La division(15 octobre 2006)
-Vous êtes sûr que votre agent fera l’affaire ?
-Oui monsieur, répondit une voix digitalisée au téléphone. Sur cinq cent contrats, il n’a jamais échoué sur une seule mission
-Bien. Je vous paierez le prix qu’il faudra, mais vous n’aurez rien si votre agent échoue.
-Ne vous inquiétez pas, nos contrats sont garantis à cent pour cent. Nous avons les moyens de pousser nos agents à des performances optimales.
-Très bien. Je dois raccrocher maintenant, contactez moi à ce numéro quand le contrat sera rempli.
-Bien monsieur.
Le vide téléphonique succéda à la voix électronique qui servait d’interface entre les clients et l’Agence, qui employait quelques centaines de tueurs à gage. L’homme posa le combiné, avec un sourire satisfait sur le visage.
L’homme s’assit sur son lit, dans l’appartement qu’il avait loué, puis se mit en position de méditation. Il était relativement grand, et les rayons blafards de la lune éclairaient sa peau noire d’une lueur terne. Il portait sur lui des vêtements qui ressemblaient à des habits de cérémonie, et un voile blanc lui couvrait la tête. L’appartement, situé au trentième étage d’un hôtel luxueux, était totalement plongé dans l’obscurité. Au loin, le phare de la tour Eiffel déchirait les ténèbres de l’appartement à intervalles régulières, et éclairait par courts moments le mobilier de la pièce, simple mais fonctionnel. Il comportait un petit buffet où étaient rangés les petites bouteilles d’alcool, un réfrigérateur et une commode. Dans un coin de l’appartement, une faux avait été déposé, et elle luisit d’une lueur blanche lorsque les rayons lunaires daignèrent poser un regard sur elle.
L’homme était toujours plongé dans ses pensées. Il se souvenait…D’amères et douloureux souvenirs remontaient à la surface de son inconscient et venaient inonder la partie consciente de son cerveau. Ces souvenirs lui étaient insupportables : il avait manqué de peu son rêve, et l’amertume le rongeait !! Mais il n’avait pas le choix, il devait, tel un chirurgien, disséquer ses souvenirs, les analyser sans le moindre sentiment et avec toute objectivité, si il ne voulait pas répéter les erreurs du passé.
Deux fois déjà il était passé à côté de son rêve le plus cher : pouvoir mourir. Les mortels de cette époque, eux, étaient tous des lâches terrifiés par la mort. Ils ne savaient pas quelle chance infinie ils avaient : pour lui, la mort aurait été un doux havre de paix si elle n’était pas aussi horrible à chaque fois.
Il se souvenait…la sottise de la jeunesse, la stupide témérité et la pernicieuse audace avaient causé sa chute à jamais, jeune encore, lorsqu’il avait défié son clan en voulant s’emparer de Soul Calibur. Ses projets vite découvert, il avait été banni à jamais de la tribu dans laquelle il était né, et avait grandi. Son clan et celle-là même qui l’avait mis au monde dans les douleurs de l’enfantement n’eurent aucun scrupule à l’abandonner au milieu du désert, en proie à la chaleur étouffante du jour, au froid poignant de la nuit, et à la soif la plus dévorante qui soit.
Avant d’être banni, il avait tout juste eu le temps de voler des livres dans la tente du chef de la tribu, en pensant qu’ils expliqueraient comment soumettre Soul Calibur à son pouvoir. Malheureusement, ces livres ne parlaient que de l’art de la réincarnation, auquel l’homme, tout jeune qu’il était, n’y accordait aucune foi. Ces livres avaient eu au moins le mérite de le protéger du soleil pendant quelques temps
Il avait tenu près d’un mois dans ce désert aride, chassant des serpents pour se nourrir, mais l’eau manquait cruellement. Complètement déshydraté, tout près des portes de l’au-delà, il avait commencé à désespérer. Il n’était pas possible qu’il meure comme un chien dans le désert, il avait encore tant de choses à accomplir !! En désespoir de cause, et en y réfléchissant pour son plus grand malheur, il avait pris l’un des livres dans l’intention de se rendre immortel. Il pensait que ce livre n’était qu’un tissu de mensonges destinés à leurrer le peuple, mais c’était à vrai dire son seul espoir de survie dans cette situation désespérée.
Le livre, faiblement éclairé par les rayons du soleil levant, était assez épais, couvert du sable du désert, et au milieu du livre, un petit globe de la taille d’un œil humain était enfoncé et brillait d’une lueur dorée. L’homme avait ouvert le livre et s’était dirigé dans la rubrique qui parlait de la réincarnation. Un petit intitulé écrit de la main de l’auteur précisait qu’il s’agissait d’un art interdit car maudit par les dieux, mais l’homme n’en avait cure, désespéré qu’il était. Il avait lu les mots écrits sur les pages du livre, tout en ne le comprenant que peu car il était écrit en langage ancien, aux temps où les hommes apprenaient à peine à parler. Puis il avait suivi les instructions qui étaient écrits dans sa langue, avait pris le petit globe dorée et se l’était enfoncé dans l’œil gauche(non sans douleur). Mais il n’avait senti aucun changement et avait maudit sa faiblesse face aux traditions en mourrant de sa première mort, particulièrement douloureuse.
Sa première mort. Les mortels ne connaissaient pas le privilège qu’ils avaient de ne pouvoir mourir qu’une seule fois…car la malédiction de la réincarnation, c’était de subir à chaque mort les douleurs de Prométhée, sans pour autant s’y habituer. C’était à chaque fois mourir dans d’atroces souffrances, des souffrances qui augmentaient à chaque mort, et surtout, c’était cette lassitude de cette vie qui ne semblait jamais vouloir finir. Il aspirait à la mort comme un affamé aspirait à un bon plat où un assoiffé à une eau pure et fraîche, mais lui ne pouvait l’obtenir et sa frustration était grande. Mais ça, il ne l’avait appris qu’au fur et à mesure de ses morts successives…Et il désirait en finir.
Pour atteindre son objectif, il avait d’abord tourné ses espoirs vers Soul Edge, la lame dévoreuse d’âmes. Plusieurs vies avaient été gaspillée dans sa quête, car il ne savait pas très se battre au début de son périble et il finissait vite pas être tué quand sa route venait à croiser celles de guerriers à la recherche de Soul Edge également. Alors pour éviter de se faire occir à chaque fois au début de sa quête, il s’était entraîné sans relâche avec la faux qu’il avait dérobé à sa tribu, et à chaque réincarnation, il choisissait un corps résistant, apte à supporter la fatigue, les blessures et autres inconvénients qui survenaient lors de quêtes de ce genre.
Au bout de sept générations, il avait finit par mettre la main sur l’objet de ses désirs. Il s’était donné la mort avec l’arme tant désirée, mais finalement il semblait que même l’arme la plus puissante du monde ne pourrait mettre fin à ses tourments.
Il avait alors pensé que Soul Calibur pourrait lui être utile dans sa quête de la mort. Il était retourné dans la contrée désertique qui l’avait vu grandir, mais aucune trace n’était restée de leur passage.
-Il fallait s’y attendre, s’était dit l’homme, déçu. Après sept cent ans j’aurais dû me dire qu’ils ne seraient peut être plus là…
Dépité, l’homme s’était décidé à attendre, des siècles durant s’il le fallait, un signe manifeste de l’épée sacrée dans l’espoir de mettre fin à son immortalité maudite. Les douleurs affreuses le torturait toujours à chacune de ses morts, et empiraient même, mais il avait au moins réussi à résoudre un de ses problèmes, du moins pour un moment : il avait trouvé un sens à sa vie.
Il avait attendu…attendu des centaines d’années durant. Et un jour, l’épée maléfique était réapparue, aux mains d’un pirate qui avait étendu son influence maléfique. Malheureusement, à ce qu’il pouvait sentir, la puissance de Soul Edge n’était pas encore assez grande pour que Soul Calibur se manifeste.
Finalement, le pirate avait été vaincu par deux guerrières, l’une venue de l’est, l’autre venue de la terre sacrée des dieux de l’olympe.
L’homme se mordit la lèvre de frustration en évoquant ce souvenir à son esprit, mais il reprit sa méditation et paraissait aussi calme qu’un mort.
Heureusement, un autre guerrier était arrivé sur les lieux de la bataille et avait saisi l’épée maléfique. Il s’en souvenait, c’était à ce moment qu’avait commencé le règne de terreur de Nightmare, le chevalier azur.
L’épée maléfique, Soul Edge, resta plusieurs années entre ses mains, en récoltant les âmes pour apaiser sa faim. On aurait dit que l’épée avait trouvé en ce jeune homme l’hôte parfait.
A travers cet hôte, Soul Edge était en passe d’atteindre sa puissance ultime. L’homme savait que ce serait à cet instant que Soul Calibur révèlerait sa face au monde, et pour assister au combat et s’approprier la puissance des deux épées, l’homme s’était rendu à Ostreinhburg, le lieu de résidence du chevalier azur. Malheureusement, avant qu’il n’arrive, le combat s’était terminé et le chevalier Nightmare avait été vaincu. Soul Calibur était bien apparue, mais elle avait été absorbée par le néant de Soul Edge.
L’homme commençait à désespérer. Il ne pouvait même pas se suicider pour mettre fin à ses jours : être prisonnier de son propre corps était vraiment la pire torture au monde. Mais il avait des années, des siècles devant lui. Il n’avait pas le choix de toute façon : il devait encore attendre…
Suite du chapitre pour plus tard là je suis en plein rush scolaire (T°ES) allez à toute !!!