Figueroa, la surprise du chef
Finaliste face au Brésil, mercredi, l´Argentine s´est découvert un redoutable attaquant durant la Coupe des Confédérations. Meilleur buteur de la compétition, Luciano Figueroa s´est imposé comme la belle trouvaille de José Pekerman, au point de menacer la place de titulaire d´Hernan Crespo.
Les absents ont toujours tort, dit l´adage. Hernan Crespo pourrait bien l´apprendre à ses dépends. Dispensé de Coupe de Confédérations pour récupérer d´une saison éprouvante marquée par une finale de Ligue des Champions, l´attaquant du Milan AC a assisté à l´éclosion de Luciano Figueroa. Auteur de quatre buts, l´Argentin pointe en tête des meilleurs buteurs de la compétition à égalité avec l´Australien John Aloisi. Mieux, ses buts se sont souvent avérés décisifs.
Scotché sur le banc lors du premier match face à la Tunisie ( 2-1), l´attaquant de Villareal a signé un triplé pour assurer la victoire des Albicelestes face à l´Australie ( 4-2). Surnommé le " Trigueroa" par la presse argentine, il a ensuite sauvé son équipe en inscrivant le but de l´égalisation face au Mexique en demi-finale ( 1-1, 6-5 tab). Pourtant, le buteur n´était pas satisfait, frustré d´avoir manqué de trop nombreuses occasions.
Un triplé face à l´Australie
" J´ai raté un but incroyable quand ma tête a été captée par le gardien adverse. A ce moment-là, je me suis dit : ça y est, nous avons perdu. Mais j´ai eu la chance d´avoir une autre occasion et j´ai marqué. Je voulais souffler sur la balle pour qu´elle rentre" , a expliqué Figueroa, soulagé. " J´ai vraiment exulté après le but, j´ai couru comme un fou et j´ai hurlé, j´étais tellement en colère d´avoir manqué ce but quelques minutes avant" , a-t-il poursuivi après avoir inscrit son 19e but en 14 sélections.
Une réussite qui en fait aujourd´hui un élément indispensable du système mis en place par Pekerman. " Nous sommes enchantés par l´évolution de Luciano. C´est un excellent joueur qui a la capacité de jouer avec précision et il a eu l´opportunité de le démontrer. Il a fait un match excellent et, sans aucun doute, il va falloir compter avec lui à présent", commentait le sélectionneur après le triplé face à l´Australie.
" C´est grâce à Pellegrini"
A 24 ans, il doit sa renaissance à son excellente saison à Villarreal. Meilleur buteur du championnat d´Argentine en 2002 avec 17 buts inscrits sous les couleurs de son club formateur, Rosario Central, il avait en effet replongé dans l´ombre en 2003 lors de son transfert raté à Birmingham City pour 2.5 millions de livres. Prêté au Mexique à Cruz Azul, où il retrouve son ancien coéquipier Cesar Delgado, il marque 21 buts en 34 matches entre janvier et novembre 2004.
La même année, " Lucho" participe à la finale de la Copa America face au Brésil, signant un doublé contre l´Uruguay, et remporte les Jeux Olympiques d´Athènes. L´Europe lui tend alors à nouveau les bras et Figueroa décide de tenter sa chance, à Villarreal cette fois. Barré par Diego Forlan et José Mari, il joue peu ( 15 matches dont 8 comme titulaire) mais termine fort la saison ( 3 buts).
Un concurrent pour Crespo
S´il s´est ouvert à nouveau les portes de la sélection, il estime d´ailleurs le devoir à chance accordée lors des derniers matches par son entraîneur Manuel Pellegrini. " Grâce à Pellegrini, j´ai la confiance de Pekerman. Il a réussi à créer un équilibre au sein de l´équipe. Si mes débuts à Villarreal ont été difficiles, c´était important pour moi d´avoir à mes côtés des compatriotes qui m´ont beaucoup aidé", explique-t-il.
En l´absence de Hernan Crespo et de Javier Saviola, suspendu, " Bati Figueroa" ( pour la comparaison avec Gabriel Batistuta) pourrait bien être l´arme maîtresse des Argentins en finale face au Brésil grâce à son jeu de tête et son incroyable opportunisme. " Ce sera un grand match. Je suis heureux de jouer ce clasico et j´espère que ce sera une belle rencontre", s´enthousiasme-t-il déjà.
Mais il peut voir plus loin. A un an de la Coupe du Monde, il espère revenir en Allemagne en 2006 dans la peau d´un titulaire. " C´est la meilleure chose qui puisse m´arriver. C´est une chose à laquelle on rêve toute la vie", admet-il du bout des lèvres. José Pekerman, qui attend également l´explosion de Carlos Tevez, n´a plus que l´embarras du choix en attaque.