. Psychologiquement, cela n’a pas été facile à assumer. Mais l’équipe s’est bien reprise depuis avec deux grosses performances dans deux gros matchs. Bolton n’était pas une équipe très médiatique mais l’on s’est rendu compte que c’était l’une des meilleures équipes du championnat anglais. D’ailleurs, ils ont encore gagné depuis et se sont encore rapprochés des équipes de tête. Donc, c´est une qualification européenne pour l’OM, ce qui est important pour la suite de la saison. Et puis, il y a eu cette victoire contre Nice, une équipe qui était en plein boom. Ce succès nous a fait du bien après Metz et nous permet d’être seul cinquième du championnat. Cela va nous donner beaucoup de sérénité et un capital confiance pour la suite du championnat.
Le message de Toifilou Maoulida lors du but contre Nice vous a-t-il touché ?
Ca m’a fait plaisir mais ce qui m’a fait encore plus plaisir, c’est la façon dont l’équipe a joué le match. Et ils ont surtout fait une grosse deuxième mi-temps, c’était ce qu’il fallait pour battre Nice et engranger trois points en championnat. Le geste de Toifilou m’a beaucoup touché mais c’est un garçon que j’apprécie beaucoup et je ne suis pas surpris par la façon dont il a réagi. La manière était un peu originale et a surpris beaucoup de gens... Cela m’a fait chaud au coeur car j’ai souffert physiquement mais j’ai surtout souffert psychologiquement. Le fait de ne pas être avec l’équipe, il me manquait quelque chose. Ils m’ont beaucoup manqué et le fait de savoir qu’ils pensaient à moi m’a fait plaisir.
Quel était le rythme de vos contacts avec le staff marseillais durant cette période ?
J’avais des nouvelles pratiquement tous les jours avec le Président Pape Diouf, avec José Anigo et avec Albert Emon. Je savais que les choses se passaient normalement et se passaient bien car ce sont des gens très compétents. J’ai suivi tout ça dans un premier temps à l’hôpital puis à la maison. Par contre, ce que je n’ai pas pu faire, c’est regarder les matches à la télévision parce que c’était trop dur pour moi. Mais j’étais en contact direct avec le staff pour connaître les résultats et les deux victoires m’ont fait beaucoup de bien psychologiquement.
Désormais, c’est le choc contre le PSG qui se profile, comment allez-vous préparer ce match ?
Du mieux possible. Les joueurs sont bien avec ces deux succès qui ont apporté de la sérénité avant de jouer ce match. Ca reste, pour nous olympiens, un match particulier et on va essayer de préparer la semaine sans se mettre trop de pression pour être dans les meilleures conditions afin de faire le meilleur match possible. On a envie de faire un résultat au Parc d’autant que l’on a l’avantage psychologiquement de les avoir battu au match aller. On a envie de les battre encore au retour. Je reviens très, très motivé avec beaucoup d’envie, beaucoup d’enthousiasme et d’énergie. Je pense que les joueurs sont dans le même état d’esprit et l’on est capable de faire un bon match au Parc des Princes.
Il doit vous tarder de fouler la pelouse ?
C’est quelque chose qui me manque, c’est une situation qui ne m’était jamais arrivée. Rater un jour d’entraînement, oui, mais dix jours cela ne m’était pas arrivé dans ma carrière. Cela a été difficile physiquement mais encore plus dur mentalement. Heureusement que les joueurs m’ont offert cette qualification en Coupe d’Europe et cette victoire contre Nice car si ça n’avait pas été le cas, ça aurait été beaucoup plus difficile pour moi.
Tous ces messages que vous avez pu recevoir ont démontré que l’on attendait plus que votre retour…
Ce qui m’a réellement fait plaisir pendant ce moment difficile, c’est cet élan de solidarité… J’ai eu beaucoup de message de soutien et de sympathie. J’en profite pour passer un grand merci à tout le monde. C’était vraiment très gentil de la part de la direction du club, des joueurs, des supporters, du staff… Tous ont été à mes côtés pendant cette période difficile. Je suis Olympien depuis 1975, ma première année en tant que joueur, et je serai olympien à vie à travers ce que j’ai vécu ces derniers jours.