Dimanche, l´équipe de France et Patrick Vieira ont été injustement privés d´un but valable face à la Corée du Sud (1-1). Menant au score, les Bleus auraient alors fait le break et sans doute connu une fin de match plus tranquille. De quoi relancer le débat sur l´usage ou non de la vidéo.
Certes, l´équipe de France ne peut pas seulement se cacher derrière son petit doigt et ce but de Patrick Vieira injustement refusé pour expliquer la contre-performance de dimanche. Mais impossible de passer sur ce fait de match importantissime qui a conditionné la suite de la rencontre. Menant 1-0 face à la Corée du Sud, la France a doublé la mise sur un coup de tête de Patrick Vieira. A la réception d´un corner de Zinedine Zidane, le longiligne milieu de terrain trouve la faille (32e). Un arrêt tardif de Lee Woon-jae met le doute dans la tête de l´arbitre. Le ballon a pourtant bel et bien franchi la ligne. Tout le monde l´a vu. Pas le trio arbitral.
"Moi, je l´ai vu tout de suite, assure Zinedine Zidane. Je l´ai vu parce que j´étais sur le corner." L´un des arbitres assistants était également "sur le corner". Mais, l´horizon bouché par le poteau et le gardien coréen, il n´a pu donner l´information à M. Archundia. Résultat, l´équipe de France s´est vue privée d´un but qu´elle avait inscrit et qui aurait sans doute changé la face de la partie. "C´était au moment où nous mettions la pression, où on faisait ce qu´il fallait, où nous étions dominateurs, analyse Raymond Domenech. C´est dans ces moments là qu´il faut faire la différence. On l´avait faite, c´est un tournant du match, c´est sûr".
"La vidéo aurait servi"
Thierry Henry est lui plus remonté. "Si l´arbitre avait accordé ce but au lieu de donner des cartons bizarres comme quand on joue des coups francs trop vite, on aurait mené 2-0 au bout de trente minutes et ce n´est pas le même match. J´ai vu les images : le ballon est entré de deux ou trois mètres." La solution pour éviter de telles désillusions ? "La vidéo nous aurait bien servi cette fois-là, assène Raymond Domenech. Il est dommage que dans ces situations, à ce niveau-là, on n´ait pas tous les moyens pour que les arbitres puissent juger sans risque. Tout le monde la demande." Mais personne n´entend.
En effet, la FIFA reste sur ses gardes et ne compte pas bouleverser son sport comme le rugby a su le faire. Conservateurs, l´International Board et la fédération internationale ne sont pas ouverts à de telles modifications. Même pour un usage mesuré mais essentiel (but ou pas), la porte reste fermée. Le football à deux vitesses, Sepp Blatter n´en veut pas. Mais encore faudrait-il qu´il ne soit déjà pas à dix vitesses... Si le jeu le plus populaire au monde est pratiqué aux quatre coins de la planète, existe-t-il un point commun entre un match de Coupe du monde ou de Ligue des Champions et une simple partie entre amateurs ? Mis à part le ballon..