Robinho, l´or du Brésil
Le Brésil en est déjà fou et le monde a commencé à le découvrir à l´occasion de la Coupe des Confédérations. A seulement 21 ans, Robinho est déjà comparé à Garrincha ou au roi Pelé. Pas étonnant que les plus grands clubs s´arrachent déjà l´attaquant de Santos. Portrait
Le Brésil a dévoilé son prodige aux yeux du monde. Pour le premier match de sa vie en Europe, Robinho a donné un bel aperçu de son talent face à la Grèce ( 3-0). Titulaire, il a inscrit son 4e but en 14 sélections et a été élu homme du match. " A voir la façon dont il a joué ce soir, Robinho est un trésor pour nous", ne pouvait que commenter Carlos Alberto Parreira après la démonstration de son joueur. " Un jeune joueur, avec tant de talent et tant de personnalité, c´est bon pour nous pour l´avenir. Je pense qu´il pourra prétendre à une place de titulaire en sélection très rapidement".
Car le meilleur est sans doute à venir. Pourtant, Robinho est du genre précoce. A six ans, il était déjà considéré comme le meilleur espoir de la Baixada Santista, à la périphérie de Sao Paulo. Comme ses idoles, il débute dans les ruelles des favelas Sao Vicente et se fait rapidement repérer par le FC Santos. En 2002, le club traverse une grave crise financière et lance dans le grand bain ses joueurs formés à Vila Belmiro. La légende est en marche.
Le roi des passements de jambes
Propulsé dans l´équipe première à 18 ans, il inscrit 17 buts en championnat d´état et 9 dans le championnat national. Au côté de son ami Diego, aujourd´hui parti au Benfica, il emmène Santos jusqu´au titre national. En finale face aux Corinthians, il accède au rang de phénomène. Avec sept passements de jambes, il donne le tournis au défenseur Rogerio, contraint de commettre la faute dans la surface. En transformant le penalty, le surdoué place Santos sur la voie du succès ( 3-2) et l´image fait le tour du monde.
Il n´en fallait pas plus pour lui accoler l´étiquette de nouveau Pelé. Mais, cette fois, le roi lui-même adoube son successeur. " Robinho a les prédispositions pour me dépasser. Ce gamin deviendra grand", déclare Pelé après avoir vu défiler les candidats. Sans fausse modestie, l´intéressé refuse pourtant la comparaison : " Il est encore trop tôt pour me qualifier de nouveau Pelé. Je ne suis pas encore au zénith".
Pelé : " Il peut me dépasser"
Il le reconnaît lui-même, Robinho a encore une " bonne marge de progression". Sa rapidité et son touché de balle compensent amplement une apparente fébrilité physique ( 1.72 m, 61 kgs). Mais, si les " pedaladas" ( roulettes) sont devenues sa marque de fabrique, il peut encore progresser dans sa vision du jeu. " Au dribble, il est meilleur que Pelé", explique son entraîneur à Santos, Emerson Leão, mais " ce qui lui manque surtout, c´est la force et la capacité de voir où se trouve le joueur le mieux placé".
Pas étonnant donc que les plus grands clubs européens s´arrachent le " roi du dribble". Santos a placé la barre haut mais les 50 millions d´euros d´indemnité de transfert réclamés par le club brésilien ne semblent pas effrayer le Real Madrid qui devrait prochainement accueillir le jeune prodige en Espagne.
Au Real pour 50 M$ ?
Pelé lui-même avait pourtant oeuvré pour le voir rester dans le club de son coeur et " ignorer les offres millionnaires qui arrivent d´Europe". " Je comprends que Robinho pense à son avenir et à celui de sa famille. Mais j´aimerais qu´il trouve dans mon ancien club les conditions nécessaires pour rester au Brésil et créer ainsi un précédent pour de nombreux jeunes".
Le président Teixeira a quant à lui tenté de " faire comprendre à Robinho que le fait de rester à Santos est le meilleur moyen pour lui de préparer la Coupe du monde" . Mais Robinho, qui rêve de porter le maillot du Barça ( " tout le monde sait que j´aime beaucoup Barcelone et mon rêve est de jouer là-bas" ) , devrait filer chez le rival madrilène qui espère signer l´attaquant le 24 juin prochain.
" C´est un joueur fantastique, a commenté Franz Beckenbauer. Le Real est vraiment la meilleure plate-forme pour jouer en Europe. Il y a les meilleurs joueurs, c´est une sélection mondiale. C´est bon pour lui". En quittant Santos, où il est encore sous contrat jusqu´en décembre 2007, Robinho devra encore muscler son jeu pour s´adapter en Europe et devrait être une arme redoutable pour la Seleçao lors de la prochaine Coupe du monde en Allemagne.