A deux mois de France-Suisse, premier match des Bleus lors de la Coupe du monde, Raymond Domenech fait le point. Le sélectionneur national espère que ses joueurs seront frais mentalement, réaffirme qu´il choisira son gardien durant la préparation et qu´il ambitionne d´être en finale le 9 juillet.
RAYMOND DOMENECH, les éliminations de Lyon et de la Juventus en Ligue des champions ne font-elles pas les affaires de l´équipe de France ?
R. D. : Je suis déçu, comme tous les Français, que Lyon ne se soit pas qualifié. Mais, devant le fait accompli, je vois les bons côtés: les joueurs seront plus reposés, moins sous pression, moins usés. Et les deux matches contre Milan, c´est un plus au niveau de l´expérience.
L´autre bonne nouvelle pour la préparation des Bleus, c´est que la finale de Coupe de France ait été avancée du 20 mai au 29 avril...
R. D. : Contrairement à l´élimination de Lyon et de la Juve, où là je n´y suis vraiment pour rien (sourires), ça fait dix mois que je me battais en disant qu´il allait y avoir un problème pour la date de la finale de la Coupe de France. J´ai fait 100 000 calendriers... On a pris la voie la plus intelligente, même si c´est tardif.
La préparation des Bleus vous paraît-elle désormais idéale ?
R. D. : On ne se plaindra pas de la préparation. Mais le plus important reste la fraîcheur mentale. Il faut que les joueurs se coupent du football au moins une semaine. S´ils sont bien dans la tête, la préparation est toujours réussie. Ce que nous ont dit les anciens, ceux qui ont vécu la Coupe du monde 2002, c´est qu´ils étaient arrivés cuits dans leur tête. Ils étaient usés et c´est ce qu´il faut éviter.
Que dire aux joueurs avant leur semaine de vacances ?
R. D. : Eteignez la télé, le téléphone, partez en famille, allez dans un pays dont vous ne parlez pas la langue pour que personne ne vienne vous parler football. L´Asie profonde, le fin fond de la Chine ou une île perdue... Les Etats-Unis, c´est pas mal non plus, ils peuvent être tranquilles, on sait pas ce qu´est le football là-bas.
Certains joueurs sont en fin de contrat. Allez-vous leur demander de fixer leur avenir avant le Mondial ?
R. D. : Je vais donner le même conseil qu´Aimé Jacquet en 1998 : ce serait bien que tout le monde ait réglé son problème avant d´arriver en stage. C´est même nécessaire. Pour que les joueurs ne passent pas des heures au téléphone, à s´occuper d´un éventuel déménagement.
En Allemagne, Jürgen Klinsmann, en choisissant Lehmann comme gardien, a affirmé que cela a été la décision la plus difficile de sa carrière de sélectionneur. En sera-t-il de même pour vous avec Coupet et Barthez ?
R. D. : Faire une équipe, c´est éliminer quelqu´un. C´est la fonction de sélectionneur et d´entraîneur. Cela fait 20 ans que je suis confronté à ce genre de problèmes. C´est dur à chaque fois mais ce n´est pas plus dur maintenant que cela l´a été quand j´ai commencé à entraîner. C´est un choix, et ce n´est pas plus dur pour ce poste-là que pour les autres.
Sauf que vous promettez quelqu´un au banc pour toute la compétition...
R. D. : C´est le poste de gardien de but. Dans les clubs, c´est comme ça, ils vivent ça, il y a un numéro un et puis l´autre qui attend. Ce n´est pas particulier à la sélection.
Savent-ils quand vous choisirez ?
R. D. : On va entamer la préparation. On va discuter avec eux. Ils savent que ce sera avant la Coupe du monde et... que ce sera avant France-Suisse (sourires).
Avec le recul, ne pas trancher en Martinique, c´était une bonne solution ?
R. D. : J´aurai le recul suffisant le 9 juillet. J´aurai bien fait ou mal fait en fonction de ce qui se passera le 9 juillet. Je prends un exemple. Si j´avais dit à ce moment-là : ´C´est Fabien´. Avec ce qu´a fait Greg, tout le monde aurait dit c´est scandaleux. L´inverse était possible aussi.
Votre contrat mentionne-t-il un objectif pour le Mondial ?
R. D. : Mon contrat, j´ai dû le lire la première fois quand je l´ai signé. Depuis, je ne sais pas où il est. L´autre jour, je l´ai cherché mais je ne l´ai pas trouvé. Mon objectif, c´est la finale. Je n´ai pas besoin d´un objectif.
