CHAPITRE 1: Retour à la case départ...
Olin: Salut, vous faites quoi?
Daxou: Olin, défense de te curer le nez avec MES doigts et MES narines!
Olin: Ah non, ton corps est à moi, maintenant, et c´est très bien comme ça. Tu remarqueras mon esprit généreux, je t´ai laissé le mien.
Daxou: Le tien et les boutons d´acné, le duvet persistant, l´haleine fétide et les bourrelets encombrants qui vont avec! Ah, et j´allais oublié... TA VIEILLE TRONCHE DE CAS SOCIAL, AUSSI!
Olin: Hey, parle pas comme ça de mon minois angélique...
Daxou: ´Toutes façons, tu t´en fous, c´est plus à toi! Tiens, tu vas voir, minable! Je vais foncer dans ce mur en béton armé juste pour t´amocher TON portrait!
Olin: Fonce pas dans les murs de mon sublime appart´ de La Courneuve!
Daxou: C´est ça, ouais! Ton pitoyable 9 m² miteux fraîchement payé par la Fondation BDB! Boulets Dans le Besoin!
Olin: Nan, tu sais très bien que c´est Badauds De Bretagne, ignare. Tu es jaloux de ma région, la plus touristique et intéressante de France, pas comme votre Paris bouseux où vous ne pouvez pas faire trois pas sans vous cogner la tronche contre un tramway ou un bus au colza...
Daxou: N´empêche que ton SUBLIME appart´ se trouve à quelques kilomètres de Paris, nullos!
Olin: Citadinus Retrogradis...
Daxou: J´vais le TUER!
Depuis quelques mois, c´était la même chose. Suite à une erreur de la Volonté Suprême, déesse omnipotente qui régit le cours des évènements, à la fin de leur dernière aventure, Olin et Daxou avaient échangé leurs corps.
Depuis, les mêmes scènes pitoyables de bagarre se déroulaient tous les jours entre les deux Terriens, pathétiques séquences de combat qui n´en étaient pas vraiment: chaque fois que l´un s´apprêtait à envoyer son poing dans la face de l´autre, il se ravisait et finissait toujours par éviter d´estropier son ancien corps. On assistait alors à des rounds d´observation qui ne terminaient jamais, où l´issue du combat se tirait toujours au sort.
Et là, soit Daxou trichait, soit Olin pleurait parce qu´il perdait, et la rixe reprenait de plus belle...
Le reste de la bande de potes, qui squattaient l´appart et assitaient à ces scènes de baston quotidiennes, passèrent par plusieurs stades de destruction psychologique: la colère, la peur, la résignation, le marchandage, la contemplation sur soi-même, les envies meurtrières ou encore le Syndrome de Stockholm.
A présent, l´étape comportementale actuelle était la compensation par la nourriture, la bande décida alors de quitter le CD de -M- et ses marmonnements pour aller noyer leur soucis dans une mare de chocolat fondu, de préférence avec une crêpe autour.
Klaww: Quelqu´un a du sucre?
Bojack: Sifflement.
Klaww: Tiens, Bojack, tu me le passes, il est à côté de toi?
Bojack: Sifflement...
Klaww: Bojack?
Bojack: Sifflement!
Klaww: BOJACK!
Bojack: SIFFLEMENT!
Une fraction de seconde suffit à laisser entendre à Klaww un son perçant et parfaitement horripilant, à la limite de l´ultrason. Manifestement, quelque chose était en train de déchirer les cieux au-dehors.
Klaww se précipita pour ouvrir le vasistas de la salle à manger.
Klaww: Si c´est encore un tournage de spot de pub Sensodyne qui se passe dans l´immeuble d´en face, je les tue, ces petits c...
CRRRRASSSHHH!
Une soucoupe volante, manifestement, un vieux modèle, venait de s´écraser au beau milieu de la bouffe-room, dans un déluge de poussière et de gravats.
Le capot s´ouvrit lentement, et en sortit une alien étrange au regard hébété.
Daxy: Ca vient d´ici, l´odeur de crêpes?