Tapez « gros balourd » dans Google, cliquez sur « J´ai de la chance » et vous obtiendrez la bio de Jean-Pierre Raffarin. Essayez « député liberticide » , et vous serez renvoyé sur le site de Jean Dionis du Séjour, rapporteur du projet de loi de confiance dans l´économie numérique. Voici quelques exemples parmi d´autres du GoogleBombing, technique combinant toutes les astuces pour placer un site en tête des résultats de Google.
Dans la pratique, les « Google-bombeurs » exploitent une particularité du moteur américain, qui ne se fie pas uniquement au contenu d´une page Web pour lui attribuer une note de pertinence ( appelée PageRank ) , mais aussi au nombre de sites qui proposent un lien vers elle. En reprenant l´exemple de Jean-Pierre Raffarin, il suffit que des centaines de blogs pointent vers le site du premier ministre en le décrivant comme un « gros balourd » pour que Google soit persuadé de la pertinence de la page sur le sujet. C´est aussi simple que cela, ce qui explique l´engouement pour cette pratique apparue en 2001 sous l´impulsion d´un certain Adam Mathes ( http://uber.nu/2001/ 04/06 ) .
A l´époque, le jeune homme dirigeait les internautes vers le site d´un de ses amis en tapant la requête « piratage sans talent » ( talentless hack). L´initiative a suscité depuis beaucoup de vocations à tel point qu´un blogueur américain ( blog.outer-court.com/googlebomb ) a dédié son journal virtuel à la description des concours de « google bombes » en cours.
Le GoogleBombing peut aussi se retourner contre ses initiateurs. Des militants anti-Bush avaient voulu associer l´expression « miserable failure » ( « échec lamentable » ) au site du président américain. Les partisans de ce dernier ont répliqué en associant la même phrase au site du réalisateur Michael Moore, figure de proue de la campagne contre Bush pendant les élections américaines...