Tour de France: la nouvelle génération pointe son nez
BRIANCON, Haute-Alpes - L´heure de la retraite étant proche pour Lance Armstrong, plusieurs de ses héritiers présomptifs viennent afficher leurs ambitions sur les routes du Tour de France.
L´Américain, grand seigneur, décerne volontiers les satisfecit et désigne ceux qui, selon lui, sont appelés à lui succéder dans les années à venir.
Parmi eux figure certainement l´Espagnol Alejandro Valverde, vainqueur mardi de la 10e étape au sommet de la montée vers Courchevel.
Le coureur de la formation Illes Balears, 25 ans, a endossé le maillot blanc de meilleur jeune et s´est hissé parmi les cinq premiers du classement général.
" Il ( Valverde) est patient, intelligent et assez complet", a reconnu Armstrong. " C´est un coureur de grande classe".
Le compliment formulé par le patron du peloton en personne vient confirmer un début de carrière plus que prometteur.
Vainqueur de trois étapes dans la Vuelta, Valverde s´était classé troisième du Tour d´Espagne en 2003 avant de terminer deuxième de Paris-Nice cette année.
" C´est un coureur qu´il faut canaliser", précise son manager José Miguel Echavarri. " Si on le laissait faire il irait toujours chercher la gagne.
" On lui a précisé qu´il n´était pas là pour apprendre mais pour connaître, pour s´imprégner du Tour. Un peu comme on avait fait avec Miguel Indurain."
La fougue est également le trait qui caractérise l´Ukrainien Yaroslav Popovych, l´équipier qu´Armstrong a pris sous son aile.
NUMERO DEUX OU TROIS
Agé de 25 ans, le coureur de la Discovery Channel a montré des dispositions impressionnantes, à l´exception du passage à vide qu´il a connu avec toute son équipe dans les Vosges samedi.
Lors de la première étape de montagne, c´est lui qui, avec le vétéran George Hincapie, donnait le tempo dans l´ascension vers Courchevel.
" Quand on s´est rendu compte que Vinokourov et Ullrich n´étaient pas bien, on lui a demandé d´accélérer", a raconté son manager, Johan Bruyneel.
" En fait, c´était presque comme s´il disputait un sprint. Par chance, on a réussi à le suivre", a précisé, admiratif, son leader, Armstrong.
" Il était tombé dans la descente mais il était encore là pour faire le boulot. C´est vraiment un sacré bon coureur."
Bruyneel admet qu´au soir du 24 juillet, lorsqu´Armstrong tirera sa révérence, il faudra lui trouver un remplaçant.
" Nous ne pouvons pas espérer avoir à nouveau un numéro un comme Lance", dit-il. " Mais nous pouvons avoir un numéro deux ou un numéro trois."
Bruyneel ne désigne pas directement l´Ukrainien, vainqueur du Tour de Catalogne cette année, mais il songe certainement à lui pour l´avenir.
Un Américain chassant parfois l´autre, David Zabriskie, premier maillot jaune de ce Tour 2005, pourrait être l´un des prétendants au trône de son aîné dans les saisons à venir.
Le coureur de la CSC est très impressionnant quand il se mesure au chronomètre : il avait battu Armstrong lors de la première étape entre Fromentine et Noirmoutier.
" Sa victoire n´était pas vraiment une surprise", a précisé son directeur sportif, le Danois Bjarne Riis.
" Nous avions envisagé qu´il puisse gagner le contre-la-montre."
Il lui reste toutefois à se discipliner au sein du peloton et à apprendre à passer la montagne.
Malheureusement, ses chutes à répétition l´ont contraint à abandonner avant d´arriver à Grenoble, et ne lui ont pas permis de s´évaluer dans les explications au sommet.
Enfin, concernant les étapes de plat, le Belge Tom Boonen peut nourrir de très grands espoirs, de la couleur de son maillot, le vert.
Le coureur de la Quick-Step a remporté deux nouvelles étapes dans ce Tour et il fallut un grand Robbie McEwen pour venir contester sa suprématie lors de la première semaine.
Boonen, qui a abandonné jeudi matin en raison de blessures contractées lors de chutes, ne remportera sans doute jamais le Tour de France, mais il semble promis à de nombreux honneurs dans les courses d´un jour.