Zidane est dans le coup
Le rendement de Zinédine Zidane était l´une des grands interrogations de France-Suisse, premier match de Coupe du monde des Bleus, mardi à Stuttgart. Et de ce côté-ci, le meneur de jeu des Bleus a rassuré. Dans une partie collectivement très décevante du côté tricolore, Zizou a surnagé et tout tenté pour porter le danger sur le but adverse. Son entente avec Franck Ribéry s´est faite jour sur la pelouse du Gottlieb-Daimler Stadion. Sans succès au tableau d´affichage, mais prometteur pour la suite. Et les Bleus en ont bien besoin...
Zinédine Zidane reste le patron des Bleus sur le terrain.Zinédine Zidane reste le patron des Bleus sur le terrain.
L´image est frappante. Zinédine Zidane, dégoulinant de sueur comme à son habitude, ne semble pas mâcher ses mots, en plein cœur de la seconde période, face à son vieux compagnon d´armes, Lilian Thuram. En cause, un placement trop bas de l´arrière-garde tricolore et des ballons qui ont de plus en plus de mal à parvenir dans de bonnes conditions dans les pieds des attaquants. L´image est frappante car elle rappelle le même Zinédine Zidane, un soir de juin 2004, au Portugal, face à la Croatie, pour une situation à peu près identique. Celle d´une équipe de France piégée par son manque d´imagination et que le capitaine Zizou cherche à tout prix à tirer vers le haut.
Car, il faut bien l´avouer, à quelques exceptions près, les Bleus n´ont rien montré de convaincant face à la Suisse. Mais parmi ceux qui ont surnagé, Zidane, qui a fait du Mondial allemand le dernier défi de sa carrière, a tenté de trouver des solutions. Forcément surveillé comme le lait sur le feu par une défense helvétique concentrée, l´ex-Madrilène n´a pas pu délivrer la fameuse passe décisive qui aurait libéré tout le pays. Reste que son abattage, sa disponibilité sont à ranger dans les rares satisfactions du soir. D´autant que son état physique ne semble inspirer aucune inquiétude.
En phase avec Ribéry
Sous l´accablante chaleur de Stuttgart, Zinédine Zidane, 33 ans, a en effet prouvé qu´il était physiquement affûté. Son jeu n´a jamais souffert des plus de 40 degrés qui régnaient au soleil sur la pelouse du Gottlieb-Daimler Stadion. Blessé, on s´en souvient, en 2002, son absence lors des deux premiers matches avait alors déstabilisé le reste du groupe France. De ce côté-là, l´épopée allemande commence mieux que la précédente. Et même si le poids des années l´empêche d´accélérer le jeu à sa guise comme par le passé, sa technique balle au pied a pesé sur la défense suisse. Le ballon qu´il remet instantanément en une-deux à Wiltord dans la surface adverse (83e), aurait même pu changer le cours du match. Sans succès, mais Zidane est bel et bien dans le rythme de cette Coupe du monde. Pourvu que cela dure, serait-on tenté de dire, tant il semble le seul capable de faire évoluer le jeu des Bleus.
Le seul avec Franck Ribéry, pour être exact. Et cela tombe bien, la relation entre les deux hommes a plutôt bien fonctionné face au Helvètes. Et même si, du fait de la toute récente intégration du Marseillais chez les Bleus, les deux artistes se sont parfois marché sur le pieds, leurs combinaisons sur tout le front du milieu de terrain auraient pu faire la différence. Preuve de cette complicité naissante, Zinédine Zidane a été la cible favorite de l´ex-Messin. Onze passes au total en direction du numéro 10 des Bleus, contre six pour Makelele et Vieira, les chiffres parlent d´eux-mêmes. Insuffisants pour faire pencher la balance contre les Suisses. Il devra en être différemment face à la Corée du Sud. Et Zidane le sait.