CHAPITRE 17 : La bataille finale…
Silver : Euh… Je peux tout expliquer…
Bojack : Y’a rien à expliquer, tu viens du bureau de ton chef pour nous supprimer, c’est ça ?
Silver : Techniquement, c’est ça.
Gofter : Qu’est-ce que tu ferais à notre place ? Sérieusement ?
Silver s’imagina en train en train de crever les yeux de Golden dans un rire diabolique.
Silver : Je vous laisserai une dernière chance, les mecs.
Max : Très bien, si tu arrives à t’excuser intégralement et à exprimer ta volonté de te ranger de notre côté sans prononcer une seule fois le son « a », on t’épargne.
Silver : Euh… Je serais très honoré de quitter Xibolt pour vous aider dans votre quête… Et je reconnais que je me suis mis du mauvais côté, vraiment désolé.
Jakreinos : Bon, allez, on va le prendre…
Silver : Aaaah !
Zeneso : Aaaah ?
Silver : Quoi ?
Sophyr : T’as prononcé « a », distinctement.
Silver : Mouâ ? « a » ? N’importe qwâ ! AHAHAHA !
…
Silver : Merde, j’ai l’air stupide, là ?
Max : Ben… Tu te souviens de la Marseillaise qui retentit juste quand Giscard se barre, en 1981 ?
Silver : Ouais…
Max : Bah, là, pareil.
Des cris très faibles, d’une voix très lointaine, résonnèrent dans la cave.
Giscard : J’ai entendu, hein !
Le groupe ne fit qu’une bouchée de Silver, qui, réduit à l’état de loque humaine, fut jeté mollement par-dessus un rebord surplombant un gouffre sombre, après quoi la bande pénétra dans l’ascenseur.
La cabine était étonnement gigantesque pour un building administratif, à moins que ce n’étaient les vitres formant miroir qui semblaient décupler sa taille.
Daxou : AAAAH ! Une armée infinie d’Olin fonce sur moi !
Dudu : Calme-toi, Daxou. Ce n’est que la mise en abyme que créent deux miroirs l’un en face de l’autre.
Olin détourna le regard vers la liste des boutons des étages. Il fut aussitôt frappé par l’énorme bouton rouge clignotant de l’arrêt d’urgence.
Olin : Je ne dois pas appuyer, je ne dois pas appuyer…
Un ange et un diable à tête d’Olin, les consciences de ce dernier, apparurent dans des volutes de fumée.
Le diable : Vas-y, mon gars ! Je sais qu’il te fait tant envie, ce bouton ! Regarde ! Tu ne peux pas résister !
Olin : Je ne dois pas appuyer, je ne dois pas appuyer…
L’ange : Olin, non ! Que diront tes amis ? Tu pourrais faire échouer la mission finale, imagine un peu… De plus, tu l’as fait la dernière fois que tu as pris l’ascenseur, et c’était avec l’examinateur du Bac Oral de Français… Tu te souviens ?
Le diable : Laisse tomber, le chérubin. J’ai des arguments beaucoup plus convaincants que tu n’as pas. Olin, appuie sur ce bouton et… T’auras un énorme donut fourré ! En Enfe…
Olin se rua sur le bouton et l’écrasa d’un coup de poing.
La lumière fut totalement coupée et l’ascenseur s’arrêta entre deux étages dans l’obscurité la plus totale.
Zeneso : Olin, t’as pas fait ce que je pense ?
Daxy, Lorenz et Plongi étaient en train de descendre en rappel au moyen de longs grappins dans la cage d’ascenseur. Le talkie-walkie de Daxy crachota.
Daxy : Allô ?
« TOI, TROIS HEURES ! CEUX QUI FONT LATIN MANGENT EN PRIORITE ! LATIN, LA ! »
Lorenz : Aaah ! Qu’est-ce que c’est que cette monstruosité ?
Daxy : Et merde ! Je crois que je capte le talkie-walkie d’une pionne du collège d’à coté…
Xibolt : Allô, Daxy ?
Daxy : Ah, je vous reçois enfin, chef. En effet, votre plan a parfaitement marché.
Xibolt : Oui, j’étais sûr qu’Olin ferait la connerie suprême d’appuyer sur le bouton d’arrêt, c’était indéniable.
Plongi : On descend, là, on démonte la plaque du toit de la cabine et on nettoie l’ascenseur.
Plongi chargea nerveusement un pistolet laser.
La plaque du plafond de l’ascenseur glissa lentement sous les regards affolés de la bande.
Daxy laissa apparaître son visage blasé et fit feu dans la cabine.
Jakreinos : Les gars, souvenez-vous de ce que je vous ai appris !
Zeneso : Jakreinos, tu ne nous as jamais rien appris. Tu n’as fait que nous humilier sans relâche jusqu’à maintenant.
Jakreinos : Quoi ? Et qui…
Jakreinos n’eut pas le temps de finir sa phrase. Un rayon lumineux l’atteignit au milieu du sternum, et le sensei s’écroula aux pieds de Zeneso sans aucun râle de douleur.
Daxy venait de vider tous ses chargeurs, ainsi que ceux de ses distingués collègues. Elle n’avait rempli qu’une infime partie de son contrat en descendant Jakreinos, mais aucun des autres Terriens. La femme alien choisit ce moment critique pour sauter dans la cabine, et fut expressément suivie par Plongi et Lorenz.
Daxy : Je crains qu’il ne faille en finir aux mains… Ah, nous voilà revenus à votre niveau…
Daxy fut interrompue par un signal sonore strident.
Lorenz : Qu’est-ce qui se passe ? Argl !
Gofter : Evidemment, on est trop dans la cabine. Daxy, Lorenz, Plongi, Sophyr, Zeneso, Max, Olin, Daxou, Bojack, Dudu, Pika, ce qu’il reste de Jakreinos et moi-même…
Sophyr : Quelle idée aussi de mettre la quasi-totalité de personnages dans le même tableau final…
Bojack : Crac.
Gofter : Hein ?
Bojack : Crac…
Gofter : Bojack ?
Bojack : Crac !
Gofter : BOJACK !
Bojack : CRAC !
Une fissure s’ouvrait dans le sol de l’ascenseur.
Dudu : Bon… Restons calmes… Pas de gestes brusques… Je ne veux aucun mouvement… Si on reste comme ça, ça tiendra…
Xibolt, pendant ce temps, s’empiffrait de ces bonnes vieilles chips au grabult de patatrox, au trentième étage de l’immeuble, devant un match de football.
Xibolt : Bah… Une chips verte ! Beuh…
Le chef alien jeta la chips dans la cage d’ascenseur sans réfléchir. L’apéritif tomba alors doucement dans l’ascenseur dans un petit « poc » innocent. Le sol s’affaissa d’un coup, faisant chuter Plongi et Lorenz jusqu’en bas. Le reste de l’équipage avait eu le temps de sauter au plafond pour s’accrocher au trou laissé par l’enlèvement de la plaque de Daxy. Les forces commençaient à manquer.
Daxou : Je dois… Tenir… Je ne suis pas… Le plus faible de l’équipe… Je tiendrai…
Pika : Mais je te connais, toi, Daxy !
Daxy : Nan, désolée, je ne connais pas les bouseux dans votre genre.
Pika : Mais si ! En troisième, je me rappelle bien ! Tu m’avais…
Daxy : Mum ?
Pika : Tu m’avais humiliée devant toute la classe pendant toute l’année ! Je n’ai jamais su pourquoi, d’ailleurs… Et tu m’avais volé Kévin, mon petit copain de l’époque !
Daxy : Ah oui, j’étais déjà sur Terre à l’époque. Je faisais une expertise sur le comportement humain… Je te remets, maintenant… J’ai adoré…
Pika, hors d’elle se hissa très difficilement sur le toit de l’ascenseur, sous les regards éberlués du groupe et de Daxy elle-même. Elle se leva et écrasa violemment les doigts de Daxy, qui chuta en hurlant une malédiction.
L’héroïne, fière d’elle, tira le reste du groupe qui était resté accroché.
Bojack : Pika ?
Pika : Ouais ?
Bojack : Euh, ben euh… Ouaw.
La bande était maintenant sur le toit de l’ascenseur. Ce dernier se remit en marche au moment le plus inattendu. Le groupe arriva cependant à bon port au trentième étage, à savoir le bureau de Xibolt, dont la porte s’ouvrit sur le patron léchant ses doigts maculés d’huile végétale.
Gofter : Je le veux !
Bojack : Nan, moi d’abord !
Max : C’est moi qui le prends !
Sophyr : T’as craqué !
Le groupe se battait maintenant, sous le regard amusé de Xibolt. Des bras robotiques empoignèrent aussitôt les héros par la cheville et les gardèrent suspendus au-dessus du sol.
Xibolt : Pour vous voir périr lentement et douloureusement, j’ai opté pour la pendaison par les pieds… Voyez-vous, le sang vous montera petit à petit à la tête, minute par minute, jusqu’à ce que vous mourrez d’une atroce congestion cérébrale. J’adore cette torture. C’est jubilatoire.
Daxou : Pourquoi Olin n’en a pas ?
Xibolt : Parce que je ne le considère pas comme dangereux. Il pourrait m’être utile de par son boulettisme total. Voyez-vous, si votre Jakreinos est mort, c’est parce qu’Olin a arrêté l’ascenseur, et a permis à Daxy de débarquer, ainsi… Bon, du coup, j’ai perdu tous mes meilleurs éléments, et…
Olin : Oh-oh-oh ? A quoi sert ce levier ?
Xibolt : NAAAN !
Olin : Y’avait marqué « Régime dictatorial de Xibolt : ON/OFF. » Désolé, en mettant sur « OFF », j’ai arraché le levier…
Dehors, le soleil brillait, et les gens arpentaient les rues, joyeux, en possession de leurs coiffures initiales. Tout était rentré dans l’ordre…
Dudu : On peut m’expliquer ce qui s’est passé, avant que je meure ?
Gofter : Je crois qu’Olin, en abaissant ce levier, a tout rétabli sur Terre…
Zeneso : Mais c’est totalement absurde !
Xibolt : Pas tellement, en fait. Ce levier commande l’envoi aérien d’antidote pour les cheveux, vous le connaissez, Pika vous l’a donné ! Et il enlève aussi ce voile de fausse obscurité déprimante que j’avais répandu dans l’air. J’avais prévu cela au cas où si j’avais des états d’âme… J’allais l’enlever demain, et CE BLAIREAU L’A ABAISSE !
Max : Si je comprends bien, on a fait tous ces milliers de kilomètres pour aller abaisser un levier ?
Bojack : Toute l’histoire de Tomb Raider, ça.
Xibolt : Olin, pour avoir supprimé mon régime d’une manière aussi désinvolte, je vais être obligé de te supprimer.
Xibolt sortit un colt et tira dans l’abdomen d’Olin.
Daxou : OLIIIIIN ! NAAAN !
L’alien en chef hurla de rire devant le corps d’Olin, qui se tortillait encore, à ses pieds, sur le sol de son bureau.
Olin tira lentement un Opinel de scout de sa poche, et, dans un dernier effort, cisailla les deux tendons d’Achille de Xibolt, qui, déséquilibré, toucha le fil dénudé d’un étrange ordinateur qui gisait dans un coin de son bureau. Il disparut littéralement dans un éclair.
Olin, enfin, pressa un bouton qu’il avait repéré sur le tableau de bord de Xibolt, ce qui eut pour effet de désactiver les bras qui suspendaient la bande au-dessus du sol, et murmura dans un dernier soupir une ultime phrase.
Olin : Ca, c’est pour vous, et tout ce que vous avez fait pour moi… Je ne m’adresse pas à Daxou, évidemm… Argl…
Gofter : Olin ! Il est mort…
Retour dans l’appart de La Courneuve d’Olin, quelques jours plus tard.
Sophyr : J’arrive pas à me faire à l’idée qu’Olin est six pieds sous terre, dans un caveau…
Max : Taisez-vous ! Je sais qu’Olin n’aimerait pas qu’on pleure pour lui…
Daxou : N’importe quoi ! Il le voulait déjà quand il se coinçait les doigts dans une porte… OH ! OLIIIN !
Daxou pleura de toutes ses forces.
Gofter : Voilà… C’est la fin de trois aventures riches en émotions… Il faut tourner la page, maintenant… Allez, je garde un truc pour vous consoler… Lyon a perdu six à zéro contre Dijon en match-retour, depuis que le vœu de Max n’a plus fait effet.
Rire moqueur général dans toute l’assistance. Max serra les poings, l’air profondément contrarié.
Sophyr : Pika, je peux te parler en privé ?
Pika : Quoi ?
Sophyr : Tu sais, ça fait déjà deux fois que j’essaye de t’embrasser en fin d’histoire… A chaque fois, ça se finit mal… J’ai compris la leçon. Je te laisse.
Pika : Oh ?
Sophyr : Quoi ?
Pika : Qui t’a dit que ça allait se passer comme ça ?
Et Pika se jeta tendrement sur Sophyr, dans la béatitude générale…
Daxou : Pfeuh, laisse tomber. Les filles, faut jamais chercher à comprendre…
FIN
Dossier « M » : Saison Trois de Daxtex
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