CHAPITRE 10 : La voie diplomatique…
Bâtiment de l’ONU, New York. 11 H 53.
Au centre des gradins se tenait un homme massif, qui tripotait fébrilement un énorme tas de feuilles polycopiées. L’homme semblait exténué, et, après un long soupir de fatigue et/ou de découragement, exigea le silence. La coutume, à l’ONU, était d’appeler les représentants par leur nom de pays, chose qui devait considérablement accélérer les choses. Quoique…
« Bon, j’espère que vous avez bien dormi, et que vous avez bien supporté le décalage horaire… »
Porto Rico : Et pas qu’un peu ! J’ai dû parcourir près de 40000 kilomètres pour arriver ici !
« Mais comment ça se fait ? Porto Rico, c’est tout près ! »
Royaume-Uni : Ah, j’ai compris. Ce boulet a fait le trajet dans le mauvais sens et a parcouru la circonférence de la planète.
Porto Rico : Ca expliquerait pourquoi j’ai vu des ours blancs en Floride…
Corée du Nord : Bande de chiens de pourris de capitalistes !
« Corée du Nord, qui vous a autorisé à entrer ici ? Vous devriez prendre exemple sur votre gentil camarade, Corée du Sud. »
Non loin de là, un homme asiatique tout propré se tenait droit sur sa chaise, avec un sourire fayot.
« Avant tout, quelqu’un a-t-il des propositions quelconques à faire ? »
Portugal profita de cet instant de concertation pour faire tomber Grèce de sa chaise. Ce dernier déboula tout le long des gradins avant de se fendre l’arcade sourcilière sur l’estrade centrale du bâtiment.
« Portugal ! Je sais que tout le monde veut plus ou moins voir Grèce mourir dans d’atroces souffrances depuis l’Euro 2004, mais… »
République Tchèque : TOUS DESSUS !
La quasi-totalité des représentants de l’Europe se jeta sur Grèce, sauf France, représentée par Dominique de Villepin, qui était trop occupé à draguer Brésil avec ses pectoraux.
Brésil : Vous vous fatiguez pour rien, monsieur France, je suis transsexuel…
Villepin eut un léger sursaut et repartit sagement à sa table.
Pendant ce temps-là, les membres de l’Europe jouaient à celui qui arrache le plus de dents à Grèce. Grèce inventa un subtil stratagème pour éviter de finir en bouillie.
Grèce : Oh, regardez, là-bas ! C’est Nikopolidis, le gardien de mon équipe !
Grèce désignait en fait Silver qui venait de s’introduire subrepticement dans l’Assemblée. Ce coup-ci, l’attaque par surprise était foirée…
« Monsieur, qui êtes-vous ? »
Zoom sur Silver, maintenant bien embarrassé.
Silver : Je suis le représentant de… Eum… L’Angola !
« Et bien, asseyez-vous, Angola, vous arrivez juste au moment où l’on va faire l’appel.
Tous : Ah naaaan ! Pas l’appel ! C’est l’enfer !
« Afghanistan ? »
Afghanistan : Présent !
« Afrique du Sud ? »
Afrique du Sud : Présent !
« Albanie ? »
Albanie : Présent !
« Algérie ? »
Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus tard…
« Yémen ? »
Yémen : Présent…
« Zambie ? »
Zambie : Présent…
« Zimbabwe ? »
Zimbabwe : Présent…
« Voilà ! »
L’ensemble de l’assemblée était plongé dans un état de sommeil profond.
« Et merde, à chaque fois, c’est pareil. »
En amont, Xibolt et Lorenz s’apprêtaient à prendre l’ONU d’assaut.
Xibolt : Allez, go, GO !
Lorenz se laissa glisser d’un grappin et retomba lourdement sur le sol. Il dégaina un paralyseur bionique et menaça la salle.
Lorenz : Okay, les gars, ceci est un coup d’état mondial !
Etats-Unis : Vite, activez les défenses spéciales !
L’homme se rua sur un interrupteur et un pan de mur glissa, laissant apparaître un squelette, une mitraillette dans ce qui lui restait de main.
Espagne : Evidemment, y’a jamais eu de coup d’état aux Etats-Unis…
Argentine : Lâchez les chiens, alors !
Un autre pan de mur se souleva, et derrière lui se trouvait un autre squelette, canin cette fois-ci.
Russie : Dites, vous avez mis quoi comme chiens ?
Etats-Unis : Ben, on avait mis Mixer, le chien qu’avait Richard Nixon…
Inde : Appelez l’armée, alors !
Un garde impérial londonien avec la coiffe bien niaise qui va avec débarqua dans la salle.
Chine : Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?
Etats-Unis : Ben, toutes nos troupes sont en Irak, du coup, on a acheté les militaires qui doivent surveiller ici à peu de frais…
Irlande : Ben, tu m’étonnes qu’il y ait des attentats à Londres avec une garde pa…
Royaume-Uni envoya un solide coup de poing dans la mâchoire d’Irlande. Irlande tenta de rendre le coup, mais Royaume-Uni esquiva et le poing finit dans la figure d’Italie. Une bagarre générale se déclencha dans les gradins, sous les regards médusés de Xibolt, Lorenz et Silver.
Xibolt : Euh… Si vous vous occupiez un peu de nous ?
Lorenz : Laissez, patron, c’est assez marrant à voir.
Xibolt : Plongi ! Hypnotisez-moi cette assemblée !
Plongi : HEY !
L’assistance détourna momentanément le regard. Lorenz sortit un pendule de sa poche et se mit à seriner la même phrase d’une voix monocorde.
Plongi : A présent, vous allez tous accepter entièrement Xibolt, à ma gauche, et le laisser faire ce qu’il veut de cette planète !
Tous : Oui, maître…
Plongi : C’est aussi valable pour Corée du Nord, là, qui allait planter un poignard dans le dos d’Etats-Unis.