Chapitre 3
« Plovdiv déjà en D2 ? » Je jetais le journal avec fureur. La presse ne croyait nullement en mes chances. Elle critiquait mon manque d’expérience, malgré mes 57 ans. Bon ok, ça n’avait rien à voir, mais j’aurais sorti n’importe quels arguments pour justifier ma nomination. Tous les journaux sportifs m’incendiaient, ça passait du « Plovdiv au bord du gouffre », au « Yankov déjà sur la sellette » et sans oublier le « Illieva perd la tête ! ». Bref, rien de bien rassurant juste avant de rencontrer les joueurs pour la première fois. Le taxi s’arrêta subitement et le chauffeur m’indiqua, de son fort accent haïtien, le prix à payer.
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Aussitôt sorti du taxi, je constatais rapidement les installations piteuses. Comment des joueurs professionnels pouvaient-ils s’entraîner ici ? Fort déçu, je m’approchais tranquillement au bord du seul terrain qui semblait praticable. Un petit groupe de joueurs s’entraînait, ils avaient l’air de bien s’amuser. Apparemment leur programme n’était pas très exigeant, ils jouaient plus à la baballe, ce qui m’agaça quelque peu. Je reconnu vite fait la petite star du club, Martin Kamburov. Je m’étais déjà mis à l’idée qu’il fallait construire une équipe autour de lui. Ce devait être l’âme du groupe.
Un homme en veston et cravate s’approcha de moi d’un pas assuré, c’était le Président.
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Il me serra la main et entama la conversation.
« Bonjour Zlatko, comment vas-tu ? »
« Pas trop mal, la presse ne m’a fait de cadeau depuis mon arrivée. »
« Tu t’en fout de la presse, ils sont uniquement payés pour écrire des phrases-chocs. Le plus important, c’est ce que je dis. Et moi je crois en toi, en tes capacités, je suis convaincu que tu feras de ce club un très grand club. Maintenant, suis-moi, je vais te présenter aux joueurs »
Quelque peu rassuré par ses propos, je suivi Maya jusqu’au centre du terrain, le groupe m’attendait. Le Président m’introduit au groupe et me laissa la parole.
« Déjà, bonjour à tous. Je me présente, Zlatko Yankov, j’ai 57 ans et je suis né à Pechtena, à quelques kilomètres d’ici. J’ai entraîné plusieurs années un club de division inférieure et … »
Voyant les joueurs s’en foutre complètement et commencer à regarder à droite et à gauche, j’en vint à l’essentiel.
« Bref, l’objectif est simple, décrocher une place européenne. Mais pour arriver à cela, il faudra travailler dur, très dur. Fini les petits entraînements pépères où vous jouez à la baballe. Je vous préviens, avec moi, vous allez souffrir. »
Le Président avait l’air satisfait de mon discours, les joueurs un peu moins par contre.
Kamburov, que visiblement mon discours agaçait grandement, me coupa la parole
« Ouais, mais c’est bon là, on est pas des machines … »
Je le coupa aussitôt, furieux
« Écoute, Monsieur la Star, si tu veux pas travailler et suivre le groupe, tu n’as rien à faire ici. Sur le terrain, je vais mettre les 11 plus bosseurs, qu’ils aient du talent ou pas je m’en fous. Travailler dur est la seule solution pour progresser et si tu veux te la couler douce jusqu’à la fin de la saison, tu peux le faire, mais t’attends pas à mettre les pieds sur un terrain de foot avant un bon bout de temps, compris ?! !! »
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« Bien, Monsieur » répondu Kamburov avec un petit air de soumission.
Satisfait de mon discours, je laissa l’entraînement au soin de mon adjoint qui avait préparé un entraînement général afin d’identifier les forces et faiblesses de tout le groupe. Pendant ce temps, j’allais m’installer confortablement sur le banc de touche afin de bien étudier mon effectif. Après plus d’une heure d’entraînement, le profil de chaque joueur s’éclaircit. Je sortis alors mon calepin afin d’écrire quelques lignes sur chaque joueur.