
Jan Ullrich ne sera pas au départ du Tour de France samedi, à Strasbourg. L´Allemand a été suspendu vendredi matin par l´équipe T-Mobile, tout comme son coéquipier, l´Espagnol Oscar Sevilla, et le directeur sportif Rudy Pevenage. D´autres mesures drastiques pourraient suivre.
L´avenir le précisera, mais il n´est pas exclu que la carrière de Jan Ullrich se soit achevée vendredi matin à Strasbourg, non loin de cette Allemagne qui l´adule, et qui vient de recevoir un énorme coup sur le casque. Son idole, unique vainqueur du Tour de France , en 1997, et qui rêvait de reconquête cette année, ne pourra prendre le départ du prologue samedi en Alsace. Ullrich a été suspendu par l´équipe T-Mobile. Placée devant l´évidence, la formation allemande n´avait d´autre opportunité.
Après avoir soutenu sa star tant que cela était encore possible, la Magenta vient de le lâcher, en même temps que le grimpeur espagnol Oscar Sevilla et Rudy Pevenage, directeur sportif de l´équipe et mentor de Jan Ullrich. Tous trois sont officiellement impliqués dans l´affaire de dopage sanguin révélée voilà un peu plus d´un mois et connue sous le nom d´opération Puerto. "En raison des documents que nous a fournis la direction du Tour, nous considérons qu´il est impossible de continuer à travailler avec ces trois personnes", a déclaré Christian Frommert, porte-parole de T-Mobile, à l´occasion d´une conférence de presse.
La fin pour Ullrich?
Ces trois personnes. Chez T-Mobile, on ne les appelle même plus par leur nom. La froideur de la déclaration trahit l´importance du choc reçu. Cette fois, on ne parle plus de rumeurs dans la presse, mais bien de preuves, fournies par la justice espagnole elle-même. des preuves irréfutables. La direction du Tour de France a reçu jeudi soir le rapport d´instruction. Celui-ci a été transmis aux différentes équipes concernées. "Nous avons reçu des informations qui ne laissent pas de doutes sur leur implication. Ces informations sont très claires", confie Luuc Eisenga, l´autre chargé de communication chez T-Mobile.
Contrainte d´appliquer le code éthique, la T-Mobile ne pouvait que suspendre Ullrich et ses deux compagnons de mauvaise route. Le seul ancien vainqueur du Tour présent sur cette édition 2006 rentre donc à la maison. Reverra-t-on un jour Ullrich sur un vélo? Pas sûr. Suspendu avec effet immédiat, le coureur de Rostock risque de plonger dans un long tunnel judiciaire. Sachant qu´il aura 33 ans au mois de décembre, son avenir vient de s´assombrir sérieusement. En attendant, l´Allemand Stephan Schreck et l´Italien Lorenzo Bernucci pourraient remplacer Ullrich et Sevilla.
Hinault: "Qu´on fasse le ménage"
La suspension d´Ullrich marque évidemment les esprits, mais elle ne devrait pas être l´unique onde de choc d´une journée appelée à rester dans l´histoire du Tour. Sur la cinquantaine de coureurs identifiés comme étant des clients du Dr Fuentes, homme de base de ce réseau de dopage sanguin, 22 figureraient sur la liste des 189 engagés du Tour 2006. Les mises à l´écart d´Ullrich et Sevilla ne devraient donc être que le début d´une longue série. On songe notamment à Ivan Basso, l´autre grandissime favori de l´épreuve, dont le nom est également cité par la presse espagnole. Pour l´heure, pas de réaction et encore moins de décision chez CSC.
Selon Bernard Hinault, "15 à 20 personnes" seraient écartées du Tour de France, après les révélations de la justice espagnole sur une affaire de dopage sanguin selon Bernard Hinault. Interrogé sur RTL vendredi matin, le quintuple vainqueur de la Grande Boucle a demandé qu´un grand coup de balai soit effectué. "Le dopage n´est pas généralisé dans le cyclisme, et sur 400 ou 500 coureurs professionnels, il y en a 50 qui sont dans cette opération. J´attends qu´on fasse le ménage. Ces gens-là ne sont pas désirables dans le Tour de France, même les favoris, il n´y a pas de passe-droit ", estime Hinault. Ullrich vient de l´apprendre à ses dépens.