Wah ! Une fic sur HP ! Super, merci Lexaeus, j´irai voir ça ^^
Et merci
Chapitre 6 : Tentez de survivre dans un monde d’épouvante
- Cassandra ! Viens m’aider !
Une jeune « poupée » blonde, ayant la vingtaine, répondit par l’affirmative à l’injonction de sa sœur.
Cassandra Alexandra était une combattante grecque, maîtrisant l’épée courte et le bouclier à la perfection. Tous les jours, elle s’entraînait jusqu’à s’effondrer d’épuisement, malgré le profond agacement de sa sœur contre cette idée.
Car Cassandra Alexandra n’avait qu’un seul objectif : arriver à la cheville de sa sœur aînée, Sophitia Alexandra, qui était réputée pour sa vaillance et son habileté à l’épée, et même pour sa beauté. Comme la cadette, la jeune femme se battait à l’épée et au bouclier, comme tout style de combat athénien qui se respecte.
Cassandra descendit les escaliers en se précipitant dans la cuisine ensoleillée.
Une jeune femme secouait ses mains mouillées d’un air distrait, tandis que deux enfants faisaient la fête autour d’elle, en tirant sa jupe et son tablier, l’air terriblement excités.
Elle était magnifique, avec une longue natte blonde pendant gaiement derrière elle, attachée par un ruban vert, des yeux de même couleur très expressifs, et elle dégageait une forte impression de bienveillance et d’intelligence. Son nom, Sophitia, lui allait parfaitement.
Quand elle aperçut sa jeune sœur, elle prit une mine réjouie et défit son tablier en invectivant gentiment son fils.
- Ah, te voilà ! Cassandra, peux-tu continuer à faire le repas et t’occuper des enfants, s’il te plaît ? J’ai une petite course à faire, ça me prendra sûrement peu de temps, une demi-heure, tout au plus…
Cassandra acquiesça presque machinalement tandis que Sophitia quitta la pièce, le sourire aux lèvres. Même si elle n’avait pas particulièrement envie de servir de nounou à son neveu et sa nièce, la jeune fille se sentait obligée d’obéir à sa grande sœur, comme poussée par une petite voix qui la forçait. Jamais elle n’a trouvé le courage de se rebeller envers elle, ce dont elle s’en voulait. Mais docile, elle commença à remuer la cuillère de bois dans la texture orange censée être de la soupe, Pyrrha et Patroklos, les deux enfants, continuant à tourner autour de leur tante comme avec leur propre mère.
Quelques temps plus tard, une Sophitia totalement échevelée et tentant de reprendre sa respiration calmement, apparut dans l’embrasure de la cuisine, un sac de provisions à la main. Manifestement, elle avait parcouru une longue distance au pas de course sans s’arrêter.
Cassandra acheva de poser la dernière assiette sur la table quand elle se retourna vers elle, l’air perplexe.
- Que se passe-t-il ?
- Des voleurs ont fait irruption dans le temple d’Héphaïstos et l’ont pillé, articula difficilement Sophitia. C’est le doyen qui me l’a dit. Je suis revenue très vite pour déposer la nourriture, et je repars tout de suite.
Cassandra était déconcertée. Sa sœur avait pris la nouvelle avec un calme absolu. Elle aimerait tant en faire de même…
- Hein ? Où ça ? demanda-t-elle au bout de quelques instants.
- Au temple d’Héphaïstos, bien sûr. Où veux-tu que j’aille ? Je me charge de débu… Cassandra, reviens ici tout de suite !
La jeune fille n’entendit même pas l’ordre de sa sœur et se précipita dehors, en prenant soin de prendre ses armes. Des pilleurs avaient volé dans le temple ! Quelle occasion rêvée pour prouver sa valeur à sa sœur qui gardait obstinément les yeux fermés sur elle ! Elle n’aurait qu’à les trouver et les capturer !
Elle ne perdit pas de temps, et ignorant sa sœur sur ses talons, elle continua à courir. Elle ne sentait même pas la fatigue, amplifiée par le poids de son épée et de son bouclier, déterminée comme elle l’était.
Sophitia, en revanche, ralentissait un peu, déjà affaiblie par sa première course, mais refusa de s’arrêter. Sa sœur cadette allait commettre une bêtise, elle le sentait.
Au bout de longues minutes, Cassandra parvint au temple d’Héphaïstos. Un escalier composé de plusieurs centaines de marches, le vide en dessous, se dressait devant elle.
Légèrement découragée par une telle hauteur, elle se ressaisit et commença à grimper quatre à quatre les marches, sans se rendre compte qu’elles tombaient les unes après les autres. Sophitia, au pied de l’immense escalier, ne put que regarder sa sœur foncer vers de nouveaux dangers…
Dans la forêt, éclairée faiblement par les rayons du soleil qui tentaient de traverser les feuillages épais, il marchait inlassablement, portant sur son dos une énorme épée nommée Requiem, en hommage à son passé. Un homme aux longs cheveux blonds tombant sur ses épaules et des yeux bleus d’une brillance indiquant une détermination hors du commun. Une cicatrice barrait sa joue droite en passant par son œil, qui lui conférait un air encore plus massif qu’il ne l’était déjà, habillé par une lourde armure blanche.
A vingt-trois ans, Siegfried Schtauffen connaissait déjà tout de la vie, et avait l’esprit d’un homme mûr. Sans doute à cause de son effroyable passé. Mais il cessa d’y penser et pressa le pas.
Le bois était parfaitement silencieux, à part les gazouillements des oiseaux et le bruit de l’armure qui s’entrechoquait au rythme de sa progression. Quand il aperçut une grotte qui paraissait bien profonde. Siegfried, qui sentait la fatigue monter en lui, ne se demanda même pas ce qu’une grotte faisait en pleine forêt, et décida de s’y installer pour quelques heures, afin de repartir dans de bonnes conditions.
La grotte était plongée dans le noir et il était impossible d’en voir le bout. Siegfried, peu curieux, préféra rester à l’entrée de la caverne plutôt que de l’explorer. Il se plaqua contre le mur et se laissa tomber, ferma les yeux, puis commença à somnoler, quand un énorme vacarme le réveilla en sursaut. Le bruit résonna très longtemps, puis ce fut de nouveau le silence. Siegfried se releva lentement, l’épée à la main, puis commença à s’enfoncer dans l’obscurité, à la recherche de l’origine de ce bruit.
Plus elle grimpait haut, plus l’air devenait froid et virulent. Quelques petits flocons de neige commencèrent à tomber et les marches suivantes s’ornaient de givre.
Quelques minutes plus tard, elle stoppa sa course, arrivée en plein cœur du temple. Une statue géante représentant le dieu Héphaïstos se tenait bien droit, le bras et l’épée levés hauts vers le ciel nuageux mais néanmoins ensoleillé par endroits.
Et la température était froide. A chacune de ses respirations, elle pouvait voir la buée sortir de sa bouche, et pensa qu’elle ferait mieux de se dépêcher.
Il n’y avait personne dans le temple à part elle. Elle inspecta les alentours mais ne remarqua rien de suspect. Elle se sentit complètement abattue par son désir de capturer les pillards qu’elle ne pouvait pas réaliser, puis, se résignant, elle décida de rentrer chez elle, au risque d’avoir à subir le courroux de Sophitia.
Faisant demi-tour en se dirigeant vers les escaliers, elle remarqua qu’ils avaient disparus. Ils étaient tous tombés, sans exception. Comment revenir ?
Par bonheur, il existait un second escalier opposé. Dépitée par une telle occasion manquée, mais se forçant à sourire, elle ne se rendit pas compte que la fausse pierre précieuse ornant son épée tomba et alla rouler sur le sol dur du temple. Elle descendit les marches d’un pas lent, mais, d’une fausse manœuvre et en poussant un petit cri de surprise, elle glissa sur le givre.
Et tomba.
Tandis que Siegfried marchait, il sentait la tension monter de plus en plus en lui. Il n’avait pas vraiment peur, mais avait le très désagréable sentiment d’être guetté.
Il remarqua un immense fourré de buissons épais. En pleine caverne. Le bruit venait de là. Il en était certain.
Il le fouilla consciencieusement et finit par découvrir… un rat. Un rat grisé avec des yeux rouges. Il lui manquait une bonne partie de l’oreille droite et son pelage était sali par endroits.
Quand Siegfried voulut s’en approcher, le rat avait disparu, comme volatilisé. Il entendit néanmoins un long couinement et posa un pied en avant, sans se rendre compte qu’il y avait une profonde abîme sous ses pieds. Et tomba, l’épée à la main.
Sophitia parvint finalement à atteindre le tempe d’Héphaïstos. Le cœur battant, elle appela sa sœur de toutes ses forces, le ton mélangeant la colère et l’inquiétude. Son regard se posa alors sur une petite lueur qui brillait légèrement sur le sol, et reconnut immédiatement la petite pierre précieuse de l’épée de sa soeur, et sentit les larmes lui monter aux yeux.
Cassandra hurla de terreur au fur et à mesure de sa descente. Elle pensait qu’elle allait mourir de terreur, si elle ne mourrait pas suite à sa chute. Quand elle vit une gigantesque demeure plongée dans l’obscurité. Une espèce de manoir. Mais Cassandra n’eut pas le temps de l’observer car elle remarqua qu’elle se dirigeait tête la première dans un grand lac. Elle se sentit presque soulagée, puis finit par atterrir dans l’eau dans un « splash » sonore.
Avec peine, elle parvint à regagner le bord et put enfin admirer l’énorme habitation devant elle, malgré l’inquiétude qui commençait à la ronger. Où était-elle ?
Il faisait nuit, et la température était plutôt chaude, malgré une légère brise qui ne faisait que du bien à la jeune fille, qui tentait de reprendre calmement sa respiration.
Un aboiement. Puis plusieurs. Elle se retourna et une bande de cinq chiens l’entouraient, l’écume aux lèvres. Ca aurait pu être des chiens tout à fait normaux, mais Cassandra eut un haut-le-corps.
Ces cinq chiens avaient du sang et de la chair aux mâchoires, et qui paraissaient encore frais. Mais pire encore, leur corps était quasiment estropié. Leur ventre était ouvert et on distinguait nettement les côtes. La rétine de leurs yeux manquait à l’appel, ce qui leur conféraient un sinistre regard blanc effrayant. Cassandra, littéralement figée, dégaina immédiatement son épée quand les canidés attaquèrent, l’air terriblement affamés, malgré leur dernière victime apparemment pas si ancienne que ça.
Elle en repoussa deux à l’aide de son épée de son bouclier qui furent momentanément sonnés et en coupa un en deux, tout net.
Mais quand Cassandra en tuait un, d’autres arrivaient à la rescousse. Elle comprit que sa seule chance de survie était la fuite, et se mit à courir de toutes ses forces, encore plus rapidement que dans les escaliers du temple. Elle se dirigea vers le manoir, en éjectant les quelques animaux qui se rapprochaient un peu trop près. En priant pour s’en sortir, elle finit par atteindre le manoir et elle prit soin de bien fermer les doubles portes derrière elle, qui continuaient à trembler légèrement devant l’assaut des chiens.
Elle se retourna et vit un superbe hall d’entrée, avec un lustre immense qui éclairait la pièce, un escalier majestueux, et une porte de chaque côté qui semblaient faites dans le meilleur des bois. Malgré la beauté de la pièce la douce lumière du lustre, ce hall était peu chaleureux, pour ne pas dire sinistre, et Cassandra se demanda si elle était plus à l’abri dans cette habitation que dehors.
Siegfried, quelques secondes inconscient, releva la tête. Il avait une énorme bosse sur la tempe droite et il saignait légèrement. Il avait atterri en pleine forêt, sombre et luxuriante. Où était-il arrivé, il n’en avait aucune idée, ni comment. Juste le souvenir d’une chute particulièrement longue.
Devant lui se dressait un large manoir vu de derrière. Il entendit plusieurs coups de feu qui venaient de l’intérieur.
Plus curieux, il décida de s’y aventurer.