Raïkkonen en confiance
Sur le circuit de Monza, fait pour les gros moteurs et les gros coeurs, Kimi Raïkkönen (McLaren-Mercedes) devra prendre des risques pour tenter de se rapprocher encore de Fernando Alonso (Renault) au Championnat, dimanche lors du Grand Prix.
«La voiture est suffisamment rapide pour gagner et je ne baisse pas les bras, donc nous verrons», a promis le pilote finlandais. D´autant que, lors des essais privés la semaine dernière sur ce tracé, les McLaren-Mercedes de Raikkonen et Juan Pablo Montoya se sont montrées plus rapides que les Renault... de près d´une seconde.
Avant cette 15e épreuves du Championnat, Alonso compte 24 points d´avance sur Raikkonen, et son écurie Renault est en tête des constructeurs avec 9 longueurs d´avance sur McLaren-Mercedes. Mais depuis quelques courses, les Flèches d´argent ont démontré une nette supériorité sur les monoplaces au losange. Supériorité qu´Alonso a su, jusque là, parfaitement gérer. A ce rythme, Alonso sera sacré champion du monde.
Temple
Mais le circuit de Monza est communément appelé le temple de la vitesse car les monoplaces y dépassent allègrement les 350 km/h. L´an dernier, le Brésilien Antonio Pizzonia, qui remplaçait alors Ralf Schumacher accidenté, avait atteint au volant de sa Williams-BMW en qualifications les 370 km/h !
«Les McLaren-Mercedes sont très rapides, c´est sûr, mais Monza ne ressemble à aucun autre circuit, donc nous sommes confiants, a cependant assuré Alonso. Tout au long de la saison, nous avons été rapides en ligne droite et cela fait partie des choses qui comptent ici», a-t-il expliqué.
Il espère d´autant plus être performant que Monza procure des sensations «uniques» car «c´est là que l´on enregistre la vitesse moyenne la plus élevée du Championnat». En 2004, Rubens Barrichello sur sa Ferrari avait obtenu la pole position à plus de 260 km/h de moyenne et il avait remporté la course à plus de 244 km/h de moyenne.
Pour atteindre ces vitesses, les pilotes utilisent le moins d´appui possible, ce qui rend les monoplaces difficiles à contrôler lors des violents freinages qui émaillent le circuit, ainsi que dans les courbes. Comme la Parabolica qui, en s´ouvrant, permet aux pilotes d´accélérer à fond pour enchaîner sur la ligne droite des stands.
«Saboter»
Arrivant à environ 330 km/h, les F1 freinent pour s´inscrire dans la Parabolica à quelque 150 km/h. A partir de là, «nous accélérons à fond», explique Raïkkönen. Mais cette courbe est «difficile» à négocier, souligne Jacques Villeneuve (Sauber-Petronas). «Nous pouvons toujours y passer plus vite que nous l´avons fait. C´est une courbe rapide, longue et très importante car elle conditionne la fin du tour et le début du suivant. Donc si l´on s´y prend mal, on peut saboter deux tours d´un coup !»
Temple de la vitesse, Monza est aussi l´antre de Ferrari. Aussi, même s´ils sont incapables de se joindre au duel Alonso-Raikkonen, Michael Schumacher et Rubens Barrichello n´en seront pas moins les héros du public. «Bien sûr nous voulons proposer aux tifosi une équipe Ferrari forte et en échange nous attendons leur soutien», a commenté le septuple champion du monde.
Mais «contrairement aux années précédentes (...) nos objectifs sont un peu réduits. Je ne suis pas certain que nous puissions viser le podium, nous espérons des points», a-t-il reconnu. Ferrari s´est imposé ces trois dernières années à Monza avec Barrichello en 2002 et 2004 et Schumacher en 2003. L´écurie italienne est la plus titrée sur ce circuit avec 16 victoire