De qui se moque-t-il ?!
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La pression qui pèse sur l’entraîneur des mauves sera toujours éternelle. Car chez les bruxellois d’Anderlecht, on ne peut se contenter de mener un championnat, ou de figurer en Champions League. Il faut aussi tout emporter sur son passage, dans les résultats comme dans la manière ! De ce point de vue, Vercauteren peut relativiser les critiques que les supporters font pleuvoir sur sa personne. Mais dans l’intimité de ses appartements, quand il se regarde dans la glace le matin, Franky ose-t-il toujours relativiser ses choix ?! Qu’il les assume après réflexion provoquerait encore un débat tout autre, mais qu’il les assume par provocation a ce côté malsain qui pourrit l’ambiance d’un club qui n’a plus d’ambitieux que ses déclarations d’avant-saison. Car Anderlecht ou Bruges ne sont pas ambitieux quand ils déclarent viser le titre, mais quand ils s’avancent à plus. Or aujourd’hui, à l’image de notre foot, on s’aligne sur le moins. Et on s’accorde à ne retenir que les 10 dernières minutes de 6 matchs de D1 pour compenser 80 autres minutes sans buts et sans foot.
Vercauteren se complait d’ailleurs dans cette satisfaction relative ; Il s’auto-satisfait au moins autant que ceux qui l’auto-vilipendent ! Et il dispose d’autant d’excuses en stock que de critiques exprimées à son égard. Souvent, dans ce genre de bras-de-fer, un arbitre doit intervenir, d’une manière ou d’une autre. Souvent, la direction prend ses responsabilités, par respect de ses propres dires d’avant-saison, justement ... Pour parler de concret et non de brèves de comptoir, attardons-nous donc sur quelques moqueries ouvertes.
A commencer par un garçon comme Leiva. Et inévitablement du joueur qui usurpe sa place de milieu défensif : Vanderhaege. Si l’on ne peut juger de la qualité de l’argentin, si ce n’est par son prix et les sempiternelles déclarations d’une direction qui n’en était pourtant pas avare, on peut se prononcer sur les prestations du second ! Et se demander si la reconnaissance de services rendus par la titularisation dans une équipe ambitieuse est de la provocation réfléchie ou de la moquerie ouverte ?! La presse générale elle-même fait preuve de sénilité à fermer les yeux sur la médiocrité des prestations de l’indétrônable Yves. Au point d’en devenir dithyrambique lorsqu’une de ses prestations sort de son ordinaire. Au point de ne pas fustiger un échauffement de 82 minutes sans concrétisation d’un remplaçant arrivé sur un air de samba. Le dernier titre des siens coûte à Christian Leiva un début de saison cauchemardesque au point d’être en droit d’en éprouver du dégoût.
Et si l’histoire s’arrêtait là ? Mais non ! On peut imaginer que Vercauteren ne se moque pas de Tchité en le laissant sur le banc, bien qu’il aie claqué pratiquement tous les buts de sa nouvelle équipe, ou au pire fait marqué en délivrant un assist somptueux. La réflexion peut être que Frutos fut tout autant décisif l’an dernier ? Elle peut aussi laisser imaginer que Tchité, qui court pour quatre, doit être préservé en vue du match de mardi ? Elle peut tout autant faire croire que Vercauteren ne veut pas jouer avec deux attaquants de pointe, que l’on pourra affirmer comme non complémentaire en ne les ayant vu ensemble que quelques minutes ? On peut imaginer toutes les réflexions du monde ...
L’histoire ne s’arrête pas là, mais comme elle recommence éternellement, laissons les réflexions de Vercauteren aux quelques minutes qu’il devrait prendre au saut du lit. Car la plus belle de toutes, celle qu’il s’amuse à seriner au rythme des interviews plattes et non engagées de nos confrères, reste l’histoire des automatismes.
A son avènement en succession de Broos, Franky avait besoin de temps légitime pour faire passer ses points de vue. La saison qui suivit fut pourtant loin d’offrir un spectacle supérieur à ce que son prédécesseur proposa. Mais il lui fallait le temps de construire et de s’imposer. Il lui fallait des joueurs d’un niveau supérieur. Et aujourd’hui qu’il les a, il se cache automatiquement derrière le manque ... d’aumatismes !! ! L’histoire éternelle de la reconstruction d’une équipe est en soi inébranlable, ce qui permet d’en user. Mais les supporters ne supportent pas qu’on abuse de leur crédulité. Et quand aucune amélioration notoire n’est à distinguer après une dizaine de matchs succédant à une période de préparation strcucturée, on est en droit de se demander de qui Il se moque. De certains joueurs sans aucun doute. Mais aussi des supporters qui n’ont pas sa capacité profonde de réflexion ? Voire de ses employeurs qui déclarent trop rapidement leurs ambitions ?
La patience a des limites que la passion ne peut éternellement repousser. Il prie les supporters de lui laisser du temps, mais les supportent le prient d’être enfin conséquent. Et le football belge, qui attend d’enfin briller en europe, prie pour qu’Anderlecht s’élève à la hauteur du rang qu’il prétend ... Car si cette équipe ne le peut avec ses moyens, comment demander à toutes les autres qui donnèrent à tous les cochons de payeurs d’hier soir un spectacle affligeant une dignité au sport que l’on qualifie en Belgique « d’élite » ?