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Spore : une odyssée de l´espace
Prenez un jeu. N´importe lequel : World of Warcraft, Metal Gear Solid 3, Fable. C´est quoi ? Quelques jours de l´existence d´un super héros ou d´un aventurier ? Une vie, peut-être ? De la poussière d´étoile dans la grande histoire des Choses. Will Wright a ainsi décidé de voir large, et quand un gars comme ça décide un truc comme ça, on tend à dresser l´oreille ; après tout, il n´est que le créateur de deux des plus importants jeux vidéo de ces 25 dernières années, Sim City et les Sims. Spore, son nouveau projet, relègue les deux titres précédemment cités au rang de puzzle games pour téléphones mobiles. Le sujet : l´évolution avec un grand A ( pour ambitieux), de la vie microscopique à la conquête des galaxies.
Le jeu comprend en fait six phases, chacune s´intéressant à un aspect particulier de l´évolution et chacune présentant un type de gameplay bien distinct. Wright explique ce mélange par une volonté de rendre hommage à ses titres préférés et compare même son projet à une sorte de Warioware. La déclaration est modeste, mais elle ne fait pas illusion longtemps ; l´envergure de Spore écrase littéralement le jeu de Nintendo.
* Première phase : la vie microscopique. Le joueur démarre avec une unique cellule dans un univers inspiré de Pac-Man : manger ou être mangé, assimiler d´autres organismes et, ainsi, définir les propriétés du sien.
* Seconde phase : développement physique de votre créature, accent mis sur le combat. Le gameplay emprunte cette fois au Diablo-like avec, on imagine, un système de points à répartir et une tendance jeu de rôle light.
* Etape suivante : vos créatures se multiplient et se rassemblent en tribu. Le jeu glisse vers la stratégie temps réel type Populous, avec gestion de la nourriture, des outils, etc.
* Chapitre quatre : la caméra continue de s´éloigner, nous sommes désormais à l´échelle de la Sim City. Les individus disparaissent et on s´occupe maintenant d´architecture, de technologie et d´infrastructure.
* Cinquième phase : interactions avec les autres Civilizations. A l´instar du titre de Sid Meier, plusieurs approches ( diplomatique ou militaire) sont possibles, pourvu que vous parveniez à la conquête de la planète.
* " Invasion" : Jupiter and beyond, espace frontière de l´infini. La culture que vous avez créée est désormais à l´étroit sur son petit rocher. Un univers s´offre à vous, débordant de corps célestes et de civilisations inconnues à conquérir ou, tout simplement, à observer.
Démesuré ? Assurément. Mais le jeu ouvert, l´espace d´expérimentation qui définit les Sim-games, ne fait que commencer. C´est à ce moment que Spore s´ouvre à l´infini via le biais du réseau. Alors que votre création est envoyée à un serveur central, les civilisations d´autres joueurs sont rapatriées chez vous et vont venir peupler votre univers, vos galaxies et vos planètes. Fantastique exemple de " gameplay émergeant" ( ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui créent le jeu), le procédé est également une très belle métaphore d´Internet. C´est à ce moment que le joueur-planète s´ouvre à l´infini...
Démesuré ? Allez, si le projet n´était pas supervisé par Will Wright, on dirait sans regrets qu´il est complètement fou. Mais avec le créateur des Sims aux commandes, tout est possible, y compris ( et surtout) la réussite. Présenté pour la première fois vendredi dernier à la Game Developers Conference sur PC, Spore est, selon les magazines Gamespot et 1UP, dans un état de développement avancé. Le titre est-il prévu sur consoles ? A quelle date ? L´heure n´est plus à ces questions ridicules. De Pac-Man à Civilization, des organismes unicellulaires aux fusées spatiales... l´histoire des jeux vidéo croisant l´histoire de l´évolution. Quand on s´attaque à un sujet aussi ambitieux, tout le reste est de la préhistoire.