Salut les chilleux...oh ne devrai-je plutot pas dire "yo"? N´est-ce pas le mot que vous êtres inférieurs de la rue usez pour aborder vos semblables? Peut importe...passons...
Si je comprends bien, ce message est dédié à la poésie? Vos poèmes sont très beaux mais le langage présent manque un peu de finesse. Voici un de mes poèmes préféré de Jacques Prévert(il s´agit naturellement d´un poème qui ne suit pas les règles de la poésie):
Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu´il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.
-Jacques Prévert
Un poème très simple que je suis sur vous pourrez comprendre! En voici un légerment plus complexe, mais tout aussi beau:
Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l´or massif:
Ses mâts touchaient l´azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d´amour, cheveux épars, chairs nues,
S´étalait à sa proue, au soleil excessif.
Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l´Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.
Ce fut un Vaisseau d´Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.
Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu´est devenu mon coeur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l´abîme du Rêve!
-Émile Nelligan
Magnifique. Et en voici un dernier que certains reconnaitrons pour l´avoir entendu au début d´une chanson de serge réggiani:
C´est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D´argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c´est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l´herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
-Rimbaud